Substitution - Bring Her Back
Note moyenne
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287 critiques spectateurs

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RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 juillet 2025
Subitement orphelins, Andy et Piper, un adolescent presque majeur et sa demi-sœur ayant un trouble de la vue sont envoyés vivre chez une ancienne assistance sociale au comportement quelque peu déconcertant. Pas encore remise de la mort de sa propre fille, celle-ci vit en effet déjà avec un étrange enfant mutique et semble prendre un malin plaisir à vouloir malmener la relation de ses deux nouveaux petits protégés...

Ils avaient beau en avoir quatre à leur disposition depuis la naissance, il aura suffi simplement d'une "Main" surnaturelle aux frères australiens Philippou pour s'imposer comme un duo de réalisateurs-scénaristes sur lequel on avait envie de miser beaucoup. Et, au vu de la qualité de ce "Bring Her Back", on peut dire que cet investissement était le bon car non seulement le tandem ne déçoit pas mais il confirme de belle manière que leur nom est désormais synonyme de films d'horreur sortant de la norme.

Si la thématique du deuil va déborder de leur premier film pour étreindre "Bring Her Back" de toute son enveloppe de traumatismes et de chagrins, les prémices rappellent davantage ici, par leur ambiance, ceux des premiers longs-métrages d'Ari Aster ("Hérédité", "Midsommar") où la mort d'un proche va entraîner des héros dans un environnement inconnu, déviant et particulièrement tordu pour faire éclater au grand jour leurs meurtrissures intimes dans le but d'assouvir de mystérieux desseins.
Ainsi, après l'onde de choc d'une mort dont les remous ne demandent qu'à faire rejaillir un passé trop longtemps tu, Andy et Piper vont se retrouver sous un toit où couve également une souffrance de deuil insurmontable chez la propriétaire des lieux, mais celle-ci semble s'y être perdue, maintenant une façade de mère d'accueil affable sur quelque chose d'obscur et irrationnel avec lequel les Philippou vont savamment jouer la carte du brouillard un long moment. Là où l'eau perd sa symbolique de renaissance pour épouser des relents aussi glauques que mortifères et où les rotations de caméra deviennent celui d'un cercle vicieux de deuils se percutant dans un autre, littéral, tracé pour des forces supérieures, les deux réalisateurs créent une atmosphère suffocante, qui, dans le climat sans cesse plus dérangeant de la maisonnée, oscille entre les représentations de pure horreur et la tension psychologique grandissante entre le quatuor de personnages principaux.

Si, dans le premier cas, ce que l'on nous dévoile comme l'inspiration de cette mère adoptive et les agissements déstabilisants de son enfant vont de plus en plus faire muer l'intriguant en une série de séquences-chocs bien salissantes à l'écran (celle du couteau et ce que l'on qualifiera de "goûter" de l'enfant ont de quoi rester dans les mémoires), c'est bien leur entremêlement à l'incroyable emprise de cette femme sur ses "enfants" et, évidemment, en particulier sur le frère aîné, poussé en permanence dans les derniers retranchements de sa fragilité émotionnelle tout en essayant de garder son rôle de protecteur sincère vis-à-vis de sa demi-soeur, que "Bring Her Back" fait des merveilles, avec une montée en puissance d'événements ne pouvant que nous scotcher sur la quasi-totalité de sa durée.
En ce sens, il faudra aussi saluer la qualité de l'interprétation, incontestable force vive du film, avec une Sally Hawkins à qui l'on aurait envie instantanément de remettre un nouvel Oscar tant elle offre une palette assez sidérante de nuances sur son personnage dévoré par ses troubles et des jeunes interprètes remarquables (Billy Barratt parvient à nous faire vibrer à chaque brisure supplémentaire que l'effondrement psychologique d'Andy induit, Jonah Wren Phillips nous fige à chaque apparition d'Oliver, gamin insaisissable et violemment imprévisible, et Sora Wong maintient une touchante bulle de naïveté face à un chaos rampant qui ne cherche qu'à la faire éclater, tous sont brillants, quelle direction d'acteurs !).

Comme pour "La Main", notamment lorsque le mystère n'en est plus vraiment un, "Bring Her Back" a peut-être un peu plus mal à maintenir le même effet de surprise constant qu'il voudrait produire en intégralité, nous empêchant encore de crier au génie le plus total à l'égard des Philippou (la conclusion est plus que satisfaisante cela dit) mais leur volonté de proposer avec talent un cinéma d'horreur viscéral, hargneux et vecteur de malaises est bien là, omniprésente et généreuse. On ne peut qu'en redemander.
Killian L
Killian L

54 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 août 2025
Bring Her Back nous est présenté comme une sorte de puzzle dont les différents morceaux s'emboîtent peu à peu à mesure que l'on comprend les intentions plus ou moins horribles des personnages. Malgré un scénario solide et de véritables scènes d'horreur, Bring Her Back semble annoncer aux spectateurs une vraie proposition horrifique mais ne va malheureusement pas au bout de ses idées. La force de ce film réside finalement dans son ambiance glauquissime rythmée par des scènes très gores qui risquent fortement de marquer au fer rouge le spectateur.
jthuil
jthuil

22 abonnés 364 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 août 2025
Le genre horrifique souffre actuellement d'une prolifération catastrophique de reboots, prequels, legacyquels et j'en passe, d'un niveau navrant, ce qui ne les empêche pas de profiter d'un box office honorable, venant par conséquent conforter cette production fatigante.
Pourtant, quelques rares voix dissidentes se font entendre ça et là et bousculent l'ordre établi. Ainsi en est-il d'Ari Aster avec Hérédité et Midsommar, de Robert Eggers avec The Witch et The Lighthouse. Ou encore des frères Philipou avec ce Bring Her Back. Tous sont produits par la société A24, preuve de son exigence artistique, malgré les accusations d'élitisme qu'elle essuie et qui personnellement, me font doucement rire. À ce qu'on sache, l'exigence artistique, que ce soit au plan des idées de mise en scène ou au plan de l'écriture, n'a jamais empêché ce qui fait de l'horreur tout son sel : son aspect poisseux et dérangeant, son côté viscéral avec la violence graphique qu'elle se permet d'utiliser, pour diffuser des messages souvent plus subtils qu'il n'y paraît...
En abordant le thème du deuil impossible avec une profondeur psychologique troublante, Bring Her Back en est assurément l'un des dignes représentants. Au-delà de son scénario machiavelique, il bénéficie de l'interprétation proprement hallucinante de Sally Hawkins, qui change radicalement du registre qu'on lui connaît dans des films comme Be Happy par exemple, mais aussi de celle de jeunes comédiens très convaincants. Le film plonge le spectateur dans une atmosphère glauque et extrêmement oppressante dès les premières minutes, et ne le lâche pas jusqu'à la fin, agrémenté de rebondissements étonnants. Mais surtout, il s'avère terriblement émouvant, ce qui est exceptionnel dans le genre. Une réussite totale, dont on sort à la fois secoué et bouleversé.
CinéScope 360
CinéScope 360

6 abonnés 25 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 juillet 2025
Un cauchemar intense, mais inégal !
Le scénario donne parfois l’impression d’être éclaté, manquant de cohérence émotionnelle et narrative, au profit de scènes visuellement marquantes mais isolées

Le film manque d’impact émotionnel durable : malgré ses images fortes, certains ressentent un vide narratif, notamment autour des personnages secondaires ou des motifs occultes évoqués de façon trop elliptique

Moins rigoureux que Talk to Me, Bring Her Back semble parfois trop en quête du choc, laissant une sensation d’excès visuel sans toujours replacer les enjeux émotionnels au centre

Bring Her Back est un film de genre ambitieux, visuellement marquant et porté par une performance dérangeante de Sally Hawkins. Le mélange de body horror, de thriller psychologique et de symbolisme est parfois efficace, mais l’ensemble manque de densité dramatique. Une œuvre fortement sensorielle, qui impressionne mais ne convainc pas totalement.
axel.langdon
axel.langdon

12 abonnés 20 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juillet 2025
Un film vraiment excellent autant que par les thèmes profonds abordés, que par le côté horrifique et violent du film.

Oui oui, je déconseille ce film aux âmes sensibles. Si vous tournez de l’œil à la moindre goutte de sang passer immédiatement votre chemin. Si à la base les films « gores » vous font faire des malaises, c’est même pas la peine d’essayer celui ci.
Ayant plus que l’habitude de ce genre de film (jusqu’à même être fan de la saga Terrifier et de la saga Evil Dead), il y a quasiment aucune scène violente que j’ai pu regarder entièrement tellement que c’est bien fait, réaliste et terrifiant.

Le scénario quand à lui est très bien construit, on crois fermement à tout ce qui se passe même si certaines zones restent floues et non abordés, cela laisse un côté mystérieux au film et ça fonctionne vraiment bien pour cette fois là. Cela laisse place à l’imagination et au doute, ce qui est encore plus terrifiant.

Les acteurs quand à eux sont très bons dans leurs rôles et joue extrêmement bien. Petite mention spéciale à celui qui joue le rôle de « Oliver ».

Pour conclure, j’ai passer un mauvais moment devant ce film mais dans le bon sens du terme LOL
Nous devons le film aux deux frères réalisateurs ayant réalisés le film d’horreur « La Main » sorti en 2022, qui était lui aussi un très bon film que j’avais vraiment particulièrement apprécié et que j’avais trouver originale (et qui était d’ailleurs aussi pas mal violent pour certaines scènes).
Avec ce nouveau film ils continuent tout deux dans une très bonne lancé horrifique.

Ça fait plaisir de voir un film d’horreur de ce genre, ça faisais un moment que j’avais pas eu vraiment peur devant un film d’horreur.
Perchman.fr
Perchman.fr

25 abonnés 366 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2025
Avec Bring Her Back, les frères Philippou confirment leur talent pour l’horreur viscérale et psychologique. Moi qui d’ordinaire fuis le genre, j’ai été totalement happé. Le film est une montée en tension constante, glaçante, sanglante, parfois insoutenable. Les effets spéciaux sont d’une efficacité redoutable, et la mise en scène ne laisse jamais de répit.

Salky Hawkins livre une performance saisissante, tandis que le trio de jeunes acteurs crève littéralement l’écran. L’écriture est intelligente, les rebondissements percutants, et la fin… dérangeante, troublante, mais parfaitement assumée.

Seul bémol : une ambiance parfois trop "contrôlée", où l’on aurait aimé suffoquer davantage pour se perdre totalement dans l’univers. Mais cela n’empêche pas Bring Her Back d’être une réussite à la fois gore, émotionnelle et narrative. Un film d’horreur marquant.
Cam Pattier
Cam Pattier

21 abonnés 233 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2025
Je m’attendais à rien du tout au début.
La première demi-heure m’a laissé complètement en dehors.
Et puis d’un coup, le film prend un virage inattendu.
Là, j’étais complètement dedans.
C’est violent, très gore par moments.
Mais surtout hyper prenant.
Il y a une vraie tension qui s’installe.
Le rythme s’accélère bien et ça devient vraiment captivant.
Franchement, je m’attendais pas à ça.
Je pense que ça peut devenir une vraie référence du genre.
Sortie dans un mois, mais déjà un film marquant.
Luc Renders
Luc Renders

5 abonnés 24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2025
Le malaise s'installe petit à petit dans ce Bring her back mais chaque élément apporté à l'intrigue est plus terrifiant que le précédent ...... en résulte une tension continue et quelques moments bien gores. Le tout non dénué d'une certaine émotion
A voir absolument .......
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

90 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juillet 2025
Après La Main, deux frangins australiens presque inconnus jusque là reviennent dynamiter le film de possession. Bring Her Back est violent, malsain, glauque et suintant. Si parfois le scénario manque un peu de lisibilité, la mise en scène reste d'une efficacité redoutable, avec une Sally Hawkins qui fait froid dans le dos.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juillet 2025
Avec Substitution – Bring Her Back, les frères Philippou livrent un film d’horreur à la fois intime, viscéral et profondément humain. Loin des effets de manche ou des jumpscares attendus, ils signent un huis clos oppressant où le surnaturel s’infiltre dans les failles du deuil et des liens familiaux brisés. Piper, adolescente malvoyante, et son grand frère Andy se retrouvent placés chez Laura, psychologue au comportement de plus en plus inquiétant. Autour d’eux, un garçon silencieux, une maison isolée, des cassettes mystérieuses, et une piscine vide forment les pièces d’un puzzle inquiétant qui prend forme lentement… trop lentement pour en sortir indemne.

Le film pousse les curseurs de la tension sans jamais tomber dans le gore facile. Au contraire, tout est dans la suggestion, dans les regards, les silences, les respirations haletantes. L’horreur naît du quotidien, de l’absence, de ce que l’on ne parvient pas à dire. Ici, le monstre n’est pas une créature tapie dans l’ombre, mais une douleur dévorante, celle d’un deuil inachevé. Laura, incarnée avec une intensité troublante par Sally Hawkins, est une femme brisée, en quête de réparation, prête à tout pour retrouver une illusion de bonheur. Son glissement dans l’horreur se fait avec une telle humanité qu’on en vient à éprouver pour elle une empathie dérangeante.

La grande force de Substitution, c’est justement cette ambiguïté : rien n’est tout à fait démoniaque ni tout à fait innocent. Les effets spéciaux sont au service du récit, jamais gratuits. Oliver, l’enfant possédé, devient la matérialisation d’un chagrin si profond qu’il consume tout. La musique de Cornel Wilczek et le design sonore d’Emma Bortignon plongent le spectateur dans un malaise constant, tandis que la photo d’Aaron McLisky fige la maison dans une froideur presque clinique.

Porté par un casting juste, notamment la révélation Sora Wong et le charismatique Billy Barratt, le film évoque Le Sermon de minuit dans sa manière de faire du mal une promesse de réconfort. Une entité douce en apparence, qui murmure ce que l’on veut entendre : voilà le vrai visage de la possession dans Substitution. Une réussite glaçante, qui prouve que l’horreur la plus marquante est souvent celle qui parle d’amour… dévoré.
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2025
Les freres Philipou confirment après le très bon La main, tout le bien que l'on pouvait penser d'eux. Ils livrent ici un film réussi à la lisière du drame psychologique et de l'horreur viscéral. Le film contient peu de scènes choc mais sait créer une ambiance pesante et malaisante qui permet aux réalisateurs traitee de sujets forts comme le deuil ou la maltraitance. Bien écrit eh réalisé, le film manque pourtant d'un petit quelque chose qui aurait pu en faire un modèle du genre. Peut-être que l'on aurait voulu en savoir plus quant au rituel de sorcellerie au centre de l'œuvre. Les quelques scènes diffusées sur vhs sont assez dérangeantes
pour nous donner envie d'en savoir plus. Il y
aurait pu aussi avoir un rythme plus soutenu, la mise en place de l'intrigue était peut-être un poil long. Cependant Bring her Back est un film de
qualité qui plaira sans doute aux amateurs d'horreur psychologique. Nous ne sommes pas très éloigné d'un film comme Hérédité. A découvrir !
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2025
Le générique et prologue nous immerge dans l'horreur la plus totale, passant d'images presque subliminales évoquant les tueurs en séries ou les sectes psychopathes au drame familial le plus commun et le plus tragique. Le ton est donné, le film va forcément être terrible et morbide avec une fratrie brisée mais soudée qui va être accueillie par une femme qu'on devine d'emblée qu'elle ne peut être sainte d'esprit, ou est-ce nous qui jugeons trop vite ?! Ce qui sauve le film vraiment est que les réalisateurs évitent judicieusement l'écueil habituel du genre, de la tierce personne responsable qui ne veut rien entendre ou comprendre jusqu'à la bêtise. Le gore se révèle par une agressivité frontale qui nous fait détourner les yeux, et c'est rare ! Très bon point pour le maquillage et les effets visuels avec plusieurs séquences éprouvantes (ATTENTION aux âmes sensibles !), des images chocs qui n'ont d'égales que le plan glauque d'une âme déchirée et, finalement, la plus aveugle n'est pas celle qu'on croit. On mettra un seul bémol sur les origines et/ou le processus initial qui ont amené à la tentative au centre du récit qui restent trop flous ou trop occultés. Un des 2-3 meilleurs films d'horreur de ces années 2020, à conseiller fortement si vous avez l'oeil avisé et le coeur solide.
Site : Selenie
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 338 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 juillet 2025
Beaucoup de scènes d’un intérêt très réduits, pour arriver au fur et à mesure à un semblant d’histoire toujours aussi branquignolesque, où la tension n’est pas au rendez-vous et la frayeur encore moins.
Pas de quoi être conquis à mon grand regret.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 août 2025
Un conte de Grimm moderne, voilà comment je pourrais qualifier rapidement Substitution. Un film d horreur qui ne fait pas peur mais où le malaise est géré de main de maître. Je décernerai d’ailleurs aux frères Philippou une maîtrise dans l art du cadre malaisant ponctué d un gore qui prend aux tripes et qui se fait dresser sur son siège. On trouve en plus dans ce Substitution un aspect morbide parfaitement maîtrisé que je qualifierai de poésie trash pour le coup assez inclassable. Sans quelques pétouilles scénaristiques on était proche du chef d œuvre.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 août 2025
Si vous cherchez le confort, vous vous êtes trompés de film. Car les frères Philippou ne sont pas là pour jouer la sécurité. Chez eux, l'horreur n'est pas triviale ou amusante. C'est quelque chose de viscéral qui vous met face à l'interdit pour sortir de cette torpeur à laquelle on associe trop souvent le spectateur. Comme il s'agit d'une production A24, il serait facile de placer Substitution - Bring her Back aux côtés des films d'Ari Aster. Il y a bien quelques passerelles entre les deux univers : les rituels morbides, la contamination du mal et la mort qui rode (elle hante chaque scène du film),... Ce serait néanmoins minimiser la réussite du film par rapport à Hérédité ou Midsommar qui à mes yeux pêchent par longueurs et l'absence d'empathie pour ses personnages. De leur côté, les frères Philippou ne perdent jamais de vue le facteur humain, seul à même de faire supporter la violence insoutenable dont nous allons être les témoins. On a plus d'égards pour Piper puisque son handicap (elle est malvoyante) la rend plus vulnérable aux menaces et aux mensonges. Là où son grand frère Andy est plus réactif mais assez fragile pour se laisser enfumer. Étonnamment, l'émotion affleure également chez Laura, l'assistante familiale bizarroïde, dont les actes les plus odieux restent néanmoins dictés par une obsession maternelle. C'est cette même humanité qui permet à Substitution de frapper si fort dans l'horrifique. Sur le plan psychologique, elle se déploie du début à la fin. J'ai rarement vu un film aussi dérangeant, chaque scène vous enfonce un peu plus dans le glauque et sans forcer. De petites indiscrétions à l'agression morale (cf. l'enterrement) sans parler des manipulations répugnantes. Puis soudainement, on bascule dans la violence graphique lors de séquences proprement abominables. Tout ce qui entoure ce fameux rituel - que les frères Philippou se gardent de rationaliser, fort heureusement - ramène à un cinéma d'horreur extrêmement organique et viscéral qu'on ne voit plus beaucoup. Difficile de dire qu'on s'éclate devant le long-métrage, il n'est pas fait pour ça. Sa raison d'être, encore une fois c'est de vous mettre face à l'indicible. Un mauvais moment à passer, indéniablement. Mais qui vous laisse une marque qu'il sera difficile d'effacer.
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