Ce premier long métrage de cette réalisatrice est assez bien réalisé avec un scénario bien élaboré. Le film traite de la vie de jeunes émigrées dans un salon de massage newyorkais avec leurs joies, leurs rencontres, leurs rêves mais aussi leurs problèmes. On ressent bien tout cela dans ce film où les personnages sont attachants. Le film aurait cependant gagné à être un peu moins long.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse au Club Marbeuf à PARIS)
J'ai vu ce film un peu ardu dans la furie cannoise de l'année dernière, et je dois dire qu'il ne m'avait pas marqué puisque j'ai du relire mes notes pour m'en souvenir.
Tout commence par une rencontre amoureuse assez joliment évoquée. La caméra semble flotter entre les deux personnages, s'attardant tour à tour sur le visage de celui qui écoute, puis sur celui qui parle. Il y a chez Constance Tsang un véritable don pour la mise en scène.
Mais après ce sympathique démarrage, et passé l'étonnement d'être à New-York alors qu'on se croirait en Chine, on s'ennuie vraiment. Le film prend son temps, sans qu'on comprenne bien où il veut nous emmener, laissant sans réponse beaucoup de questions que le spectateur est en droit de se poser.
J'ai fini par perdre pied, sortant du film et pestant contre cette succession de scènes allusives peu compréhensibles dans leur ensemble. Vers la fin du film, la torpeur formaliste atteint son acmé dans le très long plan de l'homme marchant le long d'une route.
Des idées et une vraie sensibilité, mais noyées dans le formol.
Dans Blue Sun Palace, Constance Tsang met en scène une quête de réconfort et de connexion dans un monde où la vulnérabilité est souvent exploitée. À Flushing, New York, les salons de massage deviennent des lieux ambigus : à la fois espaces de travail pour des immigrées asiatiques confrontées à l’objectification et aux abus, et endroits où se tissent des liens, fragiles, mais porteurs d’espoir.
Un monde hostile et inégalitaire
Amy, l’une des protagonistes, incarne cette précarité. Immigrée et économiquement dépendante, elle cherche protection et respect dans un environnement qui la perçoit comme une proie facile. Son isolement et sa peur sont amplifiés par un système qui la déshumanise. La réalisatrice illustre ainsi la réalité de nombreuses femmes piégées dans une situation où l’exploitation est omniprésente.
Cheung, en revanche, offre un portrait plus nuancé. D’apparence bienveillant, il inspire la confiance. Son lien avec Didi semble sincère, mais son engagement reste incertain. Comme l’explique Constance Tsang, il existe chez les acteurs une part de mystère qui se ressent à l’écran.
Une relation hantée par le passé
La mort de Didi est un élément central du film. Son absence crée un vide émotionnel que les personnages tentent de combler. Pour Cheung, le deuil brouille son rapport aux autres, notamment avec Amy, qu’il voit à travers le prisme de son histoire passée. Leur relation ne parvient jamais à se construire pleinement, hantée par le souvenir persistant de Didi.
Avec une mise en scène épurée et une musique minimaliste, Blue Sun Palace plonge le spectateur dans l’intimité de cette communauté marginalisée. Constance Tsang livre ainsi une œuvre sensible sur la fragilité des relations humaines et la quête de lumière dans un monde souvent cruel.
Vu dans le cadre de la reprise de la Semaine de la Critique : Un merveilleux premier film tendre et sensible sur la rencontre de deux âmes meurtris à la recherche de leur identité. Une mise en scène calme et sobre, très respectueuse de ses personnages et qui émeut sans en faire trop.
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2,5
Publiée le 22 juin 2025
Amy travaille dans un salon de massage avec son amie et confidente Didi. Leur amitié les aide à tenir loin de chez elles malgré le poids des responsabilités. Cependant, lorsqu'une tragédie survient, Amy doit faire face seule à la vie qu'elle s'est construite. "Blue Sun Palace" se passe principalement dans ce salon qui n'est pas un endroit luxueux, mais qui est à la fois un lieu réconfortant et douloureux, un abri et un piège, un endroit où les rêves sont permis malgré un quotidien sinistre. Au-delà du sort des travailleurs immigrés, Constance Tsang raconte une histoire minimaliste sur la solitude, les rêves, les désillusions, la sororité et le deuil. Il ne s'agit pas de savoir comment aller mieux, mais de voir l'impact d'un chagrin inexprimé. S'il y a peu de personnages marquants au-delà du trio, le film fonctionne surtout quand il met en scène des duos avec de petits moments suspendus dans le temps. Le reste du temps, la mélancolie et la douleur ont un effet pesant sur l'histoire. C'est très lourd, mais sans le poids émotionnel. Pour ma part, je trouve que le drame qui intervient rapidement n'impacte pas qu'Amy, mais aussi le film. Didi était l'élément catalyseur et je n'ai pas eu la même connexion émotionnelle avec les autres personnages. "Blue Sun Palace" est très bien joué et réserve quelques beaux moments intimes, mais trop peu sur deux heures.
J'avais une autre attente de ce « Blue Sun Palace » premier long métrage de la Sino-américaine Constance Tsang et qui a reçu le prix de la French Touch au dernier festival de Cannes, prix qui vise à récompenser l’audace et la créativité d’un geste de cinéma unique. Le Canard Enchainé considère le film comme une perle, Le Monde lui consacre les 2/3 de l’une de ses pages cinéma, le dernier tiers étant consacré à un interview de l’acteur Lee Kang-sheng qui incarne le personnage de Cheung dans le film...Blue Sun Palace n’a que Palace que le nom...C’est un salon de massage dans le quartier new-yorkais de Flushing un quartier du Queens qui compte plus de 70 000 habitants d’origine asiatique, où quatre jeunes chinoises et taïwanaises vivent dans une sorte de recomposition familiale, quasiment en vase clos partageant leur temps entre séances de massage avec les clients et taches quotidienne, repas...la discipline est assez stricte, les rencontres avec quelques prétendants ne s’envisagent que clandestines...l’un deux, Cheung exilé lui aussi, ayant laissé femme et enfant à Taïwan, vivant mal sa solitude cherche à nouer une relation amoureuse avec Didi, l’une des masseuses, laquelle hélas est tuée lors d’un braquage...Désespéré Cheung cherche la consolation avec l’amie de Didi, Amy...De New York on ne verra rien, on frôle souvent l’ennui, les plans sont longs, lents, il ne se passe rien de remarquable , et pourtant, on est pris. Tout ce que montre Constance Tsang peut paraître futile : une longue scène de restaurant, le réveil des deux amoureux, des massages, une discussion entre copines ...le film est empreint d’une immense mélancolie, appuyée par la photographie et les couleurs...c’est un de ces films qui ne tiennent sur rien : ni la profondeur de leur intrigue, ni la complexité ou la flamboyance de leur mise en scène...c’est d’une pudeur et d’une dignité incroyables... Le film se clôt par un plan de la mer, le seul du film qui ne soit pas urbain ou intérieur. Alors on respire, on reprend son souffle...
Blue sun palace est assurément un film exigeant. D'abord car il ne cherche jamais à nous séduire facilement, optant plutôt pour une esthétique âpre à l'image mal dégrossie. Et ensuite car son récit est traversé de longs moments relevant de la banalité du quotidien, à l'image de ce qu'on verrait dans une chronique. Mais souvent ce type de films restent longtemps en mémoire, précisément car ils nous immergent patiemment dans l'univers de leurs personnages. Il en résulte une expérience particulière puisque le film semble être un continuum du quotidien duquel émergent des moments singuliers. Les personnages sont très finement construits, mais en creux, sans jamais que leur caractère soit explicité ou verbalisé. Les premières scènes traduisent avec une intensité rare l'amour qui lie un couple naissant. C'est très réussi. spoiler: Quelques minutes plus tard, le drame originel trouve lui aussi toute sa force par un effet de mise en scène.
Puis l'on s'engage dans la réparation, et le film vaut alors autant par la description documentaire de la vie de ces femmes travaillant dans un club de massage, ne parlant que chinois dans une Amérique à peine montrée, et devant se compromettre avec certains clients, que par la trajectoire de spoiler: deuil des deux personnages devenus principaux. Il en résulte une vision assez sombre de l'humanité, où chacun se débat en blessant l'autre. Mais cela traduit sans doute la réalité de la complexité de la psyché humaine dans ce type de circonstances. spoiler: Le générique de fin est très réussi et la scène finale n'est pas sans rappeler De l'autre côté, de Fatih Akin.
Premier long-métrage qui fait état d'une maîtrise surprenante, tant dans le choix des cadrages que la direction des comédien(ne)s, tou(te)s d'une formidable justesse. Avec une délicatesse confondante, la réalisatrice évoque l'éloignement, l'absence des êtres aimés, l'évaporation des idéaux. Elle interroge l'existence et le sentiment d'inutilité, dans des intérieurs souvent saturés de lumière où la vie semble entre parenthèses. Il est au final assez stupéfiant que ce microcosme - qui évolue principalement à l'intérieur d'un salon de massage - fasse naître des émotions si universelles. En effet, l'action se déroule à New York mais elle pourrait pareillement se dérouler à Tokyo ou Madrid. Le dernier plan en légère plongée sur Lee Kang-sheng résume le film de façon magistrale.
Au cœur de New York, un salon de massage chinois voit défiler les hommes. Didi qui travaille ici, a des rêves pleins la tête lorsqu’elle rencontre Cheung. Sa disparition plonge ce dernier dans un chagrin profond. Ce film nous immerge dans le quotidien de ce salon, où la violence est tantôt physique tantôt psychologique, où la vie quotidienne se mêle au travail. L’esthétique du film est magnifique, magnétique. Coup de cœur.
Film attachant. Les rapports entre ces migraines sont attachants. y sont exprimées leurs faiblesses et leur désarroi Un peu de confusion dans la conduite du récit.
Blue Sun Palace est un petit gâchis et c'est vraiment dommage.
Présentant tout d'abord une petite idylle presque enfantine et douce, Constance Tsang lui met un grand coup bien moins charmant, pour le développement de ses personnages.
En faisant de son décors principal un salon de massage, la réalisatrice dénonce très bien ce produit purement patriarcal, exploitant une fois de plus les femmes.
Viens maintenant mon interrogation, le projet semble être un court-métrage étiré et la deuxième partie va dans tous les sens, sans avoir réellement d'impact.
Je dirais même, que c'est proche du malsain avec ces liens déplacés, tandis qu'en continuant à dénoncer les abus dans les salons de massages, Tsang parvient à marquer et secouer.
J'ai réellement était sortie par cette ''continuité'' malsaine, et pour être honnête, cette neutralité quant au lieu où se trouve les personnages est à double tranchant. Même si ça donne un sentiment mondiale, ça reste très confus.
Vu en avant première, ce film est très beau (une superbe qualité du film, en argentique), le jeu d'acteur m'a ravi (les émotions furent saisissantes) et le scénario m'a plu. Que demande le peuple ?