Par un malheureux hasard de circonstances, le documentaire tourné en 2018 par Piero Usberti, et terminé fin septembre 2024, se heurte aux événements dramatiques qui secouent toujours aujourd’hui la bande de Gaza. Quand il s’y rend il a six ans, le réalisateur italien parcoure à deux reprises les territoires occupées. Il filme les Gazaouis « dans une prison à ciel ouvert, sous occupation israélienne ». Leur révolte est symptomatique car pleinement portée par un sentiment d’injustice et de colère , mais tout aussi contenue dans la certitude qu’un jour ils pourront y vivre en liberté. Aujourd’hui cette foi en l’avenir parait bien compromise . Leur résistance tout aussi prédominante s’affiche avant tout dans cet appel à l’aide relayé timidement aujourd’hui par les instances responsables de l’ordre du monde Un cri désespéré AVIS BONUS Les explications du réalisateur, complétées par un livret de 12 pages ( deux éclairages passionnants ) et un débat sans ouverture après une séance de cinéma
Le jeune cinéaste franco-italien Piero Usberti a effectué deux séjours à Gaza en 2018. Il en a ramené un documentaire qui aurait ressemblé à un album de vacances si sa destination avait été plus touristique.
Piero Usberti est pro-palestinien et ne s’en cache pas. La Palestine a, selon lui, été victime d’une entreprise de colonisation condamnée par le droit international. Ses habitants en ont été chassés en 1948. Des centaines de milliers de réfugiés se sont amassés dans l’étroite bande de Gaza, transformée en prison à ciel ouvert. Israël au nord, l’Egypte au sud, en verrouillent la sortie. S’ils manifestent au pied du mur de séparation et défient les consignes de l’armée d’occupation, ils deviennent les cibles des snipers israéliens et peuvent tomber sous leurs balles comme le journaliste Yasser Mourtaja assassiné en avril 2018. Les habitants de Gaza souffrent d’une autre oppression : celle qu’exerce le Hamas qui entrave leur liberté d’expression et voile les femmes.
C’est cette réalité qu’il décrit dans ce court documentaire (1h07 à peine) dont le montage a été achevé une semaine avant le 7 octobre 2023, les raids sanglants du Hamas en Israël et l’invasion israélienne de la bande de Gaza. On y voit un espace confiné, surpeuplé, une courte bande de terre coincée entre la mer et les barbelés (la bande de Gaza s’étire sur 40km de long et une dizaine de km de large). Les Gazaouis que Piero Usberti a rencontrés étouffent. Ils rêvent d’exil – et on apprendra à la fin du documentaire que la plupart de ceux qui témoignent ont réussi à partir en Italie, en Belgique, en Égypte.
"Voyage à Gaza" m’a fait penser à un autre film italien sorti fin décembre : "Le Déluge". Un tel rapprochement peut sembler bien audacieux d’autant que les deux films n’ont rien à voir : l’un évoque les derniers mois de Louis XVI avant son exécution, l’autre le siège dont sont victimes les habitants de la bande de Gaza. Mais dans les deux cas sont évoqués des sujets hautement polémiques : l’exécution du Roi par les Révolutionnaires en 1793, l’impossible vivre-ensemble israélo-palestinien aujourd’hui. Les deux films prennent le parti du « faible », de l’opprimé : le Roi et sa famille emprisonnés dans des conditions indignes, les Gazaouis emprisonnés eux aussi dans des conditions presque aussi indignes. Ce parti pris déplaira à ceux qui estiment, à tort ou à raison, que la Révolution française ou le sionisme sont des entreprises politiques utiles et bénéfiques. Mais, il séduira ceux qui, acceptant de mettre de côté leurs préjugés, entendent se ranger du côté des plus faibles.
Documentaire devenu historique depuis la destruction de Gaza en 2023-2024. Hommage poignant aux rêves de la jeunesse, et à toutes les populations opprimées par la folie megalomane et l indignité de gouvernants. Par des traditions etouffantes. Par la complicite de tous. Le film s ouvre sur les obseques d un photographe tué. Il se clot, comme une evidence par le même Godspell que celui choisi par Pasolini pour sa 'Passion selon St Matthieu'. On sort accompagné par la beaute des visages et des sourires en évitant de penser à ce qu'ils sont devenus.
Une immersion inédite au cœur de la bande de Gaza. Telle est la promesse de ce documentaire puissant signé Piero Usberti. C’est réussi. On y découvre la difficile vie quotidienne dans cette prison à ciel ouvert, où la guerre est présente matin, midi et soir. L’occasion de questionner les envies d’ailleurs autant que l’envie de défendre une identité. C’est magnifique.
Documentaire bouleversant et déchirant. La direction artiste est magnifiquement bien pensé. Elle nous permet de nous sentir au plus proche des personnes interviewés. Une leçon de résilience et de courage.
Très beau documentaire. indispensable pour comprendre (ou essayer de comprendre) la détresse des palestiniens. Les témoignages sont bouleversants et on ne peut pas sortir de la séance sans songer à ce qu’il a pu advenir des protagonistes. A voir absolument
Très beau film, extrêmement émouvant sur un monde qui n'existe plus, qui n'est plus que poussière et anéantissement. Ce témoignage du Gaza d'avant est d'autant plus nécessaire qu'il montre la réalité des gazaouis en 2018.
Un film vrai qui secoue. Le réalisateur a passé trois mois à Gaza au printemps 2018 au sein du centre VIK d'échange culturel italo-palestinien. Il y a rencontrer des jeunes comme lui.
Un film tendre et sensible sur une jeunesse normale qui vit une situation atrocement anormale. Pour dépasser les images toutes faites, qui plus est en profitant d'une belle création cinématographique. Ne le ratez pas !
Un excellent documentaire qui nous fait aimer Gaza, ses habitants... Un contraste saisissant entre la beauté de Gaza et les horreurs subies par la population.... Donne presque envie de prendre son billet d'avion et d'y aller !! Ce documentaire fait rêver du paradis que Gaza pourrait être...
Très intéressant documentaire Géopolitique de Piero Usberti d'une subtile beauté, de par sa justesse et sa dignité, captant avec douceur et nostalgie la résilience d’un quotidien enclavé ! Le documentaire ayant été réalisé avant les tristes événements du 7 octobre 2023 les restaurants, les appartements où vivaient les jeunes qu’il a rencontrés, a été détruit par les bombardements Israéliens, en riposte aux massacres perpétrés par le Hamas Sur ce point de mon avis le Droit Pénal International et tout ce qui y réfère ne changera rien à la triste situation que subit la population là-bas , où alors cela prendra énormément de temps !
Même s'il manque ( selon moi) de prudence dans la problématique qu'il se propose de traiter, " voyage à Gaza" laisse le sentiment d'une profonde nostalgie.
C'est sur ce point que le film trouve (à mon goût) son principal intérêt et justifie d'être visionné.
Mais on est très loin ( toujours selon mon point de vue) et c'est la limite de ce travail, lorsqu'on ecoute ce que dit la voix off, d'être en présence d'un balancement circonspect ou équilibré de la problématique.