Réalisé par Vinciane Millereau, avec Elsa Zylberstein et Didier Bourdon, C’était mieux demain est une comédie mêlant voyage temporel, satire sociale et portrait de couple. Le film suit Hélène et Michel Dupuis, un foyer tranquille des années 1950, qui se retrouvent soudainement projetés en 2025. Pour elle, c’est la découverte d’une liberté longtemps refoulée, pour lui, c’est le choc d’un monde où ses privilèges s’effondrent. 
Sur le plan des idées, j’ai apprécié la finesse du concept : jouer à la fois sur la nostalgie des années 50 et sur l’irruption du présent permet de générer à la fois des moments légers et des réflexions sur l’évolution de la société. L’alternance entre le “vieux monde” et le “nouveau monde” offre, dans sa première moitié, de nombreux bons gags visuels — la réaction de Michel face aux smartphones, la libération d’Hélène dans un contexte différent —, et le duo Zylberstein/Bourdon fonctionne bien dans ce contraste générationnel.
Cependant, malgré ces points positifs, le film n’atteint pas complètement son potentiel. Le rythme est parfois trop tranquille, certaines scènes auraient gagné à être plus resserrées, et on ressent évidemment des longueurs qui freinent l’envie de plaquer ce monde inconnu. Le ton oscille entre la comédie pure et le commentaire social, mais sans jamais basculer vraiment dans l’un ou l’autre avec force.
J’ai surtout été frappé par deux choses : d’un côté, le plaisir qu’on prend à voir un film “intelligent” — l’écriture est plus soignée que beaucoup de comédies françaises du moment, les dialogues clins d’œil à l’époque passée sont astucieux. De l’autre, l’impression que le film reste sur des rails un peu trop sûrs : on ne se sent jamais totalement surpris, ni vraiment bouleversé.
En fin de compte, C’était mieux demain est un film sympathique, un divertissement qui fait sourire et réfléchir sans excès. Il mérite d’être vu, surtout pour son originalité et sa sincérité, mais il manque l’étincelle qui aurait pu le rendre vraiment mémorable.