Céki Kazuya Shiraishi ? Un cinéaste japonais plutôt prolifique qui œuvre en majeure partie dans le cinéma de genre et que la sortie du Joueur de go va permettre de faire connaître en France, avec un film très beau plastiquement, qui recrée le Japon féodal avec beaucoup de goût, au sein d'un récit qui ne manque ni d'intérêt ni de panache. De là à y voir l'esprit de Akira Kurosawa, il ne faut quand même pas s'emballer car le film possède quelques longueurs, notamment dans les subtiles parties de go pour lesquelles il est difficile de s'enthousiasmer quand on en ignore les règles. Cependant, le personnage principal du film est fascinant, un samouraï de grande lignée, déclassé au rang de rônin, vivant modestement avec sa fille. Mais dont il ne faut pas titiller l'honneur, auquel cas il retrouvera la voie de sa caste initiale et un impitoyable sens de la vengeance. Les combats sont peu nombreux dans Le joueur de go mais brillamment exécutés. Ils passent néanmoins derrière le caractère profondément humaniste du film, qui séduit encore davantage quand celui-ci se laisse aller à des scènes pittoresques ou franchement drôles. Là, oui, Shiraishi retrouve par instants l'âme du grand cinéma japonais classique des années 50 et 60.
Yanagida est un ancien samouraï errant reconverti en tailleur de sceaux pour des clients fortunés. Vivant seul avec sa fille, il a de grosses difficultés financières qui l'amènent à être endetté auprès du propriétaire. Joueur de go, il fait la connaissance d'un commerçant local connu pour ses magouilles et son avarice. Leur rencontre autour du jeu va changer les deux hommes.
spoiler: "Le joueur de Go" est un film historique qui nous plonge dans l'ambiance vibrante et colorée du Japon de l'époque Edo. La morale est très présente dans l'intrigue et toutes les interactions des personnages ont trait à un code de conduite profondément cadré. On est pleinement dépaysés par l'expérience même si l'arc scénaristique est un petit peu attendu. Peu de twists et des situations uniquement débloquées grâce à la bienveillance des personnages, c'est dommage. De plus, le personnage principal est difficile à suivre tant il change de comportement.