Ce film a été présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2024.
Blue Sun Palace se déroule à Flushing, un quartier du Queens qui compte plus de 70 000 habitants d’origine asiatique. Il s'agit du plus grand Chinatown de New York, devant le Chinatown de Manhattan.
Blue Sun Palace est le premier long-métrage de Constance Tsang. Il trouve ses origines dans la mort de son père quand elle avait 16 ans, ainsi que dans le quartier de Flushing où elle et sa mère ont emménagé après ce décès : "J’ai commencé à écrire ce film avec la volonté de renouer avec mon passé ainsi qu’avec la communauté que nous avions quittée. Ce que je ne réalisais pas, c’est que cette histoire me permettrait aussi de renouer avec mon père. J’ai réfléchi aux décisions que nous prenons lorsque nous perdons un être cher".
Si le thème central du film est le deuil, il aborde aussi les notions d'amour, de réconfort, et de foyer. Elle décrit son œuvre comme "une lettre aux fantômes de mon enfance, à mes parents qui sont arrivés aux Etats-Unis avec un rêve et ont dû se contenter d’autre chose, à mon père que je comprends désormais, et à moi-même alors que j’ai appris à réévaluer la perte dans ma vie."
On compte au casting de Blue Sun Palace Lee Kang-sheng, acteur fétiche du réalisateur taïwanais Tsai Ming-liang avec lequel il collabore depuis plus de trente ans sur des films comme Les Rebelles du dieu néon, La Saveur de la pastèque, ou encore Days. Constance Tsang apprécie son travail depuis longtemps et l'a simplement contacté via un message privé sur Instagram : "J’avais une amie actrice qui avait travaillé avec lui sur Absence et elle lui a dit que je le contacterai. Au départ, ça n’était qu’un banal échange de messages, mais lorsqu’il a lu le scénario, c’est devenu sérieux".
L'acteur, qui est connu pour sa lenteur, a imposé son rythme particulier au film, comme le raconte la cinéaste : "à sa manière, il est incroyablement collaboratif. C’est juste que sa présence et son timing lui sont très spécifiques. Nous avons travaillé sur sa façon de marcher, de s’ancrer et de comprendre quand et comment il devait révéler – ou ne pas révéler – une émotion."
Blue Sun Palace a été tourné en 35 mm, un format que la réalisatrice apprécie particulièrement pour "ses qualités esthétiques, le fait que ce soit si tactile et organique, que l’on soit limités en nombre de prises". Elle ne fait pas de storyboard en amont du tournage mais prend beaucoup de décisions sur le cadrage et la scénographie avant de commencer à filmer, en préparation avec les acteurs.