Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 9
Les Graines du figuier sauvage
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Mickkado
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4,5
Publiée le 30 décembre 2024
Critique glaçante de l’islamisme et du totalitarisme à l’échelle d’une famille, dont le paternel perd pied façon Shining. D’une tension constante, le film célèbre le courage des femmes Iraniennes qui refusent de se taire au péril de leur vie, à l’image de son réalisateur en exil. Un film choc et haletant. Femme, Vie, Liberté.
Chef-d'œuvre absolu, beauté des visages, le trio mère-filles est formidable... Il y a beaucoup d'amour dans cette famille... Le père est un personnage très intéressant, amoureux de sa femme, aimant ses filles, fidèle au régime et pourtant tyrannisé par sa conscience. Techniquement parlant, les images sont magnifiques...
Les graines du figuier sauvage raconte l’histoire d’une famille Iranienne qui se déconstruit peu à peu à l’image du régime politique. Le film est d’une justesse folle que ce soit dans ces images, parfois brutale ou parfois avec un sens de la composition incroyable, mais aussi par l’histoire, prenante et reflet de la triste réalité du pays. Un grand respect aux acteurs et au réal pour leur courage, eux qui ont dû quitter le pays afin de présenter le film. Les graines du figuier sauvage permet de comprendre l’emprise du système sur sa population et les horreurs dont il est capable. La dernière demi-heure est un peu moins intéressante que le reste mais j’encourage qui que ce soit à voir ce film.
Mon film de l'année, une perfection de réalisation et d'interprétation. Thriller familial, remise en cause des liens face à l'injustice.... un grand drame tendu jusqu'au bout et sans longueur.
tout est réussi dans ce film très long, le jeu des acteurs, la représentation de la société iranienne, le scénario. trop sensible s abstenir, c était beaucoup trop dur pour moi.
L’un des plus beaux films de la rentrée, une réflexion glaçante sur la société iranienne. Un juge d’instruction se plie tant bien que mal aux règles répressives édictées par l’ordre établi des mollahs. Il s’oppose à ses filles qui, bien qu’issues de la bourgeoisie iranienne, prennent fait et cause pour la révolte qui secoue le pays suite à la mort de Mahsa Amini, jeune fille kurde arrêtée et assassinée par la police des moeurs pour « port de vêtements inappropriés ». Le film montre l’impossibilité pour le père de garder sa probité en choisissant de servir ce régime dictatorial. La mise en scène évolue dans un crescendo implacable jusqu’à la conclusion finale, tenant à la fois de l’étude de mœurs, du pamphlet politique et du thriller. Ce film a été tourné dans la clandestinité par Mohammad Rasoulof, comme pour son précédent film tout aussi remarquable, Le diable n’existe pas. A voir absolument.
film très réaliste mêlant drame et éléments réels. Le drame qui se joue dans la société entre dans la famille. L'intrigue est puissante et le drame nous tient en haleine.
Remarquable film sur un sujet plus que sensible en Iran? C'est très courageux d'avoir osé le tourner là-bas. Des actrices et le réalisateur ont du quitter leur pays clandestinement pour éviter la répression. Bravo !
Le début promet une critique intéressante de la société iranienne bourgeoise, attachée au statut social à en perdre son âme. Mais tout l'édifice s'effondre en 2è partie, qui vire en thriller pour ados avec une poursuite à la Tom & Jerry et une fin ridicule et incohérente avec l'excellente 1ere partie. Pourquoi ce sabotage ? Pour rendre le pamphlet "cannonisable"?...
Le film a été réalisé clandestinement et avec fort peu de moyens. Il faut saluer la performance artistique, pour la qualité du film, et politique, pour l'engagement et le courage qu'il représente. Chapeau bas ! J'ai cependant une légère réserve : je ne comprends pas -assez bien- le fonctionnement de cette famille. Les trois sœurs sont bien, chacune en fonction de son âge, rebelles à l'ordre politique et méfiantes vis-à-vis de l'autorité de leurs parents. La mère ne semble pas avoir une réelle autorité maternelle mais détient bien, par délégation, l'autorité paternelle en absence du pater familias (ce qui n'éclaire pas complètement sur la question répétée hystériquement1 "qui ment ?"). Mais le père dans tout ça ? On le voit bien courber douloureusement l'échine devant ses supérieurs pour, comme représentant du pouvoir judiciaire, exécuter les ordres du l'exécutif. Il est donc conscient de ce qui se passe, des enjeux et des clivages dans la société, à l’extérieur de son domaine familial. S'il accepte de faire, contre son gré ce qu'on lui demande, c'est explicitement pour des raisons de statut social et de confort familial. Au sein de sa famille, il impose bien des précautions pour que ses filles se tiennent à l'écart des mouvements de foule, mais il lui semble exclu, impensable, qu'elles puissent être atteintes-contaminées par les mouvements d'idées... Ceci s'explique peut-être par la distance qu'un père iranien maintient avec ses filles, qui l'empêcherait d'imaginer ce quelles ressentent ???
Autre bémol, mais de pure forme : la fin du film, la phase d'actions -enfermement, poursuites etc.- m'a paru un peu trop longue...
Je suis sans doute un peu trop sévère, mais la qualité des films iraniens récents me rend plus exigeant. Et puis, si le courage d'un cinéaste doit être salué, ce serait lui faire injure de ne pas essayer de juger son œuvre de façon objective.
Une dénonciation assez réussie de l’oppression des femmes sous le régime iranien doublé d’un huit clos familial oppressant qui monte crescendo jusqu’au dénouement final.
Excellent ! Aurait mérité la palme. L’image, l’interprétation, le thème général et surtout la fin : c’est plus une critique du patriarcat que du gouvernement iranien. Le protagoniste ultra religieux se pose des questions éthique et même doute concernant son travail mais réagit en pure machiste qui possède femme et filles. Il les éloigne de la civilisation pour établir SA loi.
Le contraire de Gladiator II. Même s’il paraît saugrenu de comparer les deux : mais ce sont deux exemples de ce que peut produire le cinéma, à peu près à la même période. Deux films longs, mais ces 2h40 – là ne m’ont pas pesé : cette observation fine de la société iranienne, dans son délire oppresseur, légitimé (comme dans toutes les sociétés !) par le respect des « valeurs morales » (et religieuses) et de la loi, donne à chaque instant à voir et à penser. Les violences policières sont montrées, sans insistance complaisante, à travers des captations réelles sur des smartphones. La répression qui accable l’Iran depuis la « Révolution islamique » (et succède à celle du Schah) est démontée, illustrée, à travers l’exemple concret, allégorique, d’une famille : là se rejouent les antagonismes sociétaux, entre le soutien au Régime, aveugle et borné (mais pas désintéressé), et les révoltes, plus existentielles que politiques, de la jeune génération. La grâce due ce beau film, c’est de nous proposer tout cela sans le poids d’un discours théorique : on voit des gens, juste vivre, ou tenter de le faire. Des gens terriblement comme nous, dans un ailleurs terriblement plus absurde et atterrant.