Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 19
Les Graines du figuier sauvage
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Valerie B
1 critique
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5,0
Publiée le 5 octobre 2024
Film remarquable par sa réalisation et les conditions dans lesquelles il a du être tourné. Happée pendant presque 3h par ce huis clos familial qui tourne au thriller. A voir
Comment vous inciter à aller voir ce film ? Vous dire que c’est le film le plus fort et le plus indispensable que vous verrez cette année? Ce n’est pas suffisant. Vous dire qu’il est une plongée sidérante dans la situation de l’Iran actuel ? Non car ce n’est pas un film politique, ou pas directement. Non il faut aller le voir car c’est un film formidable, une réussite de cinéma. Il est rare d’arriver de façon aussi forte à traduire l’état de la situation d’un pays au travers de l’intimité d’une famille. Le film réserve des surprises impensables (toute la dernière partie est totalement inattendue mais impossible à révéler). Les acteurs, et surtout les 3 actrices sont tout simplement formidables de vérité. Ne ratez pas ce film, ne passez surtout pas à côté, c’est juste LE film de l’année.
Parti au bout d’une heure Scénario indigent et mise en scène absente Alors que le cinéma iranien nous a donné récemment tant de merveilles souvent avec aussi peu de moyens
Un film sévère et effrayant, politiquement très engagé. Un rythme un peu lent et quelques longueurs notamment dans la deuxième partie, mais le message est clair et courageux sur l'espoir ou la nécessité pour les femmes Iraniennes de prendre le pouvoir et revendiquer la liberté.
NAJMEH entretient une relation de confiance, semble-t-il, avec son mari Iman qui se confie à elle. Alors qu'il vient de décrocher un nouveau poste le mettant en responsabilité lors de la déclaration des peines de mort, il est très stressé et NAJMEH met en garde leurs deux filles : pas de vagues. C'est sans compter sur les émeutes qui embrasent le pays au même moment. En salle le 18 septembre.
spoiler: "Les graines du figuier sauvage" est difficile à appréhender : c'est un long-métrage qui aborde de nombreux sujets dans une famille iranienne sujette à des mouvances sociétales fortes. J'ai aimé la manière dont nous sont présentés les mécanismes mentaux et les croyances des différents membres de la famille pour expliquer leur clivage et être le terreau de la discorde. La deuxième partie du film est plus floue à mes yeux. On passe rapidement d'une famille unie à une famille qui se déchire jusqu'à la scène finale et l'engloutissement du père. Je ne sais comment expliquer ce revirement tant il est brutal, mais peut-être est-ce là la spécificité de vivre dans un tel pays ?
un excellent film qui croise des reportages réels sur la situation des femmes en Iran . Un film qui donne espoir d une évolution grâce à la jeunesse courageuse.
Film intéressant mais beaucoup trop long et trop lent. Et encore, je n'avais pas lu le résumé du film qui raconte intégralement la première partie du film. Les acteurs sont parfaits !
Très bon début, avec l'utilisation de vraies images des émeutes de 2022, permettent de bien arrimer le film dans un sujet de société brûlant. La première partie décortique bien les rapports au sein de cette famille iranienne, avec 2 filles ados/étudiantes. On se rend compte que le clivage dans la société n'est pas entre pro et anti-religion ou entre conservateurs et progressistes mais bien générationnel. C'est le mai 1968 iranien. J'ai beaucoup moins accroché avec la suite du film et l'intrigue autour du revolver, trop artificielle à mon goût et ouvrant la porte à un n'importe quoi scénaristique en mode thriller. Dommage, les acteurs et surtout actrices sont superbes. Le cinéma iranien est d'une vitalité extraordinaire, juste ce film n'était pas pour moi.
Comment des enfants peuvent éduquer leurs parents ? Comment devient-on complice d’un régime totalitaire ?Comment la religion s’en mêle ? Un film prenant, sensible, dur et drôle aussi, un film terriblement humain.
2h45 intenses malgré un huit clos qui se déroule principalement dans un appartement. Les actrices sont incroyables. Ce film est à l'intersection de "Music Box" basé en Argentine (Costa Gavras) avec un bourreau à face humaine et non pas la dénonciation d' un système, de "Reality" de Tina Satter (effet miroir avec l'impact d'un Fox News écrasant aux USA) et de "Inch Allah un fils" sur le combat d'une femme en Jordanie. Une génération d'hommes perdus incapable de reconnaitre le doute pourtant évident et qui, comme seul mécanisme de défense, amplifie la force et la violence. Un film puissant qui trouve sa source dans une quête de liberté presque pubertaire plutôt que dans la dénonciation d'un système dont tout le monde connaît l'infamie.
Je me joins aux louanges sur ce film qui démonte les rouages du pouvoir: comment un régime totalitaire arrive à être soutenu par des gens peu convaincus..
Un plaidoyer pour la défendre la condition des femmes dans l’Iran des mollahs en 2024…. À travers la vie d’une famille Iranienne , dans son quotidien… L’affrontement entre les filles , qui expirent à une vie libre , et leur père , défenseur de la foi ..islamiste convaincu , au service du pouvoir révolutionnaire….et la mère …soumise à son mari mais pas insensible aux envies de ses filles… De très gros plans , parfois lents , longs , intenses , des regard , une musique ….une ambiance lourde qui restitue certainement l’Iran d’aujourd’hui….et des images réelles des émeutes sanglantes et réprimées …. Prix spécial du jury à Cannes pour soutenir cette cause ….
Iman vient d’obtenir une promotion dans l’appareil répressif iranien. Ce mari aimant, ce père dévoué va pouvoir offrir à sa femme Najmeh et à ses deux filles, l’aînée Rezvan étudiante et la cadette Sana encore lycéenne, de meilleures conditions de vie. Mais sa promotion fait désormais peser sur sa famille des obligations supplémentaires. Elle se doit d’être irréprochable alors que la mort brutale de Mahsa Amini, après son arrestation par la « police de la moralité » pour port du voile inapproprié jette la population iranienne à la rue au cri de « Femme, Vie, Liberté ».
Il est fréquent de filmer les dictatures du point de vue de ceux qu’elle opprime ("Le Cercle rouge", "La Jeune Fille et la Mort"…) ou bien de celui de citoyens ordinaires insidieusement impactés par le cour des choses ("Une journée particulière", "L’Histoire officielle", "Au revoir les enfants"…). Il l’est moins d’embrasser le point de vue des oppresseurs, même si "La Zone d’intérêt" vient d’en donner un exemple magistral et glaçant.
Mohammad Rasoulof l’avait déjà fait dans le premier volet de "Le diable n’existe pas", qui avait pour personnage principal un homme ordinaire dont on apprenait à la toute dernière image, inoubliable, qu’il officiait comme bourreau à la prison centrale de Téhéran. Son héros dans "Les Graines…" est un homme ordinaire, pas foncièrement antipathique, qui travaille comme enquêteur au ministère de la justice. Son travail est d’interroger les détenus et, si je l’ai bien compris, de requérir contre eux une peine. Et l’objet du film est de montrer comment cet homme peine à assumer ses fonctions face à sa famille qui les réprouve et dans une société en ébullition sur le point d’exploser contre cet ordre étouffant.
Déjà réalisateur de plusieurs films ("Le diable n’existe pas", "Un homme intègre") qui jouaient avec les limites de ce que la censure iranienne était capable d’accepter, Mohammad Rasoulof a tourné ce film en les transgressant sciemment. Il filme des femmes femmes en cheveux. Plus grave : il entrecoupe son récit de videos diffusées sur les réseaux sociaux qui attestent des violences policières commises contre les manifestantes du mouvement « Femme, Vie, Liberté » Après avoir été emprisonné à plusieurs reprises, il quitte définitivement l’Iran à l’annonce d’une nouvelle condamnation à huit ans de prison en mai 2024 et s’exile en Allemagne.
Ce courage admirable est à lui seul digne d’éloges. Les réalisateurs qui ont accepté de risquer leur vie pour leur art sont suffisamment rares pour mériter notre respect. Cet engagement tient pour beaucoup dans ma critique élogieuse comme il explique sans doute en large partie le Prix spécial du jury qui lui a été décerné à Cannes. Mais il ne suffit pas. Un réalisateur courageux, aussi admirable soit-il n’est pas ipso facto un bon réalisateur.
Or "Les Graines…" est un grand film. Sa durée – 2h46 – peut intimider. Pourtant elle est supportable et surtout nécessaire au déroulement d’un récit qui, après un long huis clos dans l’appartement familial à Téhéran, prend le large pour une petite bourgade isolée à la campagne où le film dans son dernier quart prend des allures de thriller sinon de western.
"Les Graines…" est un grand film car l’histoire qu’il raconte est complexe et pleine de rebondissements, qui fait notamment intervenir une amie de Rezvan, éborgnée par la police, et où l’arme de service d’Iman mystérieusement disparue va jouer un rôle central. "Les Graines…" est un grand film parce que ses personnages ne sont pas monolithiques. Iman n’est pas seulement un bureaucrate, complice borné de la cruauté du régime. Najmeh n’est pas seulement une épouse aimante, aveuglément dévouée à son mari. Leurs deux filles ne se réduisent pas à la caricature d’une jeunesse remuante qui étouffe sous la chappe de plomb imposée par le régime. Comme chez Renoir, les personnages sont complexes et chacun a ses raisons.
"Les Graines..." est un film qui nous élève. Il faut aller le voir. Pour rendre hommage au peuple iranien opprimé, au courage de ses manifestantes et de ses réalisateurs qui défient la censure. Mais il faut aller le voir surtout pour une raison simple : "Les Graines…" est un…..
Film très intéressant, dur et triste à la fois. Iil nous plonge dans le drame de la population Iranienne et de cette famille en particulier. Quelques scènes sont poignantes et presque insupportables.