My Father’s Son est le deuxième long-métrage du réalisateur chinois Qiu Sheng, après son premier long-métrage remarqué, Suburban Birds (2018).
My Father’s Son a été présenté notamment au Tribeca Film Festival ainsi qu’au Shanghai International Film Festival.
Le propos du film provient de deux faits différents. D’une part, le décès du père du cinéaste, alors qu’il était encore lycéen et qu’il venait de passer un examen important. D’autre part, cette histoire vraie d’une femme coréenne qui a utilisé la réalité virtuelle pour recréer sa fille décédée dans un jardin virtuel. De ces deux faits, Qiu Sheng a donc eu l’idée d’un père généré par l’intelligence artificielle, ce qui constitue le point de départ de My Father’s Son.
My Father’s Son a été tourné dans la ville natale du réalisateur, Hangzhou. Un endroit où l’ancien côtoie le moderne. Ancienne capitale de la dynastie Sang, elle est aujourd’hui le berceau de Taobao.com, qui est la plus grande plateforme de commerce en ligne en Chine. En outre, c’est également un endroit où de nombreuses personnes vivent grâce au live streaming, en particulier sur TikTok. Compte tenu de ce paramètre, Hangzhou est souvent définie comme la " ville des influenceurs ".
Plusieurs langues cohabitent dans le film. Dans les deux premières parties, les dialogues sont majoritairement joués dans le dialecte de Hangzhou, qui est en voie de disparition. D’un point de vue dramatique, il permet d’installer une atmosphère intime et secrète entre les personnages. Dans la troisième partie, le régime linguistique change et passe au mandarin, qui est la langue officielle. Un changement, en contraste avec les parties précédentes, qui créé cette fois une distance et une froideur entre les différents protagonistes.
Comme c’était déjà le cas dans Suburban Birds, l’eau occupe une place centrale dans My Father’s Son. Pour le réalisateur, cela a deux significations. D’une part, il s’agit d’un hommage à ses grands-parents qui ont vécu sur des bateaux et ont fait du commerce entre les ferries et les ports. D’autre part, Qiu Sheng s’est inspiré du livre du philosophe Gaston Bachelard, L’Eau et les rêves, recommandé par un directeur de la photographie français lors de l’étape de l’écriture du scénario. Une phrase (L’eau est éphémère, elle meurt chaque minute) a résonné en lui et a servi d’inspiration pour le film.
Pour My Father’s Son, Qiu Sheng s’est inspiré du cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa et notamment ses films Pulse (2001) et Journey to the Shore (2015). Il a notamment voulu se rapprocher de sa manière de représenter des éléments de science-fiction dans un cadre banal et naturel.
Le réalisateur s’est longuement documenté sur la boxe lors de la préparation du film. Il a ainsi consulté des images d’archives très anciennes puisque datant de 1894 par Edison Studios. En outre, il a également regardé de nombreux matchs pour voir la manière dont la violence est dépeinte. Enfin, sa phase de documentation est également passée par l’analyse de différents jeux vidéo thématiques tels que Street Fighter et The Thrill of the Fight – VR Boxing.