Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 9
Les Graines du figuier sauvage
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Xavier BLANCHARD
29 abonnés
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3,5
Publiée le 1 décembre 2024
Le film a été réalisé clandestinement et avec fort peu de moyens. Il faut saluer la performance artistique, pour la qualité du film, et politique, pour l'engagement et le courage qu'il représente. Chapeau bas ! J'ai cependant une légère réserve : je ne comprends pas -assez bien- le fonctionnement de cette famille. Les trois sœurs sont bien, chacune en fonction de son âge, rebelles à l'ordre politique et méfiantes vis-à-vis de l'autorité de leurs parents. La mère ne semble pas avoir une réelle autorité maternelle mais détient bien, par délégation, l'autorité paternelle en absence du pater familias (ce qui n'éclaire pas complètement sur la question répétée hystériquement1 "qui ment ?"). Mais le père dans tout ça ? On le voit bien courber douloureusement l'échine devant ses supérieurs pour, comme représentant du pouvoir judiciaire, exécuter les ordres du l'exécutif. Il est donc conscient de ce qui se passe, des enjeux et des clivages dans la société, à l’extérieur de son domaine familial. S'il accepte de faire, contre son gré ce qu'on lui demande, c'est explicitement pour des raisons de statut social et de confort familial. Au sein de sa famille, il impose bien des précautions pour que ses filles se tiennent à l'écart des mouvements de foule, mais il lui semble exclu, impensable, qu'elles puissent être atteintes-contaminées par les mouvements d'idées... Ceci s'explique peut-être par la distance qu'un père iranien maintient avec ses filles, qui l'empêcherait d'imaginer ce quelles ressentent ???
Autre bémol, mais de pure forme : la fin du film, la phase d'actions -enfermement, poursuites etc.- m'a paru un peu trop longue...
Je suis sans doute un peu trop sévère, mais la qualité des films iraniens récents me rend plus exigeant. Et puis, si le courage d'un cinéaste doit être salué, ce serait lui faire injure de ne pas essayer de juger son œuvre de façon objective.
Une dénonciation assez réussie de l’oppression des femmes sous le régime iranien doublé d’un huit clos familial oppressant qui monte crescendo jusqu’au dénouement final.
Excellent ! Aurait mérité la palme. L’image, l’interprétation, le thème général et surtout la fin : c’est plus une critique du patriarcat que du gouvernement iranien. Le protagoniste ultra religieux se pose des questions éthique et même doute concernant son travail mais réagit en pure machiste qui possède femme et filles. Il les éloigne de la civilisation pour établir SA loi.
Le contraire de Gladiator II. Même s’il paraît saugrenu de comparer les deux : mais ce sont deux exemples de ce que peut produire le cinéma, à peu près à la même période. Deux films longs, mais ces 2h40 – là ne m’ont pas pesé : cette observation fine de la société iranienne, dans son délire oppresseur, légitimé (comme dans toutes les sociétés !) par le respect des « valeurs morales » (et religieuses) et de la loi, donne à chaque instant à voir et à penser. Les violences policières sont montrées, sans insistance complaisante, à travers des captations réelles sur des smartphones. La répression qui accable l’Iran depuis la « Révolution islamique » (et succède à celle du Schah) est démontée, illustrée, à travers l’exemple concret, allégorique, d’une famille : là se rejouent les antagonismes sociétaux, entre le soutien au Régime, aveugle et borné (mais pas désintéressé), et les révoltes, plus existentielles que politiques, de la jeune génération. La grâce due ce beau film, c’est de nous proposer tout cela sans le poids d’un discours théorique : on voit des gens, juste vivre, ou tenter de le faire. Des gens terriblement comme nous, dans un ailleurs terriblement plus absurde et atterrant.
Un film bouleversant qui explique la montée de la folie construite par le régime de la théocratie, dans une famille Iranienne à Téhéran. Remarquable mise en scène. Conflit entre générations. Entre modernité et archaïsme. Des graines qui vont j’espère pousser pour aider le mouvement Femme vie liberté !
Si le terme de héros a encore un sens, les réalisateurs iraniens trouvent leur place au panthéon des héros du XXIème siècle. Malgré leurs incarcérations répétées, la menace permanente que leur fait subir le régime des gardiens de la loi islamique fondamentaliste et la nécessité de tourner dans la plus grande clandestinité, ils nous gratifient de films majeurs tant sur le plan artistique que sur le plan politique. LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE est un de ces grands films, récompensé à l’unanimité au palmarès de Cannes 2024 et encensé par la presse et les spectateurs. Mohammad Rasoulof n’a pas choisi son titre au hasard ou par licence poétique. Mais la semence sauvage de figuier a des vertus de développement qui en font une magnifique métaphore des actions menées par les courageux résistants au régime des mollahs. En effet, les graines du figuier sauvage germent dans les interstices des branches d’arbres existants et ses racines naissantes descendent vers le sol. Croissent alors de nouvelles branches qui enlacent le tronc de l’arbre jusqu’à l’étrangler. Puis, le figuier sauvage se dresse, libéré de son socle. Ces petites graines ont commencé leur travail en Iran. Souvent des jeunes, surtout des jeunes filles et des femmes. Une force naissante symbolisée par le groupe « Femme, Vie, Liberté ». Vous l’aurez compris, LES GRAINES DU FIGUIER DU SAUVAGE est un film éminemment politique, un puissant manifeste pour la liberté. Mais c’est aussi un film magistral, au scénario irréprochable et à la mise en scène ciselée. Un thriller parfaitement mené, captivant… jusqu’à la dernière image. Que dire également de la qualité de la photographie, qui n’est pas sans rappeler celle du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan (Il était une fois en Anatolie) ou son homologue russe Andreï Zviaguintsev (Léviathan). Un film universel et essentiel.
Film assez fin pour faire percevoir les mutations culturelles auxquelles l'Iran est confronté et les murs dans lesquels la société conservatrice s'y oppose. Il n'escamote pas les pressions dans lesquelles tous les personnages (parents, collègues professionnels, amis plus ou moins vraiment amis, enfants) essayent de naviguer. Une première partie en huis clos à Téhéran, très puissante dans la révélation des conflits potentiels. Une deuxième partie en semi-huis clos en dehors de Téhéran beaucoup moins convaincante essentiellement parce que l'ambiguïté de la situation disparaît et que le dénouement est trop lisible. Un film, malgré tout, touchant par sa dénonciation brillante d'un régime empoisonné par son venin religieux, secours bienveillant de gardiens criminels
C'est un GRAND film (qui aurait dû recevoir la Palme d'or). D'abord film politique sur la situation en Iran vue depuis une famille, il décortique la cruauté et l'absurdité du régime avant de se terminer dans un suspense haletant et aussi terrifiant que Shining. A voir absolument
Réalisé clandestinement par le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof, désormais en exil après plusieurs séjours en prison dans son pays natal, Les graines du figuier sauvage a la puissance des œuvres nécessaires, tournée dans un souffle d’élan vital. Passionnant de bout en bout, ce thriller familial rend un hommage bouleversant au mouvement Femme, Vie, Liberté et à toutes celles et ceux qui ont porté ce combat, parfois au péril de leur vie. Dénonciation au vitriol d’un système politique oppressif et inique, le film convoque des éléments du thriller politique à tendance paranoïaque, avant de s’aventurer sur des terrains surprenants et inattendus, mais toujours aussi inquiétants.
A la fois drame social, thriller et film politique, "Les Graines du figuier sauvage" est un film captivant, admirablement mis en scène et interprété. Suivant l'actualité dramatique d'un fait divers engendrant de nombreux troubles à Téhéran, Mohammad Rasoulof transpose ce contexte sulfureux au sein d'une famille dont les filles s'opposent à un père magistrat, incarnation d'un pouvoir aveugle et dépassé. Figure de la résistance à cette oppression, le cinéaste réalise un chef-d’œuvre de près de 3 heures avec une fluidité narrative et un sens de l'ellipse admirables.
Ce film trop long et souvent pesant ne m'a pas bcp plu. Une première partie réaliste montre une mère et ses filles enfermées dans un appartement, mises sous tension par la nouvelle fonction officielle du père que l'on voit passer de temps à autre. Il a du mal à supporter les actions répressives qui lui sont dictées par sa hiérarchie. Ca ne rigole pas en Iran, ça le film le montre très bien, c'est le meilleur du film à mon avis.
Le pb est que la seconde partie diverge complètement de la première à partir d'un coup de théâtre invraisemblable. Là j'ai décroché (pdt 1h30 environ, ce n'est pas rien !), je n'y croyais plus et je me suis bigrement ennuyé. Quelle idée de bifurquer ainsi. Le film aurait pu continuer sur le thème social-politique-familial, cela aurait été un vrai film FranceInter-Télérama (je blague). Malheureusement on part là sur un film d'épouvante, à l'action malsaine, et qui bien sûr finit mal (de toute façon le film ne pouvait que mal finir même en continuant sur le premier thème).
Je ne suis donc pas du tout emballé. Dans le genre film iranien politique/thriller, j'avais bcp préféré "La loi de Téhéran", magistral et fort, que j'ai revu récemment sur Arte. Un chef-d'oeuvre celui-là.