Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 23
Les Graines du figuier sauvage
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Juliette D.
12 abonnés
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2,5
Publiée le 28 septembre 2024
Trop long. Aurait pu être un bon film, mais ce vase clos devient oppressant et la fin m’a semblée grotesque. « There Is No Evil » était pour moi un chef-d’œuvre , magnifique musique, esthétique, nuancé… . La thématique est toujours intéressante, mais nous n’apprenons pas plus que ce que nous ne savons déjà sur la folie de ce régime.
La première partie du film est très réussie, ambiance lourde et angoissante, les acteurs sont formidables et l’on revit de manière intense les événements qui ont marqué l’Iran en 2023. Puis le film se mue en un huis clos familial qui tourne au ridicule. Y a-t-il des symboles qui m’ont échappé ? Si tel est le cas, ils sont lourds et cela devient franchement indigeste. Je ne comprends pas les critiques journalistiques, encore moins les palmes à Cannes. Les cinéastes iraniens nous ont habitué à beaucoup mieux
Excellent film, très instructif sur la vie à Téhéran à l'intérieur et à l'extérieur. De plus le film est construit sur une intrigue dont on attend le dénouement. La mère est un personnage magnifique, et on est en empathie avec les filles. A voir !
Le père, la mère et leur deux filles à Téhéran. Le père nommé juge sous le régime islamiste, tient à son grade et à une promotion qu’on lui fait miroiter.
En famille, les deux filles s’opposent au régime tandis que la mère ménage les deux camps. Tout bascule spoiler: quand le père ne retrouve plus son outil de travail [spoiler][/spoiler.
C’est là que commence une course-poursuite… Excellent film
Un film magnifique, féministe, sans pathos ni démonstration laborieuse. Nous sommes au cœur d'une famille aimante de la classe moyenne en Iran. Le père vient d'être promu « enquêteur » au sein d'un tribunal révolutionnaire, ce qui lui confère le pouvoir de vie ou de mort sur les « délinquant.e.s » dont il va avoir à s'occuper. Cette promotion ouvre pour lui et sa famille des perspectives d'améliorations sociales et surtout matérielles non négligeables. Sa femme est une libérale mais très soumises à son mari et qui adhère, apparemment sans état d'âme, à l'idéologie des mollhas. Ils ont deux filles de 16 et 21 ans dont on s'aperçoit très vite qu'elles sont en opposition avec ce monde mortifère. C'est le moment où démarre le mouvement « Femme, vie, liberté ». Au fur et à mesure que se déroule le récit, la brutalité de la répression font immersion dans l'appartement de la famille spoiler: par la jeune Sana, une amie de la fille aînée, grièvement blessée au visage au cours d'une manifestation, et, qu'avec la complicité de sa jeune sœur, elles vont exfiltrer de la rue.
A cet instant dramatique du film, une fêlure apparaît chez la mère spoiler: qui prodigue les premiers soins mais renvoie chez elle la jeune Sana. C'est la peur et le mensonge qui gouvernent la conduite des femmes de la famille jusqu'à ce que la fille aînée fasse voler en éclat cette carapace. A partir de le scène où, au cours du repas du soir, elle dit à son père tout ce qu'elle pense de la situation, le film bascule d'autant qu'un événement va bousculer l'équilibre de la famille. L'angoisse et la violence sous-jacente puis bien réelles vont occuper toute la suite du film. Le père, spoiler: dont la promotion n'aura pas pour simple conséquence d'obtenir un appartement plus grand et d'acquérir un lave vaisselle, se trouve jusqu'au sein de sa propre famille confronté en tant qu'acteur à toute la hideur, la violence de ce régime et dans lequel l'enferme son rôle. L'image de fin est une métaphore de la puissance des femmes et de la fragilité, au fond, sur lequel repose le système.
Fruit d'une détermination et d'un immense courage, le réalisateur Mohammad Rasoulof et toute son équipe accouchent d'un film miraculeux réalisé dans des conditions exceptionnelles. On suit une famille ou chaque membre représente un point de vue, une position vis à vis du système en place. Une charge politique d'une intensité maximale servie par une mise en scène maîtrisée et sublimée par certains plans d'une grande portée émotionnelle. Les actrices et acteurs sont au niveau du défi poposé, réussir un film grandiose.
Mohammad Rasoulof signe une œuvre fascinante avec Les graines du figuier sauvage, un thriller politique habilement construit qui marie tension narrative et réflexion profonde sur le pouvoir et la méfiance. À travers l'histoire d'Iman, un juge d'instruction dont la vie bascule au milieu des manifestations qui secouent Téhéran, le réalisateur livre une fresque captivante, sans tomber dans un didactisme lourd ou excessif. Le film s'impose comme une œuvre à la fois puissante et nuancée, montrant à quel point la réalité et la fiction peuvent se répondre pour mieux souligner les drames humains.
La mise en scène de Rasoulof, bien que maîtrisée, évite l'excès d'esthétisme et privilégie une approche réaliste. Les scènes de rue, filmées dans un style brut et parfois documentaire, immergent totalement le spectateur dans la réalité des événements. Le choix d'insérer des images réelles de manifestations donne au film une dimension authentique et saisissante. Le réalisateur parvient à garder un équilibre subtil entre la narration fictive et l'impact des séquences tirées de la réalité, créant une tension permanente et palpable.
Misagh Zare incarne Iman avec une intensité parfaitement maîtrisée. Son interprétation réussit à capturer la complexité d'un homme pris dans une spirale de paranoïa et de doute. De son côté, Soheila Golestani brille par sa prestation tout en retenue et en émotion, conférant à son personnage de Najmeh une profondeur émouvante. Leur duo fonctionne à merveille, ajoutant au film une dimension humaine et universelle.
Le film bénéficie d’un scénario intelligent et captivant, bien que parfois prévisible dans sa progression. La disparition mystérieuse de l'arme d'Iman sert de fil rouge et maintient le suspense, même si certains rebondissements peuvent sembler attendus. L’écriture est précise et efficace, sans pour autant offrir des moments de virtuosité inoubliables. Rasoulof privilégie une narration sobre et directe, ce qui sert parfaitement le propos du film, mais limite parfois son impact émotionnel.
Le message politique de Les graines du figuier sauvage est sans ambiguïté, mais il n’est jamais martelé de manière lourde. Rasoulof dénonce l’oppression et la peur qui gangrènent la société iranienne sans tomber dans une approche manichéenne. Il laisse le spectateur tirer ses propres conclusions, ce qui donne au film une dimension plus subtile et nuancée. C’est une œuvre qui pousse à la réflexion, sans jamais chercher à imposer un point de vue simpliste ou unilatéral.
Si le film parvient à maintenir une tension constante, certaines scènes auraient pu être resserrées pour éviter quelques longueurs. La durée de 168 minutes peut sembler excessive par moments, notamment dans certaines séquences introspectives qui ralentissent un peu l’intrigue principale. Néanmoins, ces passages contribuent aussi à renforcer la profondeur psychologique des personnages, ce qui compense en partie cette faiblesse.
Les graines du figuier sauvage est une œuvre importante et nécessaire, mais elle ne bouleverse pas fondamentalement les codes du thriller politique. Le film brille par sa sincérité, son réalisme et la force de son propos, mais il ne se hisse pas au sommet du genre en termes d’innovation cinématographique. Cependant, il reste une œuvre marquante qui mérite d’être vue et saluée pour son courage et sa qualité.
En conclusion, ce film est une réussite indéniable, porté par une réalisation solide, des performances d'acteurs remarquables et un message politique puissant. Malgré quelques faiblesses mineures, il s’impose comme un thriller captivant et une œuvre engagée qui laissera une empreinte durable dans l'esprit du spectateur. C'est un film qui suscite la réflexion et interpelle, sans jamais sombrer dans la facilité ou l'excès de dramatisation. Un film à voir, assurément, pour sa force narrative et sa pertinence.
Malgré des conditions extrêmement difficiles, tourné et réalisé sans autorisation, ce film est une claque et nous rappelle justement le drame qui se joue librement et honteusement en Iran. Un hommage à toutes ces femmes courageuses, violentées et claquemurées par le régime en place, une ode au slogan « Femme, Vie, Liberté ». La tension est palpable tout le long et on s’attends à chaque instant que tout dérape, sensation amplifiée par les images d’archives réelles qui jalonnent le film. On peut lui reprocher une fin quelque peu bâclée mais quand on connait les conditions de tournage, on préfère admirer la maitrise du réalisateur. J’en suis sortie bouleversée, ce fim mérite d’être vu par tous.
Un peu bancal mais le film le plus fort du moment.
Un peu bancal, une première partie magnifique, prenante qui montre la montée en puissance du mouvement "Femme, Vie, Liberté" et sa perception au sein d'une famille acquise au régime et socialement bien placée le chef de famille étant magistrat et bénéficiant de plus d'une promotion. Par contre les deux filles ne la famille sont nettement plus sensible aux manifestantes. La mère aimant son époux, ses filles et le statut social induit par le métiers de son époux doit jongler avec ces contradiction. Conflit de génération, conflit d'aspiration et là ce film est magnifique.
Le synopsis: "La paranoïa envahit Iman lorsque son arme de service disparait mystérieusement..." et on s'en moque, pour rester poli, de cette arme des conséquence un développement beaucoup trop long et le film perd de sa force de sa puissance quel dommage! Le film aurait put être plus court et conserver sa force et son message.
Un peu bancal mais le film le plus fort du moment.
C'est un film qu'il faut absolument voir. Indispensable, magnifique.....les qualificatifs me manquent et je pourrais les aligner sans fin. Il est d'abord politique et c'est peut être ce qui a fait peur au jury de Cannes je ne vois pas d'autre explication de son prix du jury indigne d'un tel chef d'œuvre, dommage! Mais pas seulement, c'est aussi et surtout un vrais film de cinéma et là tout les sentiments non sont offerts, la peur, là colère, le rire, l'indignation... incroyable !!!! la fin me fait penser à "Shinning" de Kubrick c'est dire
On pourrait lui reprocher d'être un peu trop long, de comporter quelques rares incohérences mais quelle puissance. Quelle violence aussi et enfin quelle beauté, jusqu'à la bande son. Des personnages parfaitement campés, magnifiquement interprétés, ce faux huis colle à une actualité assez terrible. Ça ne doit pas trop plaire aux mollahs.
Il a plusieurs lectures possibles du film et libre à chacun de voir ce qu'il a envie de voir.
Certain y verront une revendication politique avec l'espoir d'une nouvelle lecture de la société iranienne - avec en ligne de mire, le désir d'émancipation des femmes. D'autres y verront une intrigue cinématographique "hitchcokienne" sur fond d'un gentil thriller. Une belle réussite.