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Noël C
18 abonnés
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3,0
Publiée le 5 janvier 2025
Japonais, évidemment ! Vous allez vous retrouver dans ce jeune qui cherche un sens à sa vie dans ce Japon vieillissant, mi-urbain mi-rural, où les seuls endroits de sociabilité pour les (rares) jeunes sont les bus de transports scolaires et la patinoire… unité de lieu où va se produire la belle intrigue du film, autour de ce coach de danse doué et bienveillant venu s’exiler dans cette petite ville paumée avec son port, seul lieu de nouveauté et de nostalgie: le titre “Sunshine” se justifie…
J'ai bien aimé ce film qui nous transporte dans un coin du Japon où la vie semble prendre son temps, et où règne un certain calme. Il n'y a pas beaucoup de dialogues mais cela ne réduit pas l'attrait de l'histoire (le parcours de ce jeune garçon qui se cherche et va se trouver grâce à cet entraineur et à sa partenaire) puisque les silences ont eux aussi un sens. Sur le plan visuel le rendu est également très sympathique : image quelque peu granuleuse, couleurs pastels...
Une belle expérience proposée par les Saisons Hanabi. Ce film m’a fait pleurer, sourire, réfléchir. Sobre, beau et sincère, tout ce qu’on attend d’un grand film - et pas que japonais. Je le recommande d'autant plus que c'est un film idéal pour s'évader, loin des tracas du moment.
Pour son deuxième long-métrage, Hiroshi Okuyama, présenté par Thierry Frémaux comme un des héritiers spirituels de Kore-Eda, a pu compter sur le soutien de sa figure tutélaire lors de la séance cannoise en salle Debussy. Un heureux présage également que le choix de la salle dénommée d’après le compositeur, dont le Clair de Lune habille musicalement nombre de séquences du film, en particulier sur la glace. Le patinage artistique reste un sport assez rare au cinéma, hormis dans I, Tonya et les films de Hugues Hariche. Mais il est d’autant plus rare d’évoquer l’intérêt d’un garçon pour ce sport. C’est le cas de Tada (adorable Keitatsu Koshiyama), sorte de Billy Elliott d’Hokkaido qui souhaite troquer les patins de hockey contre ceux de danse sur glace. Son tandem avec la gracieuse et silencieuse Sakura (Kiara Nakanishi) apparaît comme un miracle fragile, comme un éclat de rire ou une fine couche de glace prête à dégeler au printemps. Derrière ses lumières si pures (dont l’évolution vers le jaune marque le coup de foudre et le bleu la mélancolie et les doutes), ce film délicat trouve l’occasion d’effleurer des thématiques douloureuses telles que le poids du regard des autres, le harcèlement, l’homophobie. Mais son petit héros ne se plaint jamais ni des moqueries ni de son bégaiement qui l’empêche parfois d’exprimer ses émotions. Il porte en lui une lumière qui irradie le film et semble infuser chez sa partenaire et son entraîneur. Avec beaucoup de pudeur et de subtilité, et aucune prétention, le film réussit à gagner nos cœurs par sa finesse de chronique d’un moment suspendu. Dans une édition du Festival de Cannes marquée par de grandes attentes déçues, cette humilité et cette simplicité apparaissent comme un positionnement bienvenu.
Blancs laiteux comme des patineurs d’Hokkaido J’ai été touché par My Sunshine, deuxième film du jeune réalisateur japonais Hiroshi Okuyama. Dans les neiges d’Hokkaido se créent des liens imprévisibles entre une fillette, un garçonnet et leur jeune coach de patinage artistique. Tout est subtil ici, le frôlement des corps et des âmes, le bégaiement du petit et sa manière de vivre avec, la vie cachée du prof. Loin du cliché sur le patinage comme sport efféminé. Et au plan technique, le format de l’image (carré), sa texture floconneuse, les contrejours et les couleurs pastel situent le spectateur aux marges d’un monde onirique. Sorti en France le 25 décembre 2024, le film a été marqueté comme un conte de Noël. Ce pourrait bien être cette émotion-là que j’ai ressentie, celle de la magie des Noël de mon enfance sur le ring de la patinoire olympique dans Grenoble croulant sous la neige.
#mysunshine #hiroshiokuyama Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Vu durant les Saisons Hanabi, une magnifique vision de ce Japon des campagnes hors du temps pourtant si actuelle dans ce Billy Elliot et ce Japon figé dans ses non dit et cette beauté naturelle.
Film d’ouverture du festival du cinéma japonais LES SAISONS HANABI, My Sunshine captive par sa douceur et son approche poétique. Sa réalisation lumineuse et ses performances sincères explorent la perte et la résilience avec une délicatesse touchante. Si son rythme contemplatif peut parfois sembler un peu lent, il reste une belle réflexion sur nos liens et nos reconstructions. Une introduction parfaite au cinéma japonais contemporain.
En tant que nipponphile convaincu, j’ai trouvé que ce film offrait un aperçu fascinant de la culture japonaise, tout en restant universel dans ses thématiques. Les personnages sont parfaitement croqués par petites touches, et l’histoire, bien qu’intime, touche quelque chose de plus grand, de plus humain. Un film faussement simple et puissant, que j’ai eu la chance de découvrir lors des dernières délicieuses Saisons Hanabi.
très jolie carte postale, à l'image très douce et réconfortante. bémol pour la fin qui est en revanche grossière .. n'est pas la la land qui veut ! laisser le spectateur sur un sentiment d'amertume sans pour autant lui faire comprendre ce qui était en jeu est à mon sens raté.
My Sunshine se passe aisément des grandes envolées justicières dont un certain cinéma français, soucieux de critique sociale et prompt à condamner, se regorge. Sans sociologisme épais ni jugements de valeur, mais avec beaucoup de poésie et de tendresse pour ses personnages, Hiroshi Okuyama met ses pas dans ceux du grand Kore-eda. Prenant le temps de sonder les regards, les embarras, les sensations, les troubles, il décrypte la solitude profonde qui est notre lot commun et ces empêchements intimes et culturels (ici, l'homophobie réflexe d'une gamine) qui, parfois, font basculer un destin - et celui des autres. On se laisse emporter, bercer par l'atmosphère amortie de ce Japon neigeux et conventionnel, captiver par l'intériorité de ces deux enfants communiant dans le patinage et par ce que leur coach perçoit et distingue en eux. Ajoutons que, sur la glace, Debussy fait merveille. Vraiment un très joli film.
Qu'est-ce qu'on s'ennuie ! Du cinéma des années 50, le rythme en moins. La caméra fixée sur le capot de la voiture pour en filmer les occupants, comme c'est ringard ! Des plans fixes à n'en plus finir, une intrigue qui tient sur un dé à coudre, une expressivité des sentiments proche de celle d'une histoire d'amour d'un phoque avec une otarie. Le cinéma japonais nous avait habitué à mieux, à beaucoup mieux !
Merveilleux. Poétique. Touchant. Magistralement interprété. Il faut rester pour le générique de fin et s imprégner des paroles de la chanson qui éclaire (à mon avis) la fin du film
Le point de départ du film est une chanson du duo japonais Humbert Humbert, d’inspiration nobakovienne et lolitaesque. L’intention est plus mélancolique que sulfureuse puisque leur chanson « My sunshine » (Mon soleil -2014) aborde le sujet délicat des sentiments dans l’enfance. Il est si compliqué de les capturer pour les déclarer, qu’on en bégaie. À l’image du fragile Takuya, subjugué par la gracieuse Sakura patinant au Clair de Lune de Debussy. Il passe son temps à l’imiter dans une patinoire nimbée d’un soleil d’hiver irisé. L’entraîneur de Sakura, Arakawa, a remarqué ce garçon davantage concerné par les mouvements artistiques de la jeune patineuse que par ses entraînements de hockey. Il lui offre sa paire de patins d’autrefois et tout s’enchaîne. Bientôt, il est question d’une compétition qu’ensemble, Takuya et Sakura pourraient remporter. Un tremplin. spoiler: Mais la jeune fille est individualiste et influencée par une mère castratrice et dominatrice, qui n’approuve pas l’idée. Par ailleurs l’amertume gagne la jeune fille : Arakawa semble privilégier Takuya. Lorsqu’elle découvre que l’entraîneur est homosexuel, c’est le choc. Orgueilleuse et jalouse, Takuya fomente une vindicte aux conséquences dévastatrices.
Le film est lent, indolent. Parfois figé comme le sont les paysages immaculés de l’île d’Hokkaido enneigée, où le soleil ne disparaît jamais. Le décor, la photographie sont somptueux. Le film taiseux. Le réalisateur (27 ans), Hiroshi Okuyama filme à la Lelouch : il n’a pas donné le scénario aux protagonistes (qui ne sont pas acteurs mais patineurs) ; il leur soufflait les répliques au dernier moment, pariant sur l’improvisation et l’authenticité de leurs émotions. Qui se vivent en direct, avec discrétion.
L’ensemble est d’une sensibilité touchante, d’une poésie fraîche et friable comme l’intuition enfantine. On les suit s’embarquer sur le chemin de la vie et mûrir,spoiler: les enfants autant que leur entraîneur, tantôt victimes, bourreaux, sauveurs , tout en écoutant avec plaisir la bande-son de leur évolution, impressionniste (Debussy), pop-folk (Humbert Humbert). Un film touché par la grâce, qui convoque une ressouvenance remplie de cette humanité pure, si sincère qu’elle prend au dépourvu. Plus qu’un film, un antidote au harcèlement scolaire et à l’esprit de compétition.