Les deux premiers tiers se déroule en ville, lors de manifestations, est centrée sur la famille, quand deux jeunes adulescentes s'interrogent alors que leur père est un des maillons de la dictature, tandis que la pauvre épouse et mère se retrouve au beau milieu, quand l'arme disparaît la crise familiale se fait plus forte tandis que le père se retrouve en porte-à-faux du côté professionnel. Cette partie prend les deux tiers film, et même si les insertions vidéos des réseaux sociaux est sans doute trop envahissantes, elle reste la partie la plus passionnante. Le plus intéressant reste le parallèle entre les deux jeunes femmes qui s'interrogent sur leur situation de "femmes" dans une société en mutation, la mère qui tente de garder sa famille souder, puis le père en quasi burn out et qui semble perdre pied. Le suspense paraît pourtant un peu vain. Par contre quand on arrive dans le dernier tiers, quand la famille fuit en province le film vire clairement dans un thriller en quasi survival intra-familial dont on ne comprend franchement plus rien. Le suspense disparaît avec un twist surprenant mais franchement aussi incompréhensible que ridicule... SPOILERS visitez site pour en savoir plus !... Avec cette dernière partie on a la très désagréable sensation que cette dernière partie était prévu pour un autre film. Grande déception... Site : Selenie.fr
Très beau film qui nous tient aux tripes dès le début, on ne voit pas le temps passer tellement on a peur pour eux... Ce n'est malheureusement pas une fiction mais bien la réalité de ce qui se passe en Iran et cela fait froid dans le dos... A voir!
Cette marée de critiques dithyrambiques me ferait presque douter de mon ressenti et de son analyse. Je suis sortie de la salle à la limite de l’étouffement avec la sensation d’avoir été prise en otage pendant presque trois interminables heures. Le film est long, bavard, la mise en scène appuyée, les scènes elles-mêmes redondantes. L’auteur semble craindre que l’on ne comprenne pas son propos. Oui cette famille est enfermée ! Jusqu’à la dernière partie, l’histoire se déroule à l’intérieur avec dans chaque scène, ou presque, la fenêtre au travers de laquelle le spectateur ne voit rien, ou seulement une image cadrée et tronquée de la réalité. Les personnages entrent ou sortent de l’appartement et l’extérieur reste occulté. Les évènements ne sont montrés que dans des vidéos issues des réseaux sociaux, ce choix est systématique. Trop systématique. Pour dire que les filles ne vivent la réalité que par procuration ? Oui la mère est au service de son mari (et de ce fait du régime) ! Combien de fois la voit-on réconforter docilement le chef de famille ? Combien de fois la voit-on nettoyer, récurer, effacer, frénétiquement. Et pourtant, le retournement de sa prise de position dans la dernière partie reste incohérent. Toute la construction du film se voit, elle empêche l’émotion et l’empathie du spectateur. Les seuls moments où le récit, perclus de lourdeurs, s’allège, sont les scènes où les filles clament leur désir de briser le carcan. Quant au dernier volet il jette le spectateur dans la confusion, le faisant douter d’assister toujours au même film que celui qu’on lui a montré jusque-là. Le contexte politique n’était donc que le prétexte de cette histoire ? S’est-on trompé de genre ? Que voulait raconter l’auteur en fin de compte ? s’agit-il d’une allégorie ? Quoi qu’il en soit, un montage « chirurgical » aurait tout clarifié : le propos, les moyens et les personnages.
Un remarquable scénario pour ce film profond, qui mêle habilement sentiments personnels et contexte socio-politique. Au travers d'une famille qui s'aime, on est peu à peu embarqué dans un climat étouffant. C'est dense, passionnant de bout en bout, je n'ai pas vu le temps passer. Comment faire une fin à un tel sujet ? Virant au thriller teinté de psychose, Rasoulof s'en sort fort bien et ouvre une mince fenêtre d'espoir en laissant la fille cadette prendre la main. Bravo aux acteurs qui, au-delà de leur jeu magnifique, ont dû faire preuve d'un très grand courage.
Un très beau film avec de formidables actrices. Quel courage d'avoir réalisé un film comme cela en Iran et en pleine répression. Cependant, quelques longueurs.
Pendant le début du film, je me demandais où on allait. Puis j'ai compris qu'on m'installait un contexte, qu'on me préparait à véritablement apprécier ce qui allait suivre. Un film brillant : par la thématique qu'il porte (femme, vie, liberté), par l'interprétation magistrale de tous les acteurs, par la complexité des personnages, par la photo qui est si belle... (SPOILER) J'ai été fascinée par la subtilité avec laquelle la déviance du père est racontée. Bref, c'est un film à voir
Un suspens tendu du début à la fin (aucune baisse de rythme malgré la durée du film mais un crescendo), une réalisation entièrement au service de l'histoire, des acteurices formidables, une belle image, un propos politique, des personnages forts... N'en jetez plus !
Mention spéciale pour un personnage (je reste flou volontairement) incarné à l'écran par qq1 ayant un visage très doux, que l'on va voir évoluer -- se transformer ou se révéler ? -- au fur et à mesure...
je suis très déçue. je vais arrêter d’aller voir les films primés à Cannes. je ne comprends pas comment ce film a eu un des plus grands prix celui du jury. il est très long. il aurait pu être coupé de la moitié au montage. la 1ere partie est copiée collée avec led vidéos de la révolution des foulards. donc pas de travail cinématographique. la 2eme partie traîne traîne traîne pour connaître le fin mot de l’histoire
Un film très puissant et très ambitieux, et aussi très surprenant pour un film iranien, car celui-ci se permet d’aborder les questions d’actualité en facial. On est loin des fables philosophiques ou des allégories habituelles avec métaphore. Ici le récit est très réaliste, en nous confrontant à différentes classes de la société iranienne, mais surtout à différentes générations. Le père est un juge d’instruction, membre du régime, en pleine ascension, appliquant la politique très dure du régime. Sa femme le soutient mais elle comprend aussi la modernité de leurs deux filles adolescentes, très proches de la mouvance réformiste. Le film est monté en trois parties. La 1ere est assez réaliste, la description des modes de vie respectifs, les aspirations de la jeunesse, les confrontations générationnelles, le rapport strict du père à l’ordre. Très bon et souvent captivant. Avec l’insertion de séquences vidéo, ou d’actualités montrant l’oppression et la répression du mouvement « femme & liberté », souvent très dures. Le film bascule ensuite dans un climat Kafkaïen, tout le monde est à la recherche d’un objet perdu qui prend une vraie symbolique, complétement obsessionnel. C’est d’abord la « Métamorphose » des 3 personnages qui changent de comportement, puis « le Procès » avec le passage des trois femmes devant un policier /psychologue chargé de démasquer la coupable du larcin, par la torture psychologique. C’est la meilleure séquence, très réussie, envoutante, oppressante, il y a aussi du « Orwell » avec ce Big Brother islamiste, qui contrôle et surveille tout. La 3eme partie bascule dans une fuite policière qui devient vite un film d’horreur, plus très crédible. C’est dommage, on comprend bien sûr l’allégorie, l’affrontement homme- femme, la « folie » réelle du régime, illustrée par cette ville fantôme en maisons en terre cuite. Mais c’est long, la poursuite finale aux confins de l’épouvante pourrait être raccourcie de 20 mn. On a compris le message qui comporte moins de finesse et de subtilité. En même temps il faut reconnaitre la performance que de réaliser un film avec 3 styles complètement différent. C’est très ambitieux et prouve que Rasoulof est un grand réalisateur avec lequel il faudra compter , et qui deviendra sûrement un réalisateur majeur en occident , comme le fut à son moment Asghar Farhadi, transfuge de grand talent.
"Les graines du figuier sauvage" est un film iranien qui évoque à travers une famille le vent du changement qui souffle sur le pays depuis ces dernières années. Le film, qui dure près de 3 heures, est prenant du début à la fin. Entrecoupé de scènes réelles tournées via les smartphones par la population peut se diviser en 3 parties. La première partie, huis clos familial, microcosme de la situation du pays est prenante et étouffante. Dans la deuxième partie, le film bascule dans le suspense avec la disparition de l'arme du père. Le film gagne alors en intensité dramatique. Pour la dernière partie, on quitte Téhéran pour la campagne iranienne. le film n'y gagne pas en air frais, bien au contraire, le final du film est particulièrement éprouvante. Ecriture subtile, mise n scène implacable, interprétation solide, le film avait tout pour gagner la Palme d'Or. Le prix du jury obtenu paraît bien pâle vu la qualité du film et le courage de son cinéaste, victime lui-même de la censure de son pays.
Voici le nouveau film iranien de Mohammad Rasoulof, dont j'avais adoré la précédente réalisation Le diable n’existe pas, un film composé de quatre épisodes indépendants, qui dénonçait la peine de mort appliquée aveuglément dans son pays.
Les graines du figuier sauvage s'inscrit dans la continuité de ce dernier. On y suit Iman, un père de famille, qui vient d’être promu au prestigieux poste de juge d’instruction au tribunal révolutionnaire, contraint de signer en série des condamnations à mort injustes. Mais si son poste assure une sécurité financière à sa famille, il la met aussi en péril.
Le réalisateur a l’intelligence de situer son intrigue lors de l’émergence du mouvement révolutionnaire « Femme, Vie, Liberté », déclenché après la mort de Mahsa Amini, une jeune femme décédée à la suite de violences policières après avoir été arrêtée pour « port de vêtements inappropriés ».
Mohammad Rasoulof plante ainsi la graine de son titre, avec une métaphore entre la révolution qui gronde à l’extérieur et celle qui prend racine dans le cercle familial. On assiste à un huis clos familial où les deux filles du juge, cloîtrées dans l’appartement, découvrent, grâce aux réseaux sociaux, l'horreur qui se déroule dans les rues. Ce monde extérieur est représenté par des vidéos d'archives glaçantes des manifestations et des violences policières.
Tout au long du film, l’intrigue se renouvelle et glisse doucement du drame familial vers un thriller implacable. Même si Mohammad Rasoulof vise avant tout à dénoncer la dictature de son pays, il n’oublie jamais de faire du cinéma. Sa mise en scène est exemplaire, avec des cadres millimétrés instaurant une véritable tension, comme lors d’un plan-séquence magistral ou d’une séquence d’interrogatoire glaçante. On retiendra aussi cette scène à la fois insoutenable et poétique, symbole d’une jeunesse violentée, qui restera probablement l’un des plus beaux plans de l’année. La puissance qui se dégage du film est saisissante, avec une tension dramatique qui capte l’attention du spectateur pendant trois heures sans jamais faiblir.
Mohammad Rasoulof nous livre un film magistral, d’une grande densité, et surtout un vibrant hommage à cette jeunesse qui s'est soulevée contre un régime théocratique et machiste. Il est d'ailleurs surprenant qu'il ne soit reparti du Festival de Cannes qu'avec un prix « spécial » du jury, mais Les graines du figuier sauvage restera pour moi l'un des plus grands films de 2024.
A voir sans hésiter, "Les graines du figuier sauvage" de Mohammad Rasoulof, maintenant en salles. Je l'ai vu dimanche. Un film incroyable avec de merveilleux acteurs/ actrices, mêlant des scènes réelles à la fiction. Très très fort!
Bien que le film commence un peu comme "L'histoire officielle" et finisse pas loin de "Shining", il est puissant, délicat, avec quatre personnages très bien écris, à commencer par la mère. Un style cinématographique classique, bien filmé, et un scénario très écrit. On est très loin de Kiarostami et au-dessus des autres réalisateurs iraniens.
Métaphore du régime iranien, la famille dans laquelle se joue l’histoire est digne d’une tragédie. Le scénario est magistral ainsi que l’interprétation et la photographie. La réalisation est superbe et parvient à nous faire vivre ce qui se passe sur l’écran. Entre thriller, drame familial et film politique, Une œuvre puissante, implacable et terrifiante sur le pouvoir des dictatures notamment religieuses qui s’immiscent jusqu’au cœur du privé et de l’intime. Un hommage au courage des femmes, victimes premières du régime des mollahs. À voir absolument.
un film dur sur la révolte iranienne récente. on alterne le film et fes séquences de rue sur les réseaux. la famille avec le père partie prenante du régime et les filles proches de la révolte subit bien des difficultés. c'est un super film mais beaucoup trop long. dommage