Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 7
Les Graines du figuier sauvage
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Enki Dou
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4,5
Publiée le 29 janvier 2025
Un film beau et fort, qu'il faut voir si on a envie de mieux comprendre le monde qui nous entoure, et comment vivent les gens dans une société théocratique autoritaire. La force du film vient du fait qu'il n'est pas un manifeste politique, pas un pamphlet, mais qu'il montre, avec de la bienveillance pour ses personnages mais sans faux-fuyants, la vie réelle des gens vue de l'intérieur d'une famille. Famille aimante et néanmoins déchirée de l'intérieur, reflet bien sûr de la société iranienne, un père qui croit sincèrement agir pour le bien commun et celui de sa famille, et qui se trouve pris dans un engrenage qui le submerge, des enfants révoltés, une mère (actrice magnifique) qui se tient debout au milieu ... Au fond, le film interroge sur les racines du mal, et ne donne pas de réponse, ce serait trop facile. Je lui ferai un seul reproche : j'ai été un peu gêné par le fait qu'il y a un peu deux films successifs dans le même film, dans deux tonalités très différentes - même si tout le film reste centré sur la famille -, et par le caractère excessivement échevelé et excessivement métaphorique de la dernière partie - même si on admire sa beauté formelle.
Vu hier 26 janvier dans le cadre du cinéma/ Télérama. Surprise ; la Salle est pleine . Un véritable choc , film très explicite sur la réalité de l'iran. Film subtil , trois actrices remarquables. L'histoire progresse lentement , l'ambiance est parfois lourde et il y a quelques scènes dures , pour atteindre apres 3 heures intenses la scène finale de ce film magnifique.
Un film choc d’une justesse impressionnante, qui dépeint remarquablement les dérives du totalitarisme, de la religion et du patriarcat. Ainsi que le courage des femmes, à soutenir partout où elles sont opprimées.
Mohammad Rasoulof crée une loupe sur une famille iranienne de classe moyenne, privilégiée, plutôt conservatrice. Nous sommes plongés dans la famille d’Iman, père de famille respectueux de l’ordre et de la tradition, mais sans aucune violence apparente. Sa femme, Najmeh, est mère au foyer et apprécie sa position. Elle prend soin de sa famille, de la maison, tout en voyant ses deux filles adolescentes, Rezvan et Sana, s’affirmer de plus en plus dans ce cocon docile. Mais les révolutions étudiantes d’un régime ostracisant la liberté individuelle creusent le fossé au sein du foyer.
Le cinéaste nous montre donc le lent soulèvement de la pensée individuelle contre le tyrannisme latent, silencieux, insidieux. À travers les yeux de Sana et Rezvan, il rend compte de l’écart entre la jeunesse sur-éveillée au monde et la génération de leur parent, informés à l’entonnoir médiatique. Comment maintenir le lien quand tout un système nous sépare ?
Le film plonge petit à petit dans le thriller quand la paranoïa d’Iman ronge tout son être. Il ne veut pas de la révolution dans sa propre maison. Sous la forme d’un huit clos oppressant, la tension monte, les langues se délient, les visages s’ouvrent. Et les pensées, aussi. À voir absolument.
Après tant d’éloges sur ce film, j’ai été assez déçue. La première partie avec la vie sous la contrainte du pouvoir en Iran et les rebellions de la jeunesse est interessante, mais la deuxième partie qui tourne autour de ce drame familial et le dérapage du père ne m’a pas vraiment plue et m’a parue longue.
"Les graines du figuier sauvage" nous appelle à témoigner. Nous scrutons d’abord les moindres faits et gestes d'un père à qui nous laissons dans un premier temps le bénéfice du doute. Une mère de famille tentant de trouver un équilibre entre deux mondes. Leurs filles ne cachant plus leur soif de liberté, se battant pour briser les chaînes avec courage et ténacité. La fiction s'entrechoque alors à la réalité, notre cœur bas pour cette jeunesse descendue dans la rue pour crier sa colère, et défendre son droit à la vie. Mais, Mohammad Rasoulof nous remet soudain sur les rails et nous emmène loin des tumultes, où le silence veut à son tour imposer sa propre loi. Une intrigue corsée. Une distribution qui mérite d'être saluée. Un film bouleversant !
Le courage de l'ensemble de l'équipe du film au complet est une leçon de vie. Nous n'avons pas le droit de nous plaindre de nos conditions de liberté dans un pays tel que la France.
Film très émouvant sur le basculement d’un père dans une paranoïa familiale à l’égard de sa femme et ses 2 filles. Comment la dictature politique rejaillit sur les relations intra familiales
Film iranien qui condamne frontalement le pouvoir en place. Pour cela, le film mérite au moins d'exister tant son courage et son audace merite le respect. De plus le scénario est extrêmement bien écrit faisant la par belle à la métaphore ou au symbolisme des actes ou des pensées. Extrêmement bien interprétées l'œuvre défend un féminisme ou la caméra est au plus près de ses femmes partagées entre la peur, le respect des traditions et la rebellion. Certaines scènes magnifiques touchent la grâce. Seul hic pourtant c'est sa lenteur et sa durée (3h tout de meme) qui n'évite pas quelques fois un manque de rythme certains.
Bonjour tout le monde, Mohammad Rasoulof signe un grand film sur les dégâts de toute dictature , ici en théocratie iranienne , au sein d' une famille. Une mise en scène impressionnante et fort pertinente ! Cordialement. Gérard Michel
Un très bon film, la jeunesse, l’adolescence, les conflits avec les parents, surtout le père qui est enquêteur , du côté du gouvernement des mollahs, la révolution des jeunes…
Hormis quelques petits problèmes de rythme et de développement, c’est une œuvre assez géniale et très complète. Les thématiques sont naturellement intéressantes mais c’est aussi un film visuellement magnifique, avec une photographie de dingue et de nombreux plans très bien composés. J’y ai aussi trouvé des personnages très attachants et un climax incroyable à la « The Shining ». Un grand moment.
Ce film peut se définir en 2 parties, la première qui traite au conflit au sein de cette famille. Remarquable analyse où le père est victime de son rôle, policier au service d'un système coercition, ses filles qui le combattent avec détermination et sa femme qui tente de sauver les meubles. La seconde partie traitée un peu comme un policier, à mon avis moins convaincante. Il en reste malgré tout un excellent film.
"Les Graines du figuier sauvage" nous plonge au cœur des tensions contemporaines de l’Iran avec une intensité poignante. Le film suit un père, récemment nommé juge d’instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran, tiraillé entre son devoir envers un régime qu’il sert et ses convictions personnelles de plus en plus fragilisées. Cet homme, pris dans un engrenage moral étouffant, tente de concilier son rôle de fonctionnaire d’État et son humanité, tandis que sa femme et ses deux filles vivent la révolte du voile à leur manière, chacune empruntant un chemin unique dans cette quête de liberté. L’histoire est autant celle d’une famille fracturée par des visions divergentes que celle d’un pays en pleine ébullition. La révolte des femmes contre le port obligatoire du voile est mise en lumière de manière vibrante, avec des personnages féminins d’une force remarquable. La douleur silencieuse du père contraste avec la détermination farouche de ses filles, créant un drame familial empreint de tensions et de non-dits. Les choix de chacun deviennent des actes politiques, faisant résonner la lutte collective dans l’intimité du foyer. Ce réalisme brut est renforcé par l’intégration de nombreuses images réelles, capturées par des téléphones portables, montrant des manifestations, des violences policières et des arrestations. Ces séquences, insérées avec habileté, donnent au film une immédiateté bouleversante, ancrant la fiction dans une réalité tangible et percutante. Rasoulof parvient ainsi à mêler le cinéma et le témoignage direct, transformant son œuvre en un acte militant.