Note moyenne
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3 ans après avoir réalisé leur premier film prometteur
: Talk to me. (2022)
Michael Philippou & Danny Philippou reviennent & imposent leurs règles avec brio.
Substitution.
Une réalisation sombre, et une mise en scène glaçante.
Une œuvre mélangeant horreur & psychologie.
Qui ne vas pas vous laissez indemne.
Très bonne direction d’acteurs.
Sally Hawkins transperce l’écran en interprétant son personnage avec grand intérêt.
Je recommande.
: Talk to me. (2022)
Michael Philippou & Danny Philippou reviennent & imposent leurs règles avec brio.
Substitution.
Une réalisation sombre, et une mise en scène glaçante.
Une œuvre mélangeant horreur & psychologie.
Qui ne vas pas vous laissez indemne.
Très bonne direction d’acteurs.
Sally Hawkins transperce l’écran en interprétant son personnage avec grand intérêt.
Je recommande.
Substitution: Bring Her Back tente un grand écart entre science-fiction cérébrale et mélo transhumaniste, mais se déchire les ligaments dès le générique. L’intrigue ? Un homme ressuscite sa femme via une IA… et découvre qu’elle préfère son algorithme. Les dialogues alternent entre Nietzsche de supermarché et coaching conjugal sous Lexomil. Et pourtant — au cœur de cette soupe tiède, une scène finale glaçante, presque Kubrickienne, sauve ce naufrage digital de l’oubli total.
Bring Her Back nous est présenté comme une sorte de puzzle dont les différents morceaux s'emboîtent peu à peu à mesure que l'on comprend les intentions plus ou moins horribles des personnages. Malgré un scénario solide et de véritables scènes d'horreur, Bring Her Back semble annoncer aux spectateurs une vraie proposition horrifique mais ne va malheureusement pas au bout de ses idées. La force de ce film réside finalement dans son ambiance glauquissime rythmée par des scènes très gores qui risquent fortement de marquer au fer rouge le spectateur.
Brind her back va bien au delà de l'horreur, c'est un film à la fois dérangeant, bouleversant et émouvant. Certaines scènes sont particulièrement éprouvantes, d'une violence physique et psychologique rarement vue au cinéma. Les thèmes de la perte et du deuil qui jalonnent tout le film lui confèrent une dimension inouï.
Vu en avant première.
Un jeune homme et sa soeur sont confiés à une femme après le décès brutal de leur père.
Cette dernière a déjà un autre adolescent dont elle s'occupe.
Très dérangée, elle ne rêve que de faire revenir sa fille décédée.
Alors si vous le coeur très bien accroché, ce film devrait vous plaire. Je ne suis pourtant pas sensible du tout mais certaines scènes sont à la limite du soutenable.
Mais il vaut le détour !
Un jeune homme et sa soeur sont confiés à une femme après le décès brutal de leur père.
Cette dernière a déjà un autre adolescent dont elle s'occupe.
Très dérangée, elle ne rêve que de faire revenir sa fille décédée.
Alors si vous le coeur très bien accroché, ce film devrait vous plaire. Je ne suis pourtant pas sensible du tout mais certaines scènes sont à la limite du soutenable.
Mais il vaut le détour !
Ayant hâte de retrouver les frères Philippou au cinéma, "Substitution - Bring Her Back" a clairement su me rassasier. Même s'il ne m'a pas autant plu que leur première réalisation, le film est clairement un projet à découvrir ! Dans les grandes lignes, une direction très similaire est pourtant prise. L'objectif est de proposer un film d'horreur assez atmosphérique, où le mystère joue une place importante. Et dans ce domaine, les deux frères savent installer une ambiance. Si l'introduction nous fournit une séquence très énigmatique et brutale, le style cherche quand même à être dans la retenue. Dans la première partie de l'histoire, peu de moments seront vraiment là pour vous faire frissonner. L'idée est bien plus de faire monter la pression, en suggérant et en accumulant les moments dérangeants. Pour cela, la caméra se veut très légère et proche des personnages. Grâce à ses couleurs très désaturées et à son montage particulièrement bien géré, l'atmosphère finit donc rapidement par prendre. On se sent peu en sécurité, notamment grâce à la sublime performance de Sally Hawkins. Elle, que j'avais toujours vue comme une maman aimante, m'a clairement surpris par son interprétation pleine de vices. Malgré tout, je trouve que le seul petit défaut du film vient de son personnage. Symboliquement, j'aime beaucoup ce qu'elle amène, mais je trouve que le scénario nous dévoile un peu trop tôt certains éléments liés à elle. Cela ne va pas empêcher la seconde partie d'être vraiment maîtrisée, mais la première aurait peut-être gagné à maintenir un mystère encore plus grand et à ne même pas laisser passer ces quelques petites bribes d'informations. Mais hormis cela, je trouve que son personnage développe un superbe effet miroir par rapport à notre duo de personnages principaux. En effet, tout le film tourne autour de la thématique du deuil, ou plutôt d'un refus de celui-ci. Comme pour leur premier film, les réalisateurs se servent de cette idée pour développer des éléments horrifiques forts, et cela va vraiment devenir concret dans cette fameuse seconde partie. À ce moment-là, le rythme va clairement s'emballer et les séquences horrifiques vont commencer à être très désagréables à regarder. Le film est extrêmement cruel avec ces personnages, et c'est clairement ce qui fonctionne. Déjà, car on est attaché à eux, leur complicité se ressentant vraiment rapidement. Mais surtout, car on est vrai loin du film d'horreur très décérébré que l'on a l'habitude de voir. Ici, tout peut leur arriver et l'histoire ne sera jamais tendre avec eux. C'est donc cette angoisse de savoir que nos personnages sont vraiment en danger, au sein d'une ambiance qui monte en crescendo jusqu'à un final vraiment fou et maintenu par une Sally Hawkins absolument brillante, qui fait l'efficacité de ce projet. Il est peut-être moins subtil que leur première réalisation, mais j'ai personnellement beaucoup aimé l'expérience. Enfin, nous avons le droit à des films d'horreur moderne vraiment angoissants, sans pitié et traitant de sujets plus vastes que les classiques thématiques des gros studios. Je vous conseille donc fortement de foncer le découvrir ! Pour conclure, une deuxième belle réussite.
"La Main" était déjà bien sympathique et j'ai regardé "Bring her back" avec grand intérêt. Surprise agréable. Rien de bien innovant mais c'est correct. Pas trop mal fait même si certains éléments de scénario auraient pu être approfondis.
Je l’ai vue en AVP , j’ai bien aimé le film , l’actrice de la mère joue très bien , par contre je m’attendais pas à ce que sa soit aussi gore
Avec Substitution – Bring Her Back, les frères Philippou livrent un film d’horreur à la fois intime, viscéral et profondément humain. Loin des effets de manche ou des jumpscares attendus, ils signent un huis clos oppressant où le surnaturel s’infiltre dans les failles du deuil et des liens familiaux brisés. Piper, adolescente malvoyante, et son grand frère Andy se retrouvent placés chez Laura, psychologue au comportement de plus en plus inquiétant. Autour d’eux, un garçon silencieux, une maison isolée, des cassettes mystérieuses, et une piscine vide forment les pièces d’un puzzle inquiétant qui prend forme lentement… trop lentement pour en sortir indemne.
Le film pousse les curseurs de la tension sans jamais tomber dans le gore facile. Au contraire, tout est dans la suggestion, dans les regards, les silences, les respirations haletantes. L’horreur naît du quotidien, de l’absence, de ce que l’on ne parvient pas à dire. Ici, le monstre n’est pas une créature tapie dans l’ombre, mais une douleur dévorante, celle d’un deuil inachevé. Laura, incarnée avec une intensité troublante par Sally Hawkins, est une femme brisée, en quête de réparation, prête à tout pour retrouver une illusion de bonheur. Son glissement dans l’horreur se fait avec une telle humanité qu’on en vient à éprouver pour elle une empathie dérangeante.
La grande force de Substitution, c’est justement cette ambiguïté : rien n’est tout à fait démoniaque ni tout à fait innocent. Les effets spéciaux sont au service du récit, jamais gratuits. Oliver, l’enfant possédé, devient la matérialisation d’un chagrin si profond qu’il consume tout. La musique de Cornel Wilczek et le design sonore d’Emma Bortignon plongent le spectateur dans un malaise constant, tandis que la photo d’Aaron McLisky fige la maison dans une froideur presque clinique.
Porté par un casting juste, notamment la révélation Sora Wong et le charismatique Billy Barratt, le film évoque Le Sermon de minuit dans sa manière de faire du mal une promesse de réconfort. Une entité douce en apparence, qui murmure ce que l’on veut entendre : voilà le vrai visage de la possession dans Substitution. Une réussite glaçante, qui prouve que l’horreur la plus marquante est souvent celle qui parle d’amour… dévoré.
Le film pousse les curseurs de la tension sans jamais tomber dans le gore facile. Au contraire, tout est dans la suggestion, dans les regards, les silences, les respirations haletantes. L’horreur naît du quotidien, de l’absence, de ce que l’on ne parvient pas à dire. Ici, le monstre n’est pas une créature tapie dans l’ombre, mais une douleur dévorante, celle d’un deuil inachevé. Laura, incarnée avec une intensité troublante par Sally Hawkins, est une femme brisée, en quête de réparation, prête à tout pour retrouver une illusion de bonheur. Son glissement dans l’horreur se fait avec une telle humanité qu’on en vient à éprouver pour elle une empathie dérangeante.
La grande force de Substitution, c’est justement cette ambiguïté : rien n’est tout à fait démoniaque ni tout à fait innocent. Les effets spéciaux sont au service du récit, jamais gratuits. Oliver, l’enfant possédé, devient la matérialisation d’un chagrin si profond qu’il consume tout. La musique de Cornel Wilczek et le design sonore d’Emma Bortignon plongent le spectateur dans un malaise constant, tandis que la photo d’Aaron McLisky fige la maison dans une froideur presque clinique.
Porté par un casting juste, notamment la révélation Sora Wong et le charismatique Billy Barratt, le film évoque Le Sermon de minuit dans sa manière de faire du mal une promesse de réconfort. Une entité douce en apparence, qui murmure ce que l’on veut entendre : voilà le vrai visage de la possession dans Substitution. Une réussite glaçante, qui prouve que l’horreur la plus marquante est souvent celle qui parle d’amour… dévoré.
Vraiment bien, j ai adoré sora wong dedans, le film est tres proche de heredité, ca aurait meme pu etre le 2, bien realisé le casting est bon, l ambiance est hard et froide, donc si vous avez aimé heredite foncez vous ne serez pas decu !
Une très bonne surprise !
Ce film propose une très bonne prestation tant au niveau des acteurs, du maquillage, du scénario.
Agréablement surpris par ce film d’épouvante sur le deuil assez particulier de Laura, ancienne psychologue d’un centre pour enfant.
La prestation artistique de ce film est très intéressante, je ne met pas plus de 4 car il y’a quelques éléments « clés » qui n’ont pas été developés ni même mit sur la table dans le film.
Ceci dit, « Substitution » est un très bon film d’épouvante horreur, à regarder absolument en 2025 pour les fans de ce genre.
Ce film propose une très bonne prestation tant au niveau des acteurs, du maquillage, du scénario.
Agréablement surpris par ce film d’épouvante sur le deuil assez particulier de Laura, ancienne psychologue d’un centre pour enfant.
La prestation artistique de ce film est très intéressante, je ne met pas plus de 4 car il y’a quelques éléments « clés » qui n’ont pas été developés ni même mit sur la table dans le film.
Ceci dit, « Substitution » est un très bon film d’épouvante horreur, à regarder absolument en 2025 pour les fans de ce genre.
Le film est bien en terme de mystère et tension au début mais le fil scénaristique perd son sens à un moment du scénario ce qui m’a énervé le reste du film et fait perdre tout intérêt.
Spoil:
“Le garçon va a la police, leur dit que la femme est dangereuse et qu’elle a kidnappé un garcon affiché parmi les disparus affichés à la police. Si le scénario suivait la logique, ils allaient envoyer la dame qui est partie seule ainsi que des troupes de véhicule car c’est un crime, mais non elle est partie toute seule et se fait tuer. Une incohérence sans nom juste pour suivre une fin deja prévue dans la tete du scenariste”…
Fin de spoil:
Ça mérite une sortie sur netflix ou prime mais non au cinema.
Spoil:
“Le garçon va a la police, leur dit que la femme est dangereuse et qu’elle a kidnappé un garcon affiché parmi les disparus affichés à la police. Si le scénario suivait la logique, ils allaient envoyer la dame qui est partie seule ainsi que des troupes de véhicule car c’est un crime, mais non elle est partie toute seule et se fait tuer. Une incohérence sans nom juste pour suivre une fin deja prévue dans la tete du scenariste”…
Fin de spoil:
Ça mérite une sortie sur netflix ou prime mais non au cinema.
Quand le genre et l'horreur créent de la très belle poésie...
Oui c'est glauque, oui ça fait peur, oui c'est choc, mais c'est surtout assez bouleversant de tristesse et de profondeur.
Le film explore des sujets tels que l'inclusion du handicap, et surtout du deuil et de ses différentes façons de le gérer.
Tout léger bémol pour l'explication de l'origine de ce fantastique, qui donne soit trop d'informations, soit pas assez.
Un film d'horreur oui, mais un des plus beaux films de 2025
Oui c'est glauque, oui ça fait peur, oui c'est choc, mais c'est surtout assez bouleversant de tristesse et de profondeur.
Le film explore des sujets tels que l'inclusion du handicap, et surtout du deuil et de ses différentes façons de le gérer.
Tout léger bémol pour l'explication de l'origine de ce fantastique, qui donne soit trop d'informations, soit pas assez.
Un film d'horreur oui, mais un des plus beaux films de 2025
Excellent film un scénario juste démentiel !!!!
Cela faisait longtemps que j’avais pas vu un film épouvante horreur de cette dimension là incroyable
Cela faisait longtemps que j’avais pas vu un film épouvante horreur de cette dimension là incroyable
Qui est le film ?
Après Talk to Me, premier long-métrage remarqué pour son horreur psychologique, Danny et Michael Philippou confirment leur attachement à un cinéma du seuil, où l’épouvante naît moins du surnaturel que de la psychologie de leur personnage. Substitution - Bring Her Back, gardé hors des circuits des festivals avant une sortie estivale, pousse cette logique jusqu’à l’extrême : il ne s’agit plus seulement d’être hanté par les morts, mais de tenter de les remplacer, de les ramener... quitte à les faire exister au détriment des vivants.
Le film, centré sur une fratrie endeuillée et une mère adoptive obsessionnelle, s’inscrit dans cette nouvelle lignée de films d’horreur post-Hereditary. Ce qu’il promet, c'est l’exploration d’un climat : celui d’une maison où le curseur de l'amour se tourne vers l'obsession et l'absence de raison.
Que cherche-t-il à dire ?
Le cœur du film est le refus du réel. Substitution ne parle pas seulement de la mort d’un enfant ou d'un parent, mais du refus obstiné de laisser cette mort advenir. Laura, la mère, ne veut pas traverser le deuil, elle veut le court-circuiter, l’abolir, littéralement en remplaçant la disparue par une autre. Cette idée, déjà dérangeante sur le papier, devient le moteur d’un film qui interroge la frontière entre soin et sacrifice, entre amour et possession.
La question principale hante tout le récit : jusqu’où peut aller une mère pour rester mère ? Et que devient l’enfant dans ce théâtre sacrificiel qu’est devenu le foyer ?
Par quels moyens ?
Le titre du film (Substitution) trouve son acmé en Oliver : il est littéralement le corps sur lequel s’opère l’échange. Laura, la mère endeuillée, croit ou feint de croire qu’en le nourrissant de la chair de Cathy, il pourra devenir Cathy. Oliver est donc le réceptacle sacrificiel, un « contenant » à remplir d’une présence perdue. Il devient l’instrument d’un rituel désespéré de résurrection.
Oliver ne manifeste ni émotions franches ni volonté propre. Il est presque transparent, comme si son identité avait été dissoute dans les projections de Laura. Il représente ainsi l’enfant traumatisé, qui n’a plus accès à ses affects, pris dans une dynamique d’abus systémique. Il subit le besoin des adultes d’en faire un instrument de réparation ou de pardon.
Mais alors ? Oliver est-il possédé ? Est-il complice ? Est-il déjà "autre" ? Le film cultive cette ambivalence jusqu’à l’effroi. Il est à la fois le Christ sacrificiel (celui qu’on gave, qu’on expose), et l’Antéchrist, la créature inquiétante qui revient d’entre les morts, sans voix ni volonté claire. Ce double statut trouble. Ce n’est ni un méchant, ni une simple victime innocente. C’est une forme limite, un être entre la vie et la mort, entre l’humain et le souvenir, entre le deuil et la possession.
Quant au désir d’adoption, chez Laura, il n’est pas un geste de générosité, ni même de réparation, mais un acte de détournement du deuil, une manœuvre tragiquement humaine pour reconfigurer le réel afin de survivre à ce qu'elle considère comme irreprésentable. Adopter Piper et Andy, ce n’est pas les accueillir, c’est les inscrire dans un récit déjà écrit, dans une architecture mentale où la place laissée vide par Cathy doit impérativement être comblée, peu importe par qui, peu importe à quel prix.
Alors, les frères et sœurs adoptés (Piper et Andy) ne sont pas de simples témoins ou victimes périphériques, mais un autre contrepoint au dispositif sacrificiel mis en place par Laura. Ils sont, chacun à leur manière, les figures d’une altérité encore vivante, non encore absorbée par le deuil. Ici, Piper et Andy résistent à la fiction de la substitution, ils luttent pour préserver une forme d’identité autonome face au fantasme cannibale de la mère.
Piper, malvoyante, est littéralement celle qui ne voit pas, et par son regard sensoriel inversé, le film trouve des idées formelles trouvent des idées de mise en tension brillante. Andy, quant à lui, est celui sur qui pèse la culpabilité du passé, porteur d’une histoire familiale violente, mais aussi d’un instinct de survie. Ensemble, ils incarnent une forme d’humanité non encore corrompue, les derniers îlots dans une maison où l’identité des enfants est instrumentalisée. Leur présence dans le récit est donc essentielle : ils sont l'élément de déclencheur de la prise de conscience de la situation.
Où me situer ?
Ce que j’admire, c’est sa capacité à tenir cette tension sans jamais la réduire à une mécanique de genre. La peur ici n’est pas le but, mais le symptôme. Elle naît de ce qui est à peine dit, à peine vu, à peine compris mais profondément ressenti.
Ce que je questionne, c’est peut-être une certaine stylisation de la douleur. Par moments, les Philippou flirtent avec une esthétisation du macabre, qui rappelle les œuvres horrifiques récentes, qui peut semble surligner inutilement ce que les corps disent initialement. Mais cette limite fait partie du projet et ne constitue pas une limite pour moi car elle s'incère avec réappropriation dans la mouvance actuelle.
Quelle lecture en tirer ?
Substitution n’est pas un film d’horreur sur la possession. C’est un film sur l’obsession de réparation. Sur le fantasme qu’un enfant puisse en remplacer un autre. Il interroge la parentalité comme structure sacrificielle. Et, par là, il rejoint une lignée contemporaine où l’horreur n’est plus une rupture avec la norme, mais l’intensification de ce qu’elle contient déjà de destructeur.
Ce n’est pas un film qui se résume. Il faut accepter d’être désorienté, de ne pas tout comprendre, de ne pas pouvoir nommer ce qu’on ressent. C’est dans cette béance que le film trouve sa force.
Après Talk to Me, premier long-métrage remarqué pour son horreur psychologique, Danny et Michael Philippou confirment leur attachement à un cinéma du seuil, où l’épouvante naît moins du surnaturel que de la psychologie de leur personnage. Substitution - Bring Her Back, gardé hors des circuits des festivals avant une sortie estivale, pousse cette logique jusqu’à l’extrême : il ne s’agit plus seulement d’être hanté par les morts, mais de tenter de les remplacer, de les ramener... quitte à les faire exister au détriment des vivants.
Le film, centré sur une fratrie endeuillée et une mère adoptive obsessionnelle, s’inscrit dans cette nouvelle lignée de films d’horreur post-Hereditary. Ce qu’il promet, c'est l’exploration d’un climat : celui d’une maison où le curseur de l'amour se tourne vers l'obsession et l'absence de raison.
Que cherche-t-il à dire ?
Le cœur du film est le refus du réel. Substitution ne parle pas seulement de la mort d’un enfant ou d'un parent, mais du refus obstiné de laisser cette mort advenir. Laura, la mère, ne veut pas traverser le deuil, elle veut le court-circuiter, l’abolir, littéralement en remplaçant la disparue par une autre. Cette idée, déjà dérangeante sur le papier, devient le moteur d’un film qui interroge la frontière entre soin et sacrifice, entre amour et possession.
La question principale hante tout le récit : jusqu’où peut aller une mère pour rester mère ? Et que devient l’enfant dans ce théâtre sacrificiel qu’est devenu le foyer ?
Par quels moyens ?
Le titre du film (Substitution) trouve son acmé en Oliver : il est littéralement le corps sur lequel s’opère l’échange. Laura, la mère endeuillée, croit ou feint de croire qu’en le nourrissant de la chair de Cathy, il pourra devenir Cathy. Oliver est donc le réceptacle sacrificiel, un « contenant » à remplir d’une présence perdue. Il devient l’instrument d’un rituel désespéré de résurrection.
Oliver ne manifeste ni émotions franches ni volonté propre. Il est presque transparent, comme si son identité avait été dissoute dans les projections de Laura. Il représente ainsi l’enfant traumatisé, qui n’a plus accès à ses affects, pris dans une dynamique d’abus systémique. Il subit le besoin des adultes d’en faire un instrument de réparation ou de pardon.
Mais alors ? Oliver est-il possédé ? Est-il complice ? Est-il déjà "autre" ? Le film cultive cette ambivalence jusqu’à l’effroi. Il est à la fois le Christ sacrificiel (celui qu’on gave, qu’on expose), et l’Antéchrist, la créature inquiétante qui revient d’entre les morts, sans voix ni volonté claire. Ce double statut trouble. Ce n’est ni un méchant, ni une simple victime innocente. C’est une forme limite, un être entre la vie et la mort, entre l’humain et le souvenir, entre le deuil et la possession.
Quant au désir d’adoption, chez Laura, il n’est pas un geste de générosité, ni même de réparation, mais un acte de détournement du deuil, une manœuvre tragiquement humaine pour reconfigurer le réel afin de survivre à ce qu'elle considère comme irreprésentable. Adopter Piper et Andy, ce n’est pas les accueillir, c’est les inscrire dans un récit déjà écrit, dans une architecture mentale où la place laissée vide par Cathy doit impérativement être comblée, peu importe par qui, peu importe à quel prix.
Alors, les frères et sœurs adoptés (Piper et Andy) ne sont pas de simples témoins ou victimes périphériques, mais un autre contrepoint au dispositif sacrificiel mis en place par Laura. Ils sont, chacun à leur manière, les figures d’une altérité encore vivante, non encore absorbée par le deuil. Ici, Piper et Andy résistent à la fiction de la substitution, ils luttent pour préserver une forme d’identité autonome face au fantasme cannibale de la mère.
Piper, malvoyante, est littéralement celle qui ne voit pas, et par son regard sensoriel inversé, le film trouve des idées formelles trouvent des idées de mise en tension brillante. Andy, quant à lui, est celui sur qui pèse la culpabilité du passé, porteur d’une histoire familiale violente, mais aussi d’un instinct de survie. Ensemble, ils incarnent une forme d’humanité non encore corrompue, les derniers îlots dans une maison où l’identité des enfants est instrumentalisée. Leur présence dans le récit est donc essentielle : ils sont l'élément de déclencheur de la prise de conscience de la situation.
Où me situer ?
Ce que j’admire, c’est sa capacité à tenir cette tension sans jamais la réduire à une mécanique de genre. La peur ici n’est pas le but, mais le symptôme. Elle naît de ce qui est à peine dit, à peine vu, à peine compris mais profondément ressenti.
Ce que je questionne, c’est peut-être une certaine stylisation de la douleur. Par moments, les Philippou flirtent avec une esthétisation du macabre, qui rappelle les œuvres horrifiques récentes, qui peut semble surligner inutilement ce que les corps disent initialement. Mais cette limite fait partie du projet et ne constitue pas une limite pour moi car elle s'incère avec réappropriation dans la mouvance actuelle.
Quelle lecture en tirer ?
Substitution n’est pas un film d’horreur sur la possession. C’est un film sur l’obsession de réparation. Sur le fantasme qu’un enfant puisse en remplacer un autre. Il interroge la parentalité comme structure sacrificielle. Et, par là, il rejoint une lignée contemporaine où l’horreur n’est plus une rupture avec la norme, mais l’intensification de ce qu’elle contient déjà de destructeur.
Ce n’est pas un film qui se résume. Il faut accepter d’être désorienté, de ne pas tout comprendre, de ne pas pouvoir nommer ce qu’on ressent. C’est dans cette béance que le film trouve sa force.
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