Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 21
Les Graines du figuier sauvage
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Pistache212
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4,0
Publiée le 2 octobre 2024
C'est long ! mais indispensable pour se plonger dans l'ambiance des émeutes iraniennes... C'est quasiment un huis clos de cette famille qui se déchire au sein de cette dictature où les femmes ont joué un si grand rôle de protestation ! Très intéressant !
Quand on sait dans quelles conditions Mohammad Rasoulof a réalisé son film et ce qu'il advint ensuite du cinéaste et de ses trois actrices, tous exilés aujourd'hui, on est encore plus admiratif face à ce chef d'œuvre qui démarre comme une peinture politique et sociale de l'Iran au moment de la mort de Mahsa Amini et vire au thriller familial. En plus d'être résolument féministe.
Sujet hyper important mais réalisation très ennuyeuse je me suis endormi au bout de 45 minutes … est-ce vraiment du cinéma, il suffit de s’informer pour savoir les conditions dramatiques dans ce pays. Décrire une telle situation mérite un vrai film ce n’est pas du cinéma.
Voici le film cou de poing de cette année 2024. Un film d'une intensité incroyable, on est dans un atmosphère oppressant tout au long de l'œuvre. On suit une famille iranienne avec ce système théocratique du pays qui rejaillit sur le père de cette famille quitte à le déshumaniser totalement et à produire les mêmes violences du système sur cette jeunesse . Chapeau au réalisateur Mohammad Rasoulof qui lance un cri courageux par le biais de ces femmes de ce film dont Sana la plus jeune fille pour résister. Film magistral et courageux à voir absolument.
Conflit de génération- Conflit de valeurs Condamné à 8 ans de prison début mai 2024 en Iran, le réalisateur iranien Mohammad Rassoulof a fui son pays. Lui qui avait déjà fait de la prison pour ses idées présenta son nouveau film à Cannes et reçu le Prix Spécial du Jury. Son film fait référence aux manifestations qui ont suivi la mort de Mahsa Amini, il y a 2 ans, le 16.09.2022 ; jeune femme tuée par la Police des mœurs iranienne pour un voile mal porté. Sur fond d’insurrection contre un régime autoritaire bridant sa population ; dans la rue les manifestations de masse « Femme vie liberté » sont réprimés avec violence ; Rossoulof choisit alors la voix de l’intime pour nous montrer de l’intérieur, en mode huis clos, les répercussions de cette violence institutionnelle sur une famille lambda. Cette famille est de classe moyenne supérieure avec deux filles, une étudiante et l’autre lycéenne, elles vont se sentir concernées par ce combat et le vivre dans leur chair. Le père, juste promus enquêteur, ne doit sa réussite qu’à lui-même, il vient d’une famille très modeste. Mais aussi au Régime sans lequel il n’aurait pas bénéficier de l’ascenseur social. Son ambition ne s’arrête pas là ; il aimerait gravir l’échelon suprême, devenir juge d’instruction. A sa prise de poste, l’homme est désabusé et conscient de l’absurdité du système et de ses injustices ; mais son ambition ne le pousse pas trop à la rébellion mais plutôt à s’y conformer. Un jour son arme de service disparait chez lui, il soupçonne ses filles et sa femme. Converti aux méthodes policières expéditives ; ne pouvant supporter que le mensonge s’immisce chez lui, sa seule sphère de confiance, il pourra aller jusqu’à user de moyens policiers auprès des siens. On assiste alors à la métamorphose d’un homme bon en complice d’un régime dictatorial. Eloquent aussi de voir comment un homme conscient de la violence d’un système théocratique absurde s’enferme dans le confort de son ignorance juste par satisfaction d’être en haut de la chaine alimentaire. En mêlant histoire de société et drame intime ; Rossoulof montre au combien la société iranienne est malade d’un système à bout de souffle étouffant sa propre population. La mécanique de déshumanisation est à l’œuvre jusque dans le huis clos des foyers ; la cellule familiale n’est que la reproduction à l’état microscopique de la société iranienne. Dans ces pays totalitaires avec une population jeune très majoritaire ; le réveil politique d’une jeunesse éduquée et éclairée doit être tué dans l’œuf. L’éducation et son haut niveau d’exigence doit servir le Régime et non l’émancipation intellectuelle. Ce film démarre comme un drame sur fond historique pour tourner dans son dernier tiers au thriller familial ; la paranoïa s’emparant d’un père de famille tenu par les exigences du Régime. Ce propos a une portée universelle, on ne peut s’empêcher de penser à tous ces Etats faisant passer les manifestations pour des actes révolutionnaires à mater dans la violence et à dénigrer dans des medias tenus par les dirigeants.
Le film dure malgré tout 2h45 ; et on comprend bien qu’il repose en permanence sur la parabole et la métaphore ; lorsque l’on a compris ce mécanisme, il peut se révéler long et parfois vain même si son final est poignant. De plus cette parabole est introduite dès les premières images et l’explication du titre ; on aura compris ce qui nous attend dans les 2h45 qui suivent. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Voilà un film qui marquera l'année. La situation des femmes en Iran est abordée au travers de l'actualité récente et de l'immersion dans un cercle familial avec la diversité des sentiments, des émotions, des convictions, et des ambitions de chacun. La finesse de l' analyse des conséquences pour les femmes de ce régime autoritaire nous renvoie à ce qui motive nos actions, et nos réactions. De plus le scnérario et la réalisation, brillants, nous tiennent en haleine jusqu'au au bout grace à une intrigue captivante.
Certes, on connait la situation politique en Iran, mais cela n'empêche pas qu'elle est remarquablement décrite dans ce film. On voit un certain nombre de manifestations et l'on imagine les risques pris par le réalisateur. C'est un film totalement intimiste : on voit la situation politique en Iran ( foulards brulés, manifestations en series, manifestants blessés) sans bouger du domicile des personnages principaux. Cerise sur le gateau, l'intrigue est remarquablement servie, le film est relativement long mais le suspens est permanent surtout dans la dernière partie et l'on entrevoit le drame qui va se produire.. C'est un bon film et meme un très bon film que l'on verra avec plaisir.
Scénario Iranien écrit en prison ; 4 ans pour le film "Le Diable n’existe pas" (Mohammad Rasoulof). Un documentaire, non ! Un vrai film politique, dramatique... Assassinat de Jina Mahsa Amini, "Femme, Vie, Liberté", le décor est planté. La Foi, La religion, l'endoctrinement et le patriarcat fera le reste. Filmé à la barbe [IoI] de la censure, on rentre dans l'intimité, jusqu'à la parano. Très beaux paysages, c'est palpitant... Bravo !
Ce très grand film repose d’abord sur deux idées. La première est celle de l’allégorie qui lui donne son titre, et qui éclate lors des deux dernières scènes, l’une qui clôt la fiction, l’autre qui est un témoignage du réel. La seconde est celle, justement, d’utiliser de vraies images des manifestations de protestation en Iran lors du mouvement « femmes, vie, liberté » et de leur répression. Avec ces images tournées par des jeunes Iraniens et Iraniennes sur leurs smartphones, Mohammad Rasoulof, non seulement nous informe, mais nous montre, de l’intérieur d’une famille, comment la population Iranienne (du moins une partie) avait accès par les réseaux sociaux à la connaissance des évènements édulcorés ou cachés par les médias officiels. La première dimension du film est évidemment politique, et la dénonciation de la corruption, de la cruauté, de l’intransigeance et des méthodes du système est implacable. Ce n’est pas sa seule qualité ; il est aussi une réflexion morale, sur la compromission et la conscience, dans sa première partie, puis un thriller domestique de haut vol (à la Asghar Farhadi) ensuite. La dimension plus « spectaculaire », dont une scène (la confrontation violente avec l’opposant au régime) est superflue, est moins réussie, mais s’explique par la nécessité de donner forme à l’allégorie et aussi, peut-être, par le souhait, pour des raisons d’efficacité politique, que le film touche le grand public. L’écriture cinématographique est de premier ordre, chaque image (à l’exception près ci-dessus) ayant sa raison d’être. En témoigne cette scène muette d’un gros plan sur une blessure pansée, dont on trouve qu’il est plutôt long et pesant, mais qui trouve sa justification par les deux brefs plans, toujours muets, qui lui succèdent. Par le fond et par la forme, ces « Graines du figuier sauvage » est un immense film, d’une puissance rare.
Mohammad Rasoulof est à mes yeux l’un des plus importants cinéastes Iraniens. J’étais resté sous le choc de son précédent opus, Le diable n’existe pas, qui abordait, sous toutes ses facettes, le recours à la peine de mort dans son pays. Il saisit cette fois à bras le corps l’actualité tragique de la répression de celles qui refusent le port du voile. Pour déjà , il mélange images réelles ( le combat pour la liberté des femmes et leur répression meurtrière) et la fiction. Décor quasiment unique dans toute la première partie : un appartement cossu de Téhéran où règne le silence et la méfiance. Le père toxique ( et perdu) y fait régner sa loi : à l’heure où la révolte s’exprime dehors, il imprime à sa femme et ses filles l’obligation de vivre cachées et de garder le secret sur son nouvel emploi. La mère, gardienne du temple de l’ordre patriarcal, veille au grain. Une première partie étouffante, murée, paranoïaque, jusque là on reste dans les codes d’un cinéma programmatique , hyper écrit et scénarisé. Au beau milieu, une scène sidérante, filmée en gros plan: l’épouse dévouée lave le visage et coupe les cheveux de l’homme. Moment de douceur inédit, où le père incarne une sorte de Christ au supplice, visage fermé et souffrant, fermé au monde comme il l’est à lui même, incapable de communiquer avec ses filles, un homme déjà mort, un somnambule dangereux…. La grande surprise du film réside dans sa seconde partie : la sortie tant souhaitée de ce huis clos, et l’on se prend à rêver à une réconciliation, un apaisement. Mais le scénario nous embarque dans une course poursuite puis un labyrinthe sauvage digne de Kubrick ( très belles références à Shining) C’est toute la force du cinéaste , ce retournement final, oppressant, étouffant et néanmoins porteur d’espoir C’est un film exigeant, qui prend son temps pour se dérouler, n’hésitez pas à vous laisser embarquer, il est inoubliable.
Le film surfe sur plusieurs registres, documentaire, huit clos, thriller, politique, ... et c'est une vraie réussite. Le réalisateur nous emmène là où ne s'y attend pas. A regarder bien éveillé et pas un vendredi soir à 21h après une semaine bien chargée ;-)
Le sujet qui est traité est d'une grande importance. Mais ce n'est pas suffisant pour faire un bon film. Je l'ai trouvé beaucoup trop long et beaucoup trop lent par moment. Et j'ai trouvé difficile de s'attacher aux personnages.