En 1943, en Suisse, tandis que la guerre est aux portes de la frontière, Emma, 15 ans, défie sa communauté protestante répressive pour se forger un chemin vers la liberté…
Pour son premier long-métrage, la réalisatrice Marie-Elsa Sgualdo nous replonge dans les affres de la Seconde Guerre Mondiale, mais là n’est pas le sujet principal du film, il s’agit uniquement de poser un cadre, un contexte. En réalité, le film dresse le portrait intime d’une jeune domestique qui vit chez un pasteur, spoiler: victime d’un viol , elle devra se battre seule, face à l’ordre rigoureux de son village pour s’émanciper.
Le film se déroule en Suisse et la réalisatrice (suissesse) n’évite aucun tabou lié à la guerre, notamment sa neutralité spoiler: (du moins, en apparence, car les interceptions frontalières de juifs pour les livrer aux nazis côté français étaient nombreuses), alors même que le pays a grandement participé à l’industrie de l’armement spoiler: (en gros, on veut bien vendre des armes, mais pas y participer). Et à côté de ça, elle dresse un portrait intime et tout en pudeur de cette jeune femme qui, suite à un épisode traumatique, va devoir se reconstruire, se libérer des carcans (du joug patriarcal et de cette communauté protestante rigoriste, d'où le titre à l'international, de "Silent Rebellion", une rébellion silencieuse).
Marie-Elsa Sgualdo signe un très beau film, sobre et magnifiquement incarné par Lila Gueneau (Eat the Night - 2024), aux côtés de Grégoire Colin.
spoiler: Suisse, 1943, dans une communauté protestante, non loin de la frontière française. Emma, 15 ans, jeune fille timide en apparence, mais déterminée, est sur le point de recevoir un prix de vertu. Mais un événement dramatique va infléchir sa destinée. Récit initiatique, mais surtout d'émancipation, A-bras-le-corps ne cesse de scruter le visage de son héroïne, interprétée par la remarquable Lila Gueneau, à grands renforts de gros plans, lesquels mettent en valeur le joli minois de l'actrice, mais finissent par agacer par leur caractère répétitif. C'est un peu dommage, car dans le même temps, la réalisatrice ne fait que survoler certains thèmes tout aussi passionnants, [spoiler]à commencer par l'hypocrisie de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, qui argue de sa neutralité pour collaborer avec les occupants allemands en France, lorsqu'il s'agit de rejeter les Juifs qui tentent de se réfugier sur le territoire helvétique. Ce n'est certes qu'une toile de fond dans le scénario du film, mais il n'aurait pas inutile de le développer davantage. Même remarque pour le personnage du pasteur, incarné par le toujours impeccable Grégoire Colin, qui recélait un potentiel non négligeable dans l'expression de sa libre parole, y compris dans sa relation paternelle avec Emma. [/spoiler]
Pas terrible. Le film s'arrête quand il semble que l'on n'ait pas pas compris la rébellion et ce que l'héroïne du film compte faire. C'est assez plat, chronologique sans qu'aucun personnage ne se détache malgré la présence dans tous les plans d'Emma. J'en sors peu convaincu. Film à oublier.
Vu dans le cadre du Festival Premiers Plans à Angers, À bras-le-corps est un premier long métrage fort, sobre et profondément touchant. Marie-Elsa Sgualdo signe un film délicat, tendu, qui avance tout en retenue, en laissant parler les silences, les regards et les gestes.
La mise en scène est fine et maîtrisée, sans effets inutiles. Le film aborde des thèmes lourds avec pudeur et intelligence, sans jamais tomber dans le sensationnalisme. On ressent une vraie sensibilité et une colère contenue qui donnent au récit une puissance durable.
Lila Gueneau impressionne dans le rôle principal. Sa performance est intense, fragile et magnétique, et porte largement le film.
Un premier film sérieux, émouvant et marquant, qui révèle une réalisatrice à suivre de près.
La force du scénario et de sa mise en scène est son choix d’aborder les faits de manière silencieuse appuyant ces situations où les femmes abandonnées à leur sort doivent s’adapter aux dictats. Ce même silence souligne également le poids de cette guerre aux frontières de la Suisse dont l’hypocrisie de sa neutralité est abordé par petites touches. Dans ce contexte, des vérités à travers les personnages ressortent nous rappelant un passé douloureux.
Premier long métrage pour Marie-Elsa Sgualdo, le scénario nous offre un récit complet sur la bravoure féminine. (source Claudine Mourette, zickma)
Vu en AVP lors d’une projection à Neuchâtel, Suisse. Un rappel que le service public c’est aussi un soutien à la création de ce genre de films. Film aussi désagréable au visionnage qu’indispensable. Merci aux artistes de nos régions pour le travail !
En Suisse, en 1943, dans une famille modeste, le destin fatalement tragique d’une jeune fille de 17 ans victime du patriarcat. Pauvre femme, courageuse et méritante, qui prend la vie à bras le corps… un peu too much. La photo est bien mais classique, les acteurs sont biens mais tout est un peu « attendu ».
Un film magnifique qui raconte un pan intime de la 2eme guerre mondiale à travers un regard féminin déterminé et extremement touchant. Le titre anglais en dit beaucoup sur l'histoire et comment l'accumulation des rebellions silencieuses a mené à l'émancipation progressive des femmes dans nos sociétés. C'est un récit important et precieux!
Je suis allé voir SILENT REBELLION sans trop savoir à quoi m’attendre à l'avant-premiere et j’y repense encore plusieurs jours après. C’est un film très subtil, qui ne cherche jamais à en faire trop, mais qui touche souvent très juste.
J’ai particulièrement aimé la manière dont le film laisse de la place au silence, aux regards, aux petites tensions entre les personnages. On sent une vraie confiance dans l’intelligence du spectateur. Certaines scènes sont presque inconfortables tellement elles paraissent vraies.
La mise en scène est très élégante, les sont , et il y a quelque chose de profondément humain dans cette histoire de révolte intérieure et de besoin de liberté.
Ce n’est pas un film “spectaculaire” au sens classique, mais c’est précisément ce qui le rend précieux. Un film sensible, sincère et marquant.
Ce premier film (long métrage) de la réalisatrice Maria Elsa Sgualdo est un chef d’œuvre, Le scenario, les actrices et acteurs sont magistraux. Ce fut une révélation.
En Suisse, pendant la Seconde Guerre mondiale, Emma (Lila Gueneau) est une jeune fille pauvre employée comme bonne à tout faire dans la famille d’un pasteur (Grégoire Collin). Un journaliste genevois de passage la force et la met enceinte. Pour éviter l’opprobre, Emma n’a d’autre solution que d’accepter la demande en mariage de Paul.
La Suisse n’est hélas pas un grand pays de cinéma. Sauriez-vous me citer un réalisateur de ce pays, à l’exception peut-être de Godard, qui a fait toute sa carrière en France ? Aussi, on accueille les rares films réalisés et tournés dans ce pays pourtant si proche avec une curiosité bienveillante : "En première ligne" sur la résilience d’une infirmière sous tension, "Olga" sur une jeune gymnaste ukrainienne, contrainte à l’exil, "Les Conquérantes" sur la tardive reconnaissance du droit de vote aux femmes…
"À bras-le-corps" rappelle d’ailleurs un autre film suisse récent qui n’a guère eu de retentissement : "Foudre", sur l’émancipation d’une jeune fille dans une communauté paysanne d’une vallée retirée du Valais au début du vingtième siècle.
C’est une histoire similaire de coming-of-age qui est racontée ici. On en a déjà vu beaucoup. Celle-ci n’aurait guère d’intérêt si ne lui étaient accolées deux autres dimensions historiques. La première est la condition domestique : Emma jouit dans la famille qui l’emploie d’un statut ambigu. Elle est l’employée, la domestique ; mais elle devient la confidente du pasteur qui, tenaillé par le doute existentiel et un alcoolisme rampant, la protège de la mère, laquelle pousse sa candidature au prix de vertu distribué par la paroisse, et l’amie intime de la fille de la famille.
La seconde est la situation bien particulière de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale qui n’a réussi, face à l’Allemagne nazie, à maintenir sa neutralité qu’au prix de nombreuses compromissions, notamment sur la traque des Juifs qui tentaient d’y trouver refuge.
À bras-le-corps est un récit plein de poncifs, qui ne vit pas, et qui ne raconte pas grand-chose.
L'intention de départ est louable, puisqu'il s'agit ici de s'interroger sur les possibilités qui étaient données aux femmes au début du XXe siècle, en dénonçant le manque de libertés qui leur étaient offertes. Malheureusement, le film n'est qu'un étalage de clichés déjà vus 1000 fois ailleurs, et la réalisatrice n'apporte aucune patte d'autrice, ni aucune véritable vision du sujet. Avant même de voir le film, on soupire devant l'affiche : celle-ci est déchirée pour effacer la bouche du personnage de Lila Gueneau, montrant qu'elle est comme bâillonnée, réduite au silence, prisonnière.
Qu'à cela ne tienne, il ne faut pas s'arrêter sur une simple affiche, et je me suis donc installé dans la salle. L'ensemble aurait pu être passionnant s'il n'avait pas accumulé autant de clichés à la minute et, surtout, si le film avait été un tant soit peu vivant. Car côté personnages et dialogues, c'est le calme plat. Les répliques sont déclamées de manière froide et robotique. La mise en scène est plan-plan et sans idées. La photographie est grise et terne comme la plupart des films qui prennent place en temps de guerre. Les acteurs / actrices n'ont rien à jouer, car les scènes sont figées et que le propos est vide (si ce n'est : "bouh les pauvres femmes"). Bref, rien ne dépasse, c'est poli et scolaire.
Pour conclure, À bras-le-corps n'est pas désagréable à voir, mais il ne va pas laisser une grande marque dans le cinéma. Son message assez vide et impersonnel ne bouleverse pas les codes, et aucune scène n'est particulièrement mémorable puisque le ton du film est monotone. Une sacrée déception.
Film magnifique et touchant, avec des personnages d'une complexité remarquable, et un superbe scénario (le contexte de la seconde guerre mondiale en Suisse est parfaitement exploité). Lila Gueneau est absolument bouleversante, une révélation.
… ce qui est, en réalité, le titre original de ce film suisse signé par Marie-Elsa Sgualdo. Outre le fait que je ne comprends pas le titre français, ces 96 minutes sont bouleversantes et traitent d’un aspect peu connu de la dernière (?) guerre : l’occupation nazie en Suisse. Enceinte à 15 ans, Emma défie la communauté protestante répressive de son village. Affrontant l'hypocrisie morale et le spectre de la Seconde Guerre mondiale, elle transforme son traumatisme en capacité d’émancipation. Superbe photographie et une jeune actrice plus que prometteuse portent le film à un excellent niveau. Parfois difficile mais passionnant. Se forger un chemin vers l'autodétermination, transformant son traumatisme en catalyseur d'émancipation tout en affrontant l'hypocrisie morale du village et le spectre de la Seconde Guerre mondiale qui l'entoure, voilà le défi auquel est confrontée la jeune héroïne. On sent bine, d’emblée, qu’on ne va pas assister à une comédie débridée. Mais, bien que très lourd, le sujet est superbement traité par un scénario subtil, évitant à tout prix le manichéisme, - ce que je craignais par-dessus tout -, sans émotion et sans hystérie, on entre très vite en empathie avec le personnage central et c’est là la grande force de la jeune réalisatrice helvète qui, pour son 1er long-métrage, a parfaitement maîtrisé ce drame noir et sordide. Les thèmes de la résilience et de la jeunesse se mêlent habilement avec le récit d’émancipation et d’apprentissage et également au drame historique aux enjeux contemporains. C’est plus qu’intéressant et vaut franchement le détour. Lila Gueneau, du haut de ses 20 ans, porte le film de bout en bout. Elle impose une présence étonnante, alors qu’on ne l’avait vu qu’une fois sur grand écran, en 2020, dans L’aventure des Marguerite. Vraiment une actrice à suivre. A ses côtés, on remarque Grégoire Colin, Thomas Doret, Aurélia Petit, Sandrine Blancke et Sasha Gravat-Arches souvent dans des rôles ambigus. Un film qui nous fait comprendre la lente évolution des droits des femmes et de leurs libertés qui se fait au fil des générations grâce à la somme de ces histoires singulières, à l’image de celle du personnage principal.