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Le film, Coolie, ça démarre comme une promesse : Rajinikanth qui revient, vieux lion, silhouette taillée dans la légende, une histoire de vengeance qui gronde comme un tambour. Mais la promesse s’effiloche vite. On attend le rugissement — on n’entend qu’un souffle fatigué.
Deva, son personnage, aurait pu porter l’épaisseur du mythe : un homme forgé dans la douleur, brûlé par les fautes des autres, avançant vers sa propre rédemption. Mais la mise en scène hésite. Lokesh Kanagaraj filme large, filme fort, mais sans précision. Tout est étiré, saturé, surjoué. Trois heures de drame gonflé comme une voile qui ne prend pas le vent.
On voit les coups, mais on ne sent pas la douleur. On voit les cris, mais on n’entend pas l’écho. Le cinéma d’action indien a souvent ce goût du trop-plein — ici, ça tourne au vacarme. Les ralentis répétés finissent par tuer l’émotion. Les dialogues, censés être tranchants, deviennent des slogans. Et Rajinikanth, immense acteur, se retrouve coincé dans une caricature de lui-même : regards appuyés, gestes de statue, aura forcée.
Les seconds rôles ? Shruti Haasan, Pooja Hegde, Nagarjuna — tous prisonniers d’archétypes. Femme qui attend, ennemi qui ricane, allié qui tombe. Aucun n’existe vraiment. On devine des arcs narratifs qui auraient pu surprendre, mais tout retombe dans la facilité.
Et puis il y a cette durée — 2h48. Lenteur qui n’éclaire rien. Le temps étiré, non pour creuser, mais pour remplir. Les scènes se ressemblent, les confrontations s’annulent. La vengeance devient mécanique, répétée comme un mantra vidé de sens.
Bien sûr, reste la musique. Quelques envolées qui frappent juste, des couleurs vives, une énergie brute, par moments. Mais ce sont des étincelles éparses, noyées dans une mer d’excès.
Alors quoi ? Coolie aurait pu être une fresque violente, une méditation sur la mémoire et la dette. C’est finalement une épopée fatiguée, qui confond grandeur et emphase. On sort étourdi, pas ému. Note : 8 sur 20. Pour Rajinikanth, pour deux ou trois images qui résistent au tumulte. Mais pas plus.