J'avais une autre attente de ce « Blue Sun Palace » premier long métrage de la Sino-américaine Constance Tsang et qui a reçu le prix de la French Touch au dernier festival de Cannes, prix qui vise à récompenser l’audace et la créativité d’un geste de cinéma unique. Le Canard Enchainé considère le film comme une perle, Le Monde lui consacre les 2/3 de l’une de ses pages cinéma, le dernier tiers étant consacré à un interview de l’acteur Lee Kang-sheng qui incarne le personnage de Cheung dans le film...Blue Sun Palace n’a que Palace que le nom...C’est un salon de massage dans le quartier new-yorkais de Flushing un quartier du Queens qui compte plus de 70 000 habitants d’origine asiatique, où quatre jeunes chinoises et taïwanaises vivent dans une sorte de recomposition familiale, quasiment en vase clos partageant leur temps entre séances de massage avec les clients et taches quotidienne, repas...la discipline est assez stricte, les rencontres avec quelques prétendants ne s’envisagent que clandestines...l’un deux, Cheung exilé lui aussi, ayant laissé femme et enfant à Taïwan, vivant mal sa solitude cherche à nouer une relation amoureuse avec Didi, l’une des masseuses, laquelle hélas est tuée lors d’un braquage...Désespéré Cheung cherche la consolation avec l’amie de Didi, Amy...De New York on ne verra rien, on frôle souvent l’ennui, les plans sont longs, lents, il ne se passe rien de remarquable , et pourtant, on est pris. Tout ce que montre Constance Tsang peut paraître futile : une longue scène de restaurant, le réveil des deux amoureux, des massages, une discussion entre copines ...le film est empreint d’une immense mélancolie, appuyée par la photographie et les couleurs...c’est un de ces films qui ne tiennent sur rien : ni la profondeur de leur intrigue, ni la complexité ou la flamboyance de leur mise en scène...c’est d’une pudeur et d’une dignité incroyables... Le film se clôt par un plan de la mer, le seul du film qui ne soit pas urbain ou intérieur. Alors on respire, on reprend son souffle...