Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde dresse un constat glaçant sur l’homophobie dans la ruralité roumaine. Le film montre comment une victime de violence devient soudainement coupable aux yeux de la société, simplement à cause de son orientation sexuelle. Le rejet est total, même de la part de sa propre famille, et l’influence de l’Église renforce encore cet isolement.
Malgré des tentatives de changement venant des zones urbaines plus ouvertes, la résistance de ces endroits traditionaliste est profonde, empêchant toute avancée. Le film ne cherche pas à créer une grande empathie pour ses personnages, mais il met surtout en lumière la dureté de cette réalité sociale.
Excellent film , intense et prenant , d'Emanuel Parvu qui livre là un récit aussi glaçant que puissant sur l'Homophobie plus qu'ordinaire d'un village en Roumanie ! L'Homophobie est là Etatique et Religieuse ce qui fait des ravages dans le cercle Familial et ce en total contraste avec la beauté du lieu où se déroule l’action !
Ce film est uniquement tourné en plan séquence, Il est âpre mais non aride. Il est sans musique mais les bruits de la nature tissent une ambiance musicale adaptée! Cette œuvre cinématographique revêt une prégnance visuelle, discrète, secrète et au ton complexe par les paroles à voix basse parfois et à voix aiguë aux moments de crise. Nous sommes en présence d' une anatomie d' un" déni " collectif, suite au tabassage,hors champ, d' Adi,17 ans, qui est le protagoniste principal de cet ouvrage cinématographique austère, lucide et qui témoigne d' une situation dans un village d' une île dans le delta du Danube en Roumanie actuellement.
delta du Danube, de nos jours, mais aussi n'importe où et n'importe quand, l'homophobie villageoise en direct. très bon scénario. bonne interprétation. on s'y croirait, hélas.
Nous sommes en Roumanie. Adi, défiguré par une aggression, est retrouvé dans sa chambre par un voisin.
C’est là, dans le village paisible au bord du Danube, que la vie des parents et de l’entourage d’Adi est bouleversée. Le mobile de l’agression finit par se savoir et la victime n’en finit pas d’être harcelé.
Ou 3 kilomètres jusqu’à l’invraisemblable délitement d’une famille. Une famille qui sacrifie son enfant pour rester dans la norme imposée par trop d’enseignements rustiques et de croyances ancestrales. L’histoire se déroule dans un village reculé de Roumanie mais elle pourrait prendre place dans l’immeuble haussmannien d’une mégalopole, dans une barre de banlieue. Aux États-Unis, au Japon. Ailleurs.
À peine installé sur son fauteuil de cinéma, les événements s’enchaînent si vite que plusieurs jours après le visionnage du film, on en reste figé, bras ballants, bouche bée et regard morne. Ni geste ni son ne sauraient rendre audible cette histoire, loin de n’être qu'une fiction. 3 kilomètres en temps cinéma d’Emanuel Pârvu, c’est 3 minutes, 3 secondes même, avant l’apoplexie irréversible.
Adi, Adrian (attachant -c’est le cas de le dire… Ciprian Chiujdea), a 17 ans. Il étudie en ville et chaque été, revient chez ses parents dans ce village si paisible. L’atmosphère y semble pacifique. Le fleuve, à 3 kilomètres, cerné de roseaux rosés, conduit à la mer, brasillante, sur fond de couchers de soleils recouverts de fils d’or. Le souffle du vent semble transpercer l’écran pour venir jusqu’à nous s’ébrouer, délicat. On ressent physiquement une sorte de béatitude ouateuse. On a confiance, l’été sera voluptueux. Certes, les parents d’Adrian s’inquiètent de dettes à rembourser demain mais cela semble une formalité à résoudre, dans ce village à l’haleine saupoudrée de saveurs onctueuses, entre gens de raison qui s’expriment posément, la voix grave et tempérée, empreinte d’une douceur qui tranche bientôt avec leurs agissements.
Adrian se fait tabasser une nuit. On identifie les coupables mais on se trompe quant au mobile auquel on se refuse de croire. La dette ne constitue pas le prétexte au déferlement de sauvagerie : Adrian est « de l’autre bord ». Atteint d'une maladie qu'on ne nomme pas, qu’on décide de soigner par la religion. Ces gens de raison immodérés se liguent pour y parvenir, sur fond d'accommodements aussi douteux que pernicieux. Adrian, accusé d'être l’enfant que la ville influence : seul contre tous, ces villageois vétustes et empêchés qui n’ont jamais écouté leur cœur. Seul ? c’est sans compter sur quelqu’un qui dénonce les faits aux services sociaux de la ville…
Une histoire tristement banale, encore aujourd’hui, en 2024. Un film qui écartèle : civique et poétique, barbare et submergé de beauté.
Adi est un jeune roumain de 17 ans revenant dans sa famille pour les vacances, dans une région rurale. Lorsqu'un touriste débarque en ville, Adi le rencontre et se fait tabasser par des homophobes. Lors de la déposition au commissariat, le policier local commence à enquêter sur les circonstances de l'agression. Bientôt, tout le village se met en mouvement. En salle le 23 octobre.
spoiler: "Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde" met l'accent sur l'homophobie normalisée dans certains milieux et les extrémités vers lesquelles elle peut tendre. J'ai aimé que les personnages ne soient pas odieux ou diaboliques : on a vraiment l'impression qu'ils essaient d'aider le personnage d'Adi d'une certaine manière, voilés par les traditions et les usages d'un autre temps de leur village. Adi est totalement passif ici, balloté d'un habitant à un autre comme un fétu de paille en souffrance, torturé par un entourage qui se pense aimant. Le film est intéressant mais n'a pas réussi à m'emporter. On tourne en rond dans ces décors qui se répètent, j'aurais aimé plus de force.
On s'ennuie. Très calme et lent. Ça manque d'émotion mais aussi de rebondissements. 0 musique de fond donc faut (vraiment) s'accrocher pour ne pas s'assoupir. Quelque personnes ont quitté la salle au fur et a mesure . Ce film laisse indifférent . Dommage car sujet intéressant mais très mal exploité a cause d'un scenario bavard qui tourne en rond.
"Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde" en compétition cette année au festival de Cannes (Queer Palm), est un thriller social roumain puissant. En effet, le réalisateur Emanuel Pârvu livre aux spectateurs un plaidoyer fort contre l'homophobie en Roumanie, le fanatisme religieux et la corruption dans son pays à travers l'histoire d'un adolescent agressé à cause de son homosexualité dans un village roumain et passé sous silence. Le film est bien documenté avec des séquences bouleversantes et qui m'ont indigné devant l'histoire de ce jeune homosexuel en quête de liberté.
Dans un village rural au bord du Danube, un engrenage se met en place progressivement, après l'agression dont est victime Adrian, un jeune homme revenu chez ses parents pour l'été. Le spectateur y assiste comme un témoin caché dans les angles, observateur des échanges entre les personnages dans lesquels chacun essaye par des manipulations et des jeux de pouvoir, d'échapper aux conséquences de cet acte, de ne pas perdre la face, ou de faire en sorte que tout redevienne "comme avant". Entre le mafieux local qui tire des ficelles grâce à son réseau et son argent, les parents incapables d'imaginer que leur fils pourrait s'émanciper de la vie qu'ils ont prévu pour lui, et dévier d'une "norme" pesante dans ce village rural et religieux, le chef de la police plus ou moins corrompu et qui aspire surtout à préserver sa tranquillité, le prêtre ultra-conservateur persuadé d'agir pour le bien et au nom de Dieu ; Leurs mauvais choix rendent l'atmosphère de plus en plus inquiétantespoiler: jusqu'à ce qu'une bouffée d'air arrive par l'intermédiaire d'une femme de la ville, qui va s'intéresser à la victime et lui redonner son libre-arbitre, grâce à l'intervention de l'amie de ce dernier . Mais dans une société corrompue spoiler: et pétri d'homophobie , cette liberté retrouvée a un prix douloureux.[/spoiler]
C'est l'été dans le delta du Danube et Adi, revenu chez ses parents, subit une violente agression aux conséquences multiples pour la communauté du village. Révélant directement l'homophobie de la communauté - le méfait devenant presque une action de salubrité publique - l'affaire va rapidement en impliquer certains de ses membres. Institutionnels d'un côté : le chef de la police et le prêtre. Simples habitants de l'autre dont un homme influent aux relations nombreuses envers lequel le père de Adi a une dette à honorer. L'acteur Emanuel Parvu opte pour les plans fixes et des cadres originaux pour son premier film construit dans une sorte d'esprit fidèle à Renoir, où chaque personnage a ses (bonnes) raisons pour agir et s'érigeant ainsi en directeur de conscience. Au-delà de la dénonciation de l'homophobie au travers de l'histoire particulière, le film vise aussi à l'universel et devient ainsi une charge contre l'état de la Roumanie et, de manière encore plus vaste, une étude sans fioritures de la petitesse et de la mesquinerie de l'espèce humaine.
Ai vu « Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde » du réalisateur roumain Emanuel Parvu qui représentait son pays lors du dernier Festival de Cannes et qui y a obtenu la Queer Palm. Un village situé dans le delta du Danube dont on ne peut partir et arriver que par barque, où les couchers de soleil sont idylliques, où tout le monde vit au rythme de la nature, où les adultes ne savent pas se servir des téléphones portables, où tout le monde se connait, où tout peut paraitre idyllique, jusqu’au jour où Adi, jeune homme de 17 ans est agressé et rentre défiguré chez ses parents. Adi est soupçonné d’avoir embrassé un garçon. La police, ses parents, le prêtre, le mafieux local… tout le monde avec son ignorance, son archaïsme, ses préjugés se retrouve juge et parti et à force de vouloir étouffer l’affaire va mettre en marche un engrenage. La réalisation, à la photographie magnifique, est sobre et distanciée. Dans cette micro-société qui vit dans un décor de bout du monde tout est inextricable et aussi étriqué que l’esprit de ses habitants qui se jouent de la morale et de la justice. Le scénario est subtil, la description sociologique très juste même si le personnage principal Adi (Ciprian Chiujdea) peut parait un peu trop docile. L’on a du mal à imaginer que le jeune homme de 17 ans vit toute l’année en ville pour ses études et étonné qu’il ne soit pas un peu plus rebelle. On ne saura presque rien d’Adi, puisque le parti pris est plutôt de suivre le microcosme étouffant et en état de décomposition que sont ces marécages du bout du monde. C’est un film maitrisé mais qui ne dégage aucune émotion et c’est un peu dommage. « Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde » est un oeuvre intelligente qui dénonce l’obscurantisme mais avec trop de distance et de froideur.
J ai trouvé ça pas mal mais avec trop de lenteurs, trop de formalisme et malgré deux scènes terribles, l émotion ne passe pas ou sont mal jouées. La route m'a paru longue sur ces 3 km, j'ai eu l'impression que la marche était un peu interminable et leeeeeente !
Adi, dix-sept ans, est pensionnaire à la ville. Son baccalauréat en poche, il passe les vacances dans le petit village de pêcheurs de ses parents, perdu dans un bras du delta du Danube. Une nuit, il y est sauvagement agressé. Le chef de la police locale identifie rapidement les deux auteurs de l’agression ; mais la découverte de leur mobile va le conduire à chercher à étouffer l’affaire, avec la complicité des propres parents d’Adi et du prêtre de la paroisse.
Le cinéma roumain filme décidément à l’os. Depuis la Palme d’or ô combien méritée de Christian Mungiu, "4 mois, 3 semaines, 2 jours", nous viennent régulièrement de ce pays des films dérangeants qui dénoncent la corruption de l’administration et placent ses personnages face à des dilemmes moraux insolubles. Emanuel Parvu, un acteur dans la force de l’âge, a d’ailleurs joué dans plusieurs d’entre eux : "Contes de l’âge d’or" "Baccalauréat", "Dédales"… J’avais beaucoup aimé ces deux films-là : "Baccalauréat" racontait les compromissions d’un père déterminé à aider sa fille à décrocher le sésame qui lui ouvrirait la porte de ses études supérieures, "Dédales" la disparition d’une jeune moniale et l’enquête policière menée pour la retrouver.
Présenté en sélection officielle au dernier festival de Cannes, "Trois kilomètres jusqu’à la fin du monde" souffre, à mes yeux, du handicap de cette lourde généalogie. Je reconnais volontiers que ce défaut est excusable et qu’il ne vaudra pas pour ceux des spectateurs qui iront le voir sans avoir vu au préalable d’autres films roumains.
J’articulerai à l’égard de ce film, au demeurant remarquablement écrit et joué, deux autres griefs. Le premier est d’avoir pour mobile une situation qui, pour désolante qu’elle soit, est passablement banale et surtout politiquement très (trop ?) correcte : l’homophobie ordinaire d’une campagne reculée. Le second de se conclure par une fin prévisible, où tous les protagonistes trouvent leur compte, quitte à bafouer la Justice.