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Olivier Levigne
37 abonnés
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4,0
Publiée le 19 octobre 2024
Un film polonais qui se passe dans la période des années 90, ce qui est très bien retracée. Période post communiste. Mais avant tout, un bon polar, un thriller, non pas à la mode de Hollywood, avec une sensibilité bien plus européenne. Des décors et des interprétations qui sont totalement à la hauteur. Je décide de noter ce film 4 et déclarer qu'il est TRES BIEN. Je vous invite à le regarder le plus vite possible si vous aimez ce genre là.
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3,0
Publiée le 12 décembre 2024
Tadeusz Gadacz, un ancien officier de police, se voit offrir la chance de retrouver sa place dans les forces de l'ordre s'il parvient à mettre sous les verrous les braqueurs d'une banque qui ont laissé plusieurs cadavres derrière eux. Pour cela, il dispose d'un temps limité... "Napad" n'est pas une question de "qui a fait le coup", mais de "comment ils vont être coincés". Cela peut décevoir ceux qui veulent voir une vraie enquête de police et tout ce qui va avec, mais Michal Gazda arrive à maintenir un intérêt jusqu'au bout malgré un suspens quasiment inexistant et un rythme faible. Il compense par les méthodes discutables de ce flic de la vieille école qui tente par tous les moyens de déstabiliser les suspects en leur mettant le plus de pression possible afin de les pousser à la faute. Il y a aussi des changements de point de vue à la fois de la police et des braqueurs pour les actions et les conséquences de ce mano à mano incarné par deux acteurs convaincants. Dans l'ensemble, c'est donc plutôt pas mal.
Que voici un excellent polar ! Certes le postulat de départ à de quoi intriguer ! Aller chercher spoiler: un ancien membre de la police secrète de l'ère communiste au passé chargé pour résoudre une affaire de casse sanglant... Comme si la police n'était pas capable de se débrouiller.. . Mais cela ne fait que refléter les démons hantant encore la société polonaise. Dans ce cas on recherche l'efficacité à tout prix quel qu'en soit le protagoniste. Cela veut dire aussi qu'on évite tout manichéisme, personne n'est tout noir dans cette affaire, même le pire salaud à l'instar du tueur possède une part (une petite part) d'humanité. L'enquête est rigoureuse, Olaf Lubaszenko adoptant une attitude débonnaire (sauf quand le naturel reprend un instant le dessus) Son assistante la belle Wiktoria Gorodecka illumine le film de sa beauté. Quant aux méchants ils sont rigoureusement bien écrits. On ne s'ennuie pas, la réalisation est sans esbrouffe (à quoi cela aurait-il servi ?) Un bon polar qui fait bien la pige à pas mal de bourineries hollywoodiennes.
Le film se passe en Pologne dans les années 90. À première vue, l'intrigue pourrait paraitre assez banale. L'histoire du flic retiré des affaires qu'on vient chercher pour résoudre une affaire épineuse, parce qu'après tout c'est le meilleur, on connaît. Sauf que l'ex flic n'a pas été radié pour indiscipline ou pour une bavure. Il n'a pas démissionné par lassitude ou par honnêteté. Ce n'est pas un héros déchu. C'est un salaud. Ou plutôt un ancien salaud. Un ex flic de la police politique de l'époque soviétique. Qui pour cela a été rayé des cadres. Et le premier miinistre qui l'a rappelé aux affaires est un responsable de Solidarnosk qu'il a fait torturer jadis. Tout cela n'intervient pas directement dans l'intrigue policière, mais contribue à créer une ambiance glauque de rancœur, de défiance, de suspicion qui montre que les anciennes plaies ne sont pas refermées. Le temps maussade, les décors pauvres de la campagne polonaise ajoutent encore à cette atmosphère pesante. La mise en scène est sans génie, et correspond au travail d'enquête méticuleux du flic (Olaf Lubaszenko) qui montre que, quelle que soit l'objet d'une enquête, politique ou criminelle, les ingrédients sont les mêmes : méthode, sens du détail, et un certain flair. Le policier est plus Hercule Poirot que Philippe Marlowe ou Sam Spade. Il n'a aucun charisme. Mais disons une certaine épaisseur, une présence que le doublage traduit assez bien. Le reste des personnages, notamment son adjointe, est bien brossé, bien travaillé. On voit en fond le passage un peu chaotique, et à marche forcée, d'un pays qui s'extirpe avec peine d'un régime dont l'ex-policier est le vestige un peu gênant , pour s'engager vers un capitalisme prometteur de richesses. Avec quelques dégâts collatéraux, dont une jeunesse qui a du mal à prendre le train de la réussite. La fin, où l'on voit l'adjointe honorée et Olaf retourner à ses regrets et son anonymat, est symbolique de cette page tournée et de l'avènement d'un monde nouveau.