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AdamC
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3,5
Publiée le 17 juillet 2024
SANTOSH est un film qui mérite d’être vue pour la façon brute et même abrupte de filmer ce qu’est l’Inde en 2024, un pays qui tente d’avancer et essaye tant bien que mal d’arrêter certaines pratiques d’un autre temps mais qui dans le même temps reste enfermer dans sa société de caste avec son hypocrisie en decoulant
Le film dépeint bien comment ce système fausse toutes les dynamiques et relations humaines …
Pour ce qui est de l’intrigue, malheureusement c’est un peu prévisible et quelques longueurs
Santosh suit l'histoire de Santosh, une jeune veuve de 27 ans, dont le mari policier est mort en service. En vertu d'une loi indienne surprenante appelée « le recrutement compassionnel », elle hérite de son poste au sein de la police. Le spectateur est donc propulsé avec elle dans le monde de la police indienne qu’elle va découvrir. Le jour où elle décide de mener l’enquête sur le viol et le meurtre d’une adolescente, elle est plongée dans les failles d’un système et d’une enquête bâclée…
Le film démarre comme un drame social pour nous présenter un portrait de femme bouleversant. Puis, il glisse progressivement vers un polar sordide, où le spectateur découvre en même temps que Santosh cet univers dont elle ne connaissait rien. Elle est confrontée à la haine du peuple pour la fonction, mais aussi au machisme, à la puissance des castes, au racisme, à la corruption et à la violence qui gangrène le système… Elle n’a d’autre choix que de s’endurcir et de faire avec ces règles imposées pour pouvoir se faire une place et avancer.
La réalisatrice, Sandhya Suri, vient du monde du documentaire, et son film s’en ressent, que ce soit par le côté naturaliste du film ou son absence de musique. Elle fait le choix judicieux de ne pas faire de Santosh une héroïne qui changera les choses, mais au contraire de révéler sa part d’ombre, apportant une ambiguïté fascinante à son personnage.
Elle livre un polar glaçant et extrêmement sombre, où l’espoir n’a pas sa place, et surtout un constat sans appel sur l’incompétence de la police indienne et les dysfonctionnements d’un système... Le film souligne l'existence de deux catégories d'intouchables en Inde : ceux qu'on ne peut pas toucher et ceux qu'on ne veut pas toucher, mettant en lumière les divisions profondes et les injustices qui persistent.
Très belle histoire sur le quotidien des femmes en Inde. Quelques longueurs cependant nous permettent de sortir de temps à autre d’un temp un peu lent.
Très bien interprété, ce film lent exploite autant qu'il expose tous les rapports de force : en fonction du sexe, de la caste, de la religion, de la hiérarchie en général d'une société toujours imprégnée par les traditions. Santosh l'héroïne, désespérée, investie, de bonne volonté, déçue, déterminée... traverse les évènements en commettant des erreurs au risque de se perdre.
Alors qu'ils se sont unis par amour, Santosh perd son mari policier lors d'une manifestation qui a mal tourné. Perdue quant à son futur, elle accepte de participer à un programme lui permettant de remplacer son mari à son poste. Santosh commence son métier de policière à tâtons lorsque le cadavre d'une intouchable est trouvé dans un puit. Elle et sa cheffe enquêtent. En salle le 17 juillet.
spoiler: "Santosh" dispose d'un scénario policier solide qui nous fait découvrir par les yeux de l'héroïne les coulisses de la police indienne et globalement de la société des castes tout entière. J'ai aimé que l'on passe de l'idéalisation de la policière en chef aguerrie et féministe à une forme de déception : elle se plie aux inégalités inhérentes au système comme tous les autres chefs de police, se heurtant violemment avec le sens moral de Santosh qui réclame justice pour la jeune femme décédée. J'ai un petit bémol toutefois sur ce personnage principal qui est très spectateur de l'action et qui est faiblement caractérisé dans ses aspirations et ses doutes.
Un polar indien... cela sonne bizarre tant, ces dernières années, la cinématographie de "la plus grande démocratie du monde" (du moins celle qui parvient en France) semble se cantonner à des films d'action un peu bourrins et des romances musicales façon Bollywood. On retrouve d'ailleurs ici une scène qui parodie ce genre. Elle se déroule ans un commissariat de province... et c'est l'un des rares moments d'humour d'une histoire pas franchement rigolote.
L'héroïne va intégrer la police à un moment délicat de sa vie : elle est veuve, sans emploi, sans enfant (et donc un peu méprisée par sa belle-famille). Porter l'uniforme, même si c'est surtout, au départ, pour accomplir des tâches subalternes, est donc une forme de promotion sociale pour Santosh. Elle découvre que, femme, elle a autorité sur des hommes... et que la fonction lui offre des avantages (logement, sécurité... voire bakchichs). La réalisatrice a l'habileté de ne pas nous la présenter comme une sainte. Au départ, elle voudrait se placer dans la continuité de l'action de son époux (qui fut un policier intègre), mais, très vite, la réalité la rattrape.
Santosh va avoir l'occasion de faire ses preuves (et de défendre ses valeurs) au cours d'une affaire criminelle, celle du meurtre d'une adolescente, issue de la catégorie des intouchables. A ce moment-là, la panoplie des inégalités s'étoffe : la cinéaste nous fait bien comprendre (sans avoir recours à d'inutiles dialogues explicatifs) que, si les femmes ne sont mises sur un pied d'égalité avec les hommes, c'est encore pire si elles sont issues de basses castes ou si elles sont intouchables. On voit aussi quels sont les écarts criants de richesse... et l'on perçoit, à plusieurs reprises, les tensions entre hindous et musulmans.
C'est donc, outre un polar, un film très riche, avec de beaux portraits humains, comme celui de la gradée de la police (assez rentre-dedans) ou celui de la mère de la victime. La réalisatrice réussit sa montée en tension, même si elle y va à son rythme, qui surprendra certains spectateurs.
Une decouverte.Un film magnifique. Ce film nous plonge avec virtuosité dans l 'Inde contemporaine avec ses divisions et son sexisme. L image est magnifique et la réalisation très maîtrisée.
Jolie découvert pour ce film Indien. Des actrices magnifiques de talent. Une intrigues policière qui nous emmène dans le règne de la corruption et questionne sur les choix devant ce mal.
Vivez une belle expérience de tourisme ethnographique en Inde! Ce film est précis, subtil et évite les caricatures sur les gros policiers machistes. Deux femmes policières, l’une expérimentée et forte, l’autre jeune et frêle, assez contraires, mais qui entraînent très subtilement le spectateur dans la complexité des liens sociaux indiens dans un pays, qui, mine de rien, avance dans la lutte contre les inégalités de sexe, de caste, de métiers, etc. On ressort un peu effrayé du chemin qu’il reste à faire dans cet immense pays, mais confiant dans les ressources de ces peuples …
Film à voir absolument ! La description des castes : les intouchables les minorités, la condition de la femme et sans oublier surtout le jeu des 2 actrices exceptionnelles film très didactique.
C'est l'histoire d'une bavure policière finalement assez commune. Et à travers elle, c'est surtout une fable de justice, équité et humanité assez universelles.
Santosh nous balotte dans le tourbillon glauque d'une justice indienne approximative, sur fond de l'impitoyable et arbitraire lutte de castes à l'œuvre en Inde. L'héroïne, jeune veuve, hérite malgré elle du poste de policier de son mari (comme la loi le permet), et se retrouve plongée dans une enquête autour du viol et meurtre d'une jeune femme.
Ce qu'on voit, c'est à la fois spoiler: la traque, torture et le meurtre d'un innocent, qui sert d'alibi au meurtrier d'une caste supérieure - d'ailleurs, pour celles et ceux qui ont un rapport compliqué à la douleur physique, la scène d'exécution est particulièrement frappante à regarder, sans mauvais jeu de mot [aucun homme torturé aussi crûment et longtemps ne cède pas s'il est coupable...] ; mais aussi un portrait sensible et pudique d'une femme qui s'engage graduellement, pour devenir quelqu'un qui a la force tranquille de défendre ses convictions.
La réalisation brute et dépouillée, caméra à l'épaule, pauvre en costumes et décors sert le propos. Bien vu.
voilà un petit film très intéressant au niveau du rôle des femmes en qualité de gardiennes de la paix aux Indes ! plans séquences étonnants, soignés suspens garanti! Cordialement. Gérard Michel
Un film très lent dans une région de l'Inde loin du rythme trépident des grandes villes. Le personnage de Santosh m'est resté assez distant : je ne savais pas lire ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait. Le personnage de sa cheffe, en revanche, m'a été plus lisible. La scène de torture est un moment difficile. Je suis ressortie toutefois déçue de ne pas voir pu lire ce personnage.
Mais quel film puissant ! C’est un film où tout fonctionne, il défend énormément de causes : la place de la femme dans la société surtout en Inde où la situation est très bancale, la justice ici sous le point de vue des policiè.re.s. La façon dont le film est raconté que ça soit l’histoire en elle même ou les personnages aide à bien défendre le sujet central. À la fin on remet tout en cause de ce qu’est la justice : finalement qui sont les « gentils » et les « méchants ». Même si on veut une justice la justice elle même n’est pas juste (petite acrobatie ici aha) et enfin j’ai adoré. Bravo
Ce film dépeint une Inde loin des lieux touristiques et de Bollywood pour nous montrer l'envers du décor avec la réalité de beaucoup d'indiens au travers du regard de Santosh, une veuve reprenant le poste de policier de son mari décédé. Entre traditions très peu remises en cause (dot, castes, etc...), la corruption, le racisme et la pauvreté crasse dans laquelle vit une majorité, on saisi très bien le message social et culturel du film. Les yeux naïfs de Santosh permettent de découvrir une Inde où les intérêts personnels de chacun priment sur les questions de justice ou d'éthique, et c'est notamment très bien souligné par le personnage de la chef de police, que j'ai adoré. Tout est filmé de très près, dans des décors insalubres et ternes et cela ajoute un coté oppressant qui fonctionne très bien, avec tres peu de musique extradiegetique. Toutefois le gros point noir du film pour moi a été le rythme, extremement lent. Si chaque scène mérite d'être montré, les plans qui les composent sont parfois étrangement longs et inutiles, sans doute pour renforcer l'effet de malaise mais qui amène à chaque fois au bord de l'ennui.