Dans « Les graines du figuier sauvage », Mohammad Rasoulof manie à merveille les métaphores et dénonce avec force et talent les absurdités d’un pouvoir sanguinaire zélé.
D’une puissance inouïe, la scène du feu rouge en est le parfait exemple. Deux mondes s’y observent : d’un côté, un pouvoir tyrannique en fin de règne, terrorisé, ne trouvant d’autre moyen que de massacrer sa jeunesse pour maintenir sa main de fer sur le pays ; et de l’autre, une jeunesse déterminée, courageuse et assoiffée de liberté, s’affranchissant des codes religieux aux risques de leurs vies, et cela sur l’hymne de la révolution FVL « Baraye » de Shervin Hajippour. Cette scène, courte et intense, résume à elle seule cette œuvre.
Plus que profondément politique, c’est un grand film de cinéma par sa mise en scène, son esthétisme et les messages intelligemment portés à l’écran.
Bouleversant, magnifiquement réalisé et interprété. Chaque personnage a beaucoup de profondeur. Le père partagé entre son obéissance aveugle à la "loi divine", son désir d"avancer dans sa carrière et son amour pour sa famille. La mère à la fois soumise au père et compréhensive du désir de liberté de ses filles. L'aînée à la fois révoltée et "sage", et la plus jeune pas aussi ingénue qu'en apparence... Les images réelles insérées dans le film sont terribles et s'intègrent parfaitement au scénario. Soutien absolu au peuple iranien et aux souffrances qu'ils endurent (en particulier les femmes). Ce film mérite mieux qu'un prix spécial du jury au Festival de Cannes.
Ce film se compose en deux parties : la première, intéressante où on plonge dans le milieu de bourgeoisie moyenne en Iran. C'est la confrontation habituelle entre parents/ados. Sauf qu'ici on est plongé dans les émeutes à Téhéran de 2022, où les femmes refusent le port du voile. Les ados partagent beaucoup de vidéos sur les brutalités policières en Iran. La 2e partie, part en sucette car le Juge-instructeur perd son arme de service et cela ouvre un maelstrom de réactions interfamilialles..On se perd en conjectures..car on ne voit pas où le réalisateur veut en venir..
En 2024, le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof signe un drame qui s’inscrit dans le contexte historique des manifestations étudiantes à Téhéran contre le régime totalitaire en place. Fraîchement nommé enquêteur au tribunal révolutionnaire, un homme voit d’un mauvais œil la sympathie qu’éprouvent ses deux filles pour ce mouvement populaire. Dans ce huis clos familial, on peut clairement distinguer deux parties. La première reste captivante avec cette opposition générationnelle contribuant à une vive critique du système politique en vigueur. La complicité du père envers cet Etat répressif, dépourvu de justice et habité par un patriarcat austère, s’oppose à l’esprit frondeur et libérateur de ses filles. Malheureusement, la seconde partie s’engage sur la voie d’un thriller mal maîtrisé qui finit par décevoir. Bref, à travers cette fracture familiale, c’est une analyse fine de la société iranienne en pleine mutation que nous offre le cinéaste.
Histoire terrible.. on dirait (parce que je n'ai jamais vécue en Iran) qu'il est saisissant de vérité ! Le salut viendra t il des femmes iraniennes ..?
Le film de l'année 2024, exceptionnel à tous points de vues. C'est bien réalisé. La tension psychologique va crescendo. On note une remarquable interprétation, notamment des rôles feminins au service d'un d'humanisme bouleversant. Les scènes empruntées à l'actualité accentuent le réalisme. Un remarquable film engagé contre le totalitarisme.
Bonjour, je ne dirai pas grand-chose sur ce film, il est puissant, dérangeant, malaisant, il est difficile pour des Occidentaux de comprendre comment on peut vivre toute une vie dans ces conditions. Le lavage de cerveau dès le plus jeune âge fait partie de la méthode de domination. Ce film appelle à la révolte, au soutien à la jeunesse qui elle seule peut changer la face de ce pays. Les anciens, parents ou grands parents sont bien trop imprégnés par cette machination qui les a broyés. Par le courage de ce réalisateur et quelques autres, une image est montrée au monde. Certes le monde occidental comporte lui aussi ses défauts, ses manipulations inconscientes, et personne ne peut prétendre que les Européens ou les Américains n'usent pas eux aussi de pression et de lavage de cerveau par le capitalisme et le consumérisme. Mais dans le cas de l'Iran, la barre semble bien plus haute. Ce peuple vit avec la peur au ventre du matin au soir, 365 jours par an. Comment ne pas être révolté par ces pays qui déshumanisent leur propre peuple pour mieux le diriger. Vive la jeunesse et bravo pour votre courageux combat. Renversez ces tyrans, c'est tout ce que je peux vous souhaiter !!! Un film à voir !!!
Rasoulof n'a besoin que d'un appartement, un couloir et trois voitures pour tisser un immense film politique. Toile d'araignée domestique où l'abnégation des mères et la famille sacrée cachent l'insidieux. La révolte des filles les crimes des pères. Les odieux crimes silencieux des gens biens. Un film d'un courage essentiel.
Un film courageux et audacieux porté par un vent de révolution face à un régime totalitaire (ici l'Iran mais aussi ailleurs hélas !) où les libertés fondamentales sont toujours bafouées.. Un mélange de genres, qui en deuxième partie utilise la métaphore pour encore mieux stigmatiser l'oppresseur.
Un monde de fous. Voilà ce que le film décrit Une théocratie infernale et complètement perdue et détraquée. Le combat des femmes pour exister. En réalité les hommes ne sont pas mauvais mais ils sont emportés et broyés par le système. Que les interprètes sont merveilleux.
Fallait il un film de 2h40 pour raconter cette histoire ? J'en doute. Le contexte particulier du tournage est en toile de fond mais jamais abordé directement. Dommage
Ce film a semble-t-il été tourné en Iran, malgré les difficultés, mais dans des conditions telles qu'on ne voit ni l'Iran ni les Iraniens. Le réalisateur Rasoulov est sans doute courageux, ce courage lui a valu la prison. Il n'en reste pas moins que son film semble marqué par un certain occidentalo-centrisme. Lequel lui a valu des lauriers à Cannes. La cause des femmes iraniennes est très à la mode, alors qu'on parle peu par exemple des femmes d'Arabie saoudite et de la dictature qui règne dans ce pays, bien pire que celle des ayatollahs. L'Iran est en effet aujourd'hui l'un des grands Satan de l'Occident, alors que l'Arabie saoudite est un des des meilleurs clients de ses fabricants d'armes. Si on laisse de côté cet aspect politique, Les graines du... reste un film très moyen. Nombre de films iraniens traitent de façon beaucoup plus subtile des contradictions de ce pays et de la psychologie de ses habitants. Celui-ci comporte néanmoins quelques aspects intéressants comme l'interrogatoire qui évoque les interrogatoires staliniens et ceux de l'inquisition, mais aurait mérité d'être développé. Quant à la chute, elle est téléphoné et lourdement symbolique. Ceux qui s'attendraient à découvrir l'Iran seront sans doute déçus.
Une première partie reussie, très interessante, basée essentiellement sur le récent soulèvement de la jeunesse iranienne contre le port obligatoire du voile et qui montre bien l’horreur du régime des mollahs. On se dit alors que pour une fois, les critiques si unanimement élogieuses sont pleinement justifiées. Et puis malheureusement, arrive la deuxième partie (a partir de la perte de l’arme), et on a l’impression soudainement que ce n’est plus du tout le même film. Le recit s’égare alors dans une histoire abracadabrante et peu crédible, et on commence a s’ennuyer ferme. La fin est proprement interminable… Au bout du compte, une nouvelle fois, une grosse déception, avec cette deuxième partie et cette fin ratée, qui font oublier la bonne entame du film.