Tardes de soledad
Note moyenne
3,8
469 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

83 critiques spectateurs

5
21 critiques
4
23 critiques
3
16 critiques
2
9 critiques
1
3 critiques
0
11 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2025
"Tardes de Soledad" (littéralement : un après-midi de solitude) est un documentaire consacré au jeune matador péruvien Andrés Roca Rey. Le réalisateur Albert Serra l’a suivi pendant une tournée en Espagne. Sa caméra ne le quitte pas et le filme en plans serrés dans trois endroits exclusivement : sa chambre d’hôtel où il se prépare avec un soin maniaque, le minibus qui le conduit et le ramène de l’arène, et l’arène enfin face au taureau.

Albert Serra est un cinéaste excentrique dont l’oeuvre ambitieuse étonne et détonne. Ses premiers films ("Le Chant des oiseaux", "La Mort de Louis XIV"), terriblement exigeants, semblaient le condamner à une audience confidentielle. Mais il a élargi sa renommée avec "Pacifiction", qui a valu à Benoît Magimel le césar du meilleur acteur.

Les partis-pris radicaux de ses films m’avaient radicalement déplu. J’avais détesté "La Mort de Louis XIV" et "Pacifiction". Aussi ai-je bien failli faire l’impassa sur "Tardes de Soledad", dont le sujet au surplus ne m’attirait guère. C’est la critique toute en finesse d’une amie – qui se reconnaîtra – qui m’a incité à le voir avec quelques semaine de retard.

Bien m’en a pris ! Car "Tardes de Soledad" est un film passionnant qui ne s’oublie pas de sitôt. Certes, c’est un film exigeant et ingrat, sans commentaires, sans voix off, sans interview qui permettraient de mieux comprendre ce qu’on nous donne à voir. Sa durée n’est guère comestible : il dure plus de deux heures et aurait pu fort bien être amputé d’un bon quart sans perdre en efficacité.

Mais il donne un point de vue unique sur la corrida. Un avertissement s’impose : Serra n’est pas pro- ou anti-. Son film n’est pas politique. Son objectif n’est pas partisan. Albert Serra est un cinéaste esthétisant. Ses films ressemblent à des peintures. Et le travail de son chef opérateur et de son monteur sont exceptionnels, qui nous donnent des images incroyables. Tout est filmé en plans serrés. Aucun plan large, aucune image de la foule dont on entend seulement le lointain murmure. La caméra se focalise sur le matador et sur le taureau qu’il affronte dans un combat à mort.

Pour autant, rien n’est jamais exclusivement esthétique. Tout est toujours, quoi qu’on en dise, politique. Tardes de soledad nous montre le matador et l’équipe qui l’entoure. Il s’agit d’hommes exclusivement (on ne voit pas une seule femme pendant tout le film, sinon une admiratrice qui pose avec Andrés Roca pour un selfie crispé). Ils entretiennent leur chef dans une idéologie viriliste, vantant la grosseur de ses « c*uilles » à tout bout de champ, dénigrant à la fois le taureau qu’il affronte (on escomptait plus de respect pour l’adversaire) et le public hostile, qui n’a plus guère la côte à notre époque. S’ajoute à cette ambiance machiste un vieux fond de superstition qui s’exprime à travers une bimbeloterie d’images saintes et de gris-gris, pieusement baisées à chaque entrée en lice.

"Tardes de Soledad" est un film hypnotisant, dérangeant, désagréable. Un film à voir pour toutes ces (bonnes) raisons.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 avril 2025
Un prisme singulier sur le monde de la corrida, abordé de manière factuelle, brute, crue, dans l'arène et en coulisses. Sans volonté de glorifier ni de condamner, sans lyrisme ni ironie manifeste, Albert Serra donne à voir et à entendre, au plus près des hommes (le torero star Andrés Roca Rey et son équipe) et des taureaux (ces masses de muscles harcelées et mises à mort), au plus près des gestes et mimiques, des regards vides ou intenses, des mots triviaux ou vulgaires, au plus près du souffle, de la sueur, du sang et de la mort dans les yeux des animaux. Plans et micros serrés. Pas de vision globale du spectacle et des spectateurs. Pas de discours en voix off. Et donc pas de débat de fond (chacun, selon ses convictions, trouvera ce qui est montré noble ou ridicule, beau ou monstrueux), même si certaines situations ne flattent clairement pas les protagonistes (le torero tel un prince narcissique au milieu d'une cour experte en flagornerie). Le film est avant tout une remarquable expérience visuelle et sonore, immersive, attentive aux détails d'un univers hyper codifié et ritualisé, fonctionnant en vase clos, et qui cultive des paradoxes entre le raffinement des tenues et la violence des actes, entre un virilisme affirmé et un homoérotisme évident... Voilà qui rend cette expérience globalement étonnante et puissante. Elle est aussi malheureusement un peu répétitive (la dernière séquence est probablement en trop). Et un peu longue.
Paulo W
Paulo W

48 abonnés 292 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 mai 2025
Mais quel enfer ! Je me suis re trouvé pris en otage de ce film qui a duré deux heures et qui aurait pu être bouclé en 30minutes largement.
Des longueuuuurs invraisemblables où il ne se passe absolument rien ! Des plans inutiles, je pense celui de l’ascenseur qui m’a fait presque mourir de rire…
Tous ces plans dans leur van… et ces palabres qui n’amènent absolument rien.
Et puis d’une redondance exaspérante !!
Les scènes sont vues, revues et re-revues !! Aucun intérêt ! On a compris ce que voulait montrer le réalisateur !
Alors certes, ils veulent montrer la cruauté de ce « sport », leurs inhumanité, leur condescendance envers les animaux, leur barbarisme même, mais c’est toujours les mêmes scènes, les mêmes schémas… on apprends rien,.. je ne comprends pas le but de nous remettre à chaque fois le même scénario encore et toujours pendant deux heures.
J’aurais voulu connaître les coulisses de cette pratique, ce que deviennent les taureaux après leur mort, comment les toreadores vivent dans la vraie vie et comment ils gèrent leur détracteurs, leur était d’esprit vis à vis des bêtes . J’aurais voulu apprendre des choses, ou du moins que ce filme bouscule certaines mes certitudes. Mais rien - du - tout. Du sang encore et encore pendant deux heures. Désolé plans de vans, et encore du sang… et re-van etc etc
Aucune intrigue, aucun rebondissement, rien.
J’ai détesté
miketbrijou
miketbrijou

2 abonnés 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2025
Les spectateurs à la recherche de belles images de corrida servies par le talent d’un torero seront déçus. C’est la violence de l’affrontement quasi métaphysique de l’homme et de l’animal que nous propose le réalisateur. Pas un spectateur, pas une vue de l’arène, rien que le sang, le souffle du taureau et les grimaces de l’homme, en plans très serrés. Vu en avant première au cinéma lumière de Lyon
Steph PAO
Steph PAO

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mars 2025
Point de vue très intéressant d’un réalisateur qui, malgré ses origines espagnoles n’est pas un aficionado . Ce qui rend le point de vue artistique du film plus objectif, et évite surtout les éternels débats sans fin entre les pour et les anti corrida.
Extraordinaire face à face entre le Toro et le Torero… les images et surtout, le son sont à couper le souffle.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mars 2025
Tardes de Soledad, grandiose reportage sur un sujet tabou

La veille de la sortie du film, le volubile Albert Serra donnait une master class sur son extraordinaire documentaire, Tardes de Soledad. On y suit, pendant deux ans, les prouesses du toréro Andrés Roca Rey. Avec beaucoup de justesse, un journaliste a comparé le film à American Psycho, et Andrés Roca Rey à Christian Bale, l’interprète de Patrick Bateman dans l’adaptation cinématographique du roman de Brett Easton Ellis. Lorsqu’il s’apprête à mettre à mort le taureau, tous les traits du visage tendus, des yeux de tueur, Andrés Roca Rey est effectivement terrifiant. Le film se place également du point de vue du taureau : ses répliques aux provocations du matador sont tout aussi glaçantes et, par trois fois, le toréro se retrouve à terre ou plaqué entre deux cornes contre les palissades... Match nul entre les deux protagonistes semble être le verdict d’Albert Serra, ainsi espère-t-il sans doute éviter les étincelles sur un sujet aussi controversé que la corrida. Je n’ai pas assisté à une corrida depuis…cinquante ans, je mesure ici la réaction de mes amis, farouches opposants à ce cruel spectacle, qui me détesteront d’avoir eu l’enfance que j’ai eue. On se souvient de la proposition de loi d’abolition en France portée sans succès par Aymeric Caron. Le Mexique vient de voter la fin des mises à mort et, au Portugal, cette disposition est en place depuis 1928. On peut pourtant se demander ce qu’en pensent les taureaux survivant au traumatisme des banderilles plantées dans le dos. Concentré sur le lustre de son habit, le rayonnement de son image et sa survie tout simplement, Andrés Roca Rey filmé par Albert Serra est profondément mystérieux. Son site internet propose une interview de lui agrémentée de belles photos. Ainsi, ce garçon existe aussi à la ville, le film ne le dit pas…Il aime la solitude mais sans qu’on l’interroge sur sa vie privée, déclare une petite amie. Il a choisi d’être matador à sept ans, a abandonné l’école et laissé sa famille au Pérou pour faire carrière en Espagne. Le mystère de son visage n’est-il que cela, une dose de sang amérindien ?

#tardesdesoledad #albertserra #andresrocarey
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2025
En prolongeant dans le monde la tauromachie sa poétique de la sécularisation (rendre singuliers et triviaux les mythes culturels), Serra documente le travail cérémoniel d'une vedette du game, avec un rythme hypnotique de la répétition.
Arnaud AGNEL
Arnaud AGNEL

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2025
Une œuvre absolue, à l’image de la corrida.

Albert Serra décide de tout montrer : ce qui est extraordinairement beau (comme ces larmes de ce banderillero qui coulent sans pleurs dans le silence d’une voiture) et ce qui est extraordinairement laid (les yeux d’un toro qui se révulsent à sa mort et ses nerfs qui l’abandonnent avant d’être traîné comme un vulgaire morceau de viande à découper), et dans ce tourbillon émotionnel, il raconte tout simplement ce qu’est la vie, avec ses contrastes de la gloire et la solitude, de la peur, du danger, et de l’éphémère de tout cela.

Au final, la vie ne pèse rien, et l’Art est infini.

C’est ce que véhicule la Corrida et qui fait qu’elle est autant décriée qu’adulée.
En donnant à voir (et entendre !!!! car quelle qualité de son !!!) les choses de manière aussi brutes et simples, il signe sans doute l’un des plus grands films documentaires de l’Histoire du Cinéma.

C’est juste extraordinaire !
Phan Veg
Phan Veg

6 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 mars 2025
Un documentaire qui glorifie la corrida, une ode à la barbarie alors que celle-ci se meurt, un dernier soubresaut pour tenter de sauver ce qui doit disparaître.
VERONIQUE TESSON
VERONIQUE TESSON

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 mars 2025
Des images répétitives, où le son fait défaut, qui glorifient l’humiliation du taureau et sa solitude. Ce n’est pas la solitude du toreador, mais celle de l’animal. On n’y voit pas les arènes, on n’y voit pas les spectateurs. De la barbarie pure et simple. .Bref, je déconseille.
Isaly13
Isaly13

52 abonnés 102 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2025
La corrida vue de l’intérieur. Avec des plans souvent serrés, Albert Serra nous plonge dans un univers de peur, d’affrontement, de mort et de victoire. Un torero entouré de ses hommes, qui ne cessent de l’encourager et le féliciter, avant, pendant et après la corrida. Un homme somme toute assez vulnérable, qui fait face à une bête énorme, qui lui arrive à la poitrine. Animal perdu, souffrant, agonisant… Tout cela, le réalisateur nous le montre factuellement, chacun, connaisseur ou non, pourra se faire une opinion sur la réalité de cette pratique. Le film de Serra est à ce titre d’une grande vérité.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 avril 2025
Un film atroce sur la corida. Le taureau est noble et beau quand il rentre dans l'arène et les toreros sont prudemment a l'abri derrière les palissades. Puis les hommes l'epuisent les piccadores plantent leurs lances d'autres des banderilles. Le taureau saigne épuisé il titube devant le toréador qui plante son epee une fiis ou meme deux fois et en pleine hémorragie interne le taureau s'ecroule jusqu'au coup de poignard dans la tête. C'est horrible et cela recommence....
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 mars 2025
Ce documentaire pue la mort : d’abord, celle du taureau, puis, éventuellement, celle du torero.
La répétition des même scènes de corrida, sans aucune explication, ni justification, encore moins 1 seul commentaire, tout cela ne plaît pas en sa faveur, ni à la corrida. J’attends les fâcheux avec impatience.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2025
Que l’on soit pour ou contre la corrida on ne peut lui retirer son côté photogénique. Albert Serra la bien compris et réalise un (trop) long documentaire sensoriel, sans voix off ni (quasiment) musique.
Juste l’homme et le taureau, et quelques interludes dans un bus ou une chambre d’hôtel. Si vous ne supportez pas la souffrance animale, n’y allez pas, c’est une boucherie, le réalisateur que l’on pressent anti-tauromachie ne détourne jamais le regard du spectateur. Qui pourra exquiser un sourire devant un empalement.
Maurice de Nimes
Maurice de Nimes

Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 mars 2025
Ce documentaire ne fait aucune place a l empathie envers les animaux . Beaucoup de spectateurs sont partis avant la fin.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse