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Thierry LACROZE
4 critiques
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5,0
Publiée le 29 septembre 2024
Un très beau film qui nous emmène dans la vie des iraniens et notamment des iraniennes avec leurs combat de tous les jours pour pouvoir vivre leur vie et lutter contre tous les interdits que la caste politique leur impose
"Les Graines du figuier sauvage" nous plonge au cœur des tensions contemporaines de l’Iran avec une intensité poignante. Le film suit un père, récemment nommé juge d’instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran, tiraillé entre son devoir envers un régime qu’il sert et ses convictions personnelles de plus en plus fragilisées. Cet homme, pris dans un engrenage moral étouffant, tente de concilier son rôle de fonctionnaire d’État et son humanité, tandis que sa femme et ses deux filles vivent la révolte du voile à leur manière, chacune empruntant un chemin unique dans cette quête de liberté. L’histoire est autant celle d’une famille fracturée par des visions divergentes que celle d’un pays en pleine ébullition. La révolte des femmes contre le port obligatoire du voile est mise en lumière de manière vibrante, avec des personnages féminins d’une force remarquable. La douleur silencieuse du père contraste avec la détermination farouche de ses filles, créant un drame familial empreint de tensions et de non-dits. Les choix de chacun deviennent des actes politiques, faisant résonner la lutte collective dans l’intimité du foyer. Ce réalisme brut est renforcé par l’intégration de nombreuses images réelles, capturées par des téléphones portables, montrant des manifestations, des violences policières et des arrestations. Ces séquences, insérées avec habileté, donnent au film une immédiateté bouleversante, ancrant la fiction dans une réalité tangible et percutante. Rasoulof parvient ainsi à mêler le cinéma et le témoignage direct, transformant son œuvre en un acte militant.
"Les graines du figuier sauvage", par la situation de son réalisateur et les thèmes qu’il aborde, dépasse sa condition de simple film. C’est un film politique fort et un thriller tendu sur la quête de liberté et le conflit de génération.
Tout comme dans "le diable n'existe pas, le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof parvient à dénoncer un système totalitaire impitoyable à travers une situation humaine. Ici, c'est à travers le prisme d'une famille dont la réputation du père est en jeu et dont le nouveau métier de Juge va lui faire perdre pied. La situation ubuesque dénonce avec force et intelligence toute l'absurdité qui entraine une paranoïa incessante. Tourné en cachette en Iran même, ce film puissant et réussi a l'intelligence de placer l'action au moment de la révolte durement réprimée survenue après la mort de cette jeune femme accusée de mal porter son foulard. Cette période fait écho auprès de ces trois femmes qui ne veulent plus subir cela. A ne pas manquer.
Lauréat du Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes 2024, ce brulot iranien est captivant et perturbant de bout en bout. Vu depuis la sphère familiale, il scrute les mécanismes d’un régime totalitaire qui parvient in fine à détruire la cellule la plus intime. Des images authentiques viennent s’insérer par moment dans le récit, provoquant parfois un réel malaise.
Mohammad Rassoulof continue à faire preuve de détermination dans la dénonciation du régime fasciste iranien et de l’enfermement de la vie sociale de son pays dans une lecture stricte de la religion. Malgré les condamnations et les séjours en prison, armé de son indéniable talent, il poursuit son œuvre comme une mission. Ce nouveau film confirme les qualités cinématographiques de ce réalisateur et sa capacité à nous raconter une histoire captivante sur toute la durée du film. Ces trois femmes prises au piège par un mari/père aliéné lui-même par son ambition professionnelle et sa soumission à l’Autorité, nous racontent l’enfermement de la femme Iranienne et la mécanique implacable d’un régime dictatorial.
Film o combien oppressant qui nous fait a sentir le pouvoir d'un régime totalitaire. A l'image du premier plan où la caméra filme des balles de revolver et un stylo usé, il est difficilede communiquerdans l'Iran de 2022.. quatre membres d'une famille et une métaphore de la société Iranienne. Le père fraîchement promu à un poste de juge, voit la possibilité de sortir sa famille de sa condition, mais doit céder à sa liberté et à sa conscience, tandis que les deux filles ne sont pas insensibles aux mouvements de la rue, la mère essayant de faire la jonction. C'est une histoire, filmé dans des teintes sombres et opaques. La mise en scène de Mohammad Rasoulof est puissante et inquiète mais laisse un peu d'espoir cependant. La dernière demi-heure est impressionnante dans un crescendo scenaristique mais perd un peu de son acuité psychologique, ce qui m'empeche de mettre une note un peu plus haute.
Portait d'une famille iranienne prise dans les soubresauts révolutionnaires, l'intrigue illustre la fracture du pays, entre jeunes (femmes) en quête de liberté, dignité, considération, hommes attachés au régime leur conférant privilèges, domination, pouvoir, épouses déchirées entre loyauté à leurs enfants ou à la religion. Dénonçant au travers de glaçantes images diffusées sur les réseaux sociaux les exactions, répressions, meurtres, d'un gouvernement totalitaire, le récit dévie vers un thriller psychologique moins maîtrisé (sinon dans la course poursuite finale), tant dans son rythme que ses justifications narratives. Reste un réquisitoire puissant contre le patriarcat des mollahs autant qu'un plaidoyer pour la liberté.
A la fois drame social, thriller et film politique, "Les Graines du figuier sauvage" est un film captivant, admirablement mis en scène et interprété. Suivant l'actualité dramatique d'un fait divers engendrant de nombreux troubles à Téhéran, Mohammad Rasoulof transpose ce contexte sulfureux au sein d'une famille dont les filles s'opposent à un père magistrat, incarnation d'un pouvoir aveugle et dépassé. Figure de la résistance à cette oppression, le cinéaste réalise un chef-d’œuvre de près de 3 heures avec une fluidité narrative et un sens de l'ellipse admirables.
Un chef-d’œuvre qui méritait peut-être plus que sa « petite » palme du Jury. Sur presque 3 heures de sourde tension, l’histoire nous tient en haleine en déroulant une espèce de faux huis-clos où évoluent un couple et ses deux adolescentes dans l’abominable dictature théocratique des mollahs iraniens. Mais cela peut être transposé dans bien d’autres lieux ! On y vit à chaque instant le patriarcat faussement doucereux du mâle mais surtout la révolte puissante de la jeunesse iranienne. C’est poignant, tourné avec une rigueur et une maestria sidérantes, interprété brillamment et avec une grande justesse. L’évolution sous tension dramatique de chaque protagoniste est admirablement dépeinte, avec une grande finesse. Un réquisitoire politique sans appel et un hymne magnifique au courage des femmes iraniennes. Du très grand cinéma.
tres bon film tres bien fait il change des films qu'on a l'habitude de voir , les acteurs sont très bons. et il met bien en évidence les points de vue des iraniens sur l'affaire mahsa amini
Un film sévère et effrayant, politiquement très engagé. Un rythme un peu lent et quelques longueurs notamment dans la deuxième partie, mais le message est clair et courageux sur l'espoir ou la nécessité pour les femmes Iraniennes de prendre le pouvoir et revendiquer la liberté.
Film iranien qui condamne frontalement le pouvoir en place. Pour cela, le film mérite au moins d'exister tant son courage et son audace merite le respect. De plus le scénario est extrêmement bien écrit faisant la par belle à la métaphore ou au symbolisme des actes ou des pensées. Extrêmement bien interprétées l'œuvre défend un féminisme ou la caméra est au plus près de ses femmes partagées entre la peur, le respect des traditions et la rebellion. Certaines scènes magnifiques touchent la grâce. Seul hic pourtant c'est sa lenteur et sa durée (3h tout de meme) qui n'évite pas quelques fois un manque de rythme certains.