Ce film est présenté à l'ACID au Festival de Cannes 2024 ainsi que dans de nombreux autres festivals comme le festival Biarritz Amérique Latine ou encore Chéries Chéris 2024.
Moi, ma mère et les autres met en avant des gens ordinaires et assez antipathiques. Un choix que le réalisateur a fait en réaction aux nombreux films qui placent des héros sur le devant de la scène. Pour Iair Said, le fait de placer de s’intéresser à des gens ordinaires qui vivent des histoires ordinaires les rend justement extraordinaires.
L’une des trois actrices du film, Juliana Gattas, est une véritable star de la musique en Amérique Latine. Moi, ma mère et les autres marque sa troisième expérience dans un long-métrage de cinéma après La Parte Ausente de Galel Maidana (2015) et Hypersomnia de Gabriel Grieco (2016).
Une couleur revient de manière récurrente dans le film : le bleu. Une teinte qui n’a pas été choisie au hasard puisqu’elle représente la douleur. Ancrée de manière indélébile, elle est visible sur les lèvres du personnage principal mais aussi dans la voiture ou sur les murs de la clinique où son père et lui sont soignés.
Moi, ma mère et les autres souhaitait montrer une autre image des corps à l’écran. À l’image de la séquence d’ouverture dans laquelle il apparaît torse nu avec ses rondeurs, le cinéaste désirait montrer des corps gros et tristes, de manière à contraster avec la majorité des films du cinéma LGBTQIA+, qui montre surtout des corps d’hommes aux physiques parfaits, ce qui ainsi une partie de la communauté homosexuelle.
Avec ce film, le cinéaste a voulu parler d’un sujet assez tabou sur lequel personne ne lui avait jamais rien dit, à savoir la bureaucratie qui entoure la mort et le coût d’un deuil pour les familles des défunts.
Iair Said ne fait pas que réaliser et scénariser Moi, ma mère et les autres puisqu’il en est également l’interprète du personnage principal.
Iair Said s’est d’abord fait connaître comme comédien. Il a notamment été l’une des têtes d’affiche du film Los Delincuentes de Rodrigo Moreno, présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2023 et qui avait été présenté par l’Argentine pour concourir dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère aux Oscars.
Moi, ma mère et les autres est le premier long-métrage du réalisateur Iair Said. Auparavant, il a réalisé deux courts-métrages : 9 Vacunas (2014) puis Presente Imperfecto (2015) qui a été présenté dans la compétition officielle du 68ème Festival de Cannes.
L'humour et les situations du film rappelle le burlesque de Buster Keaton, alors que le réalisateur n'a vu aucun de ses longs-métrages. Néanmoins, il se revendique de Woody Allen.
Le film aborde de nombreux tabous, comme le fait que le personnage principal soit homosexuel dans une famille juive, et que, de surcroît, il aborde l'euthanasie, un sujet également délicat en Argentine.
Si le titre français est Moi, ma mère et les autres, le titre original peut être traduit par "Plus de personnes meurent le dimanche".
Le tournage a duré 25 jours et s'est terminé le 19 mai 2023. Le cinéaste a tourné à Buenos Aires, à Ezeiza et à Tablada.