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jean-lucbernet
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3,0
Publiée le 1 avril 2026
Je viens de voir ce film. Notons qu'il a été sélectionné par le Parlement pour participer à l'attribution du prix Lux. C'est mérité :le film brille par son authenticité.et le sujet n'a rien d'artificiel. Sur le plan strictement cinématographique, il aurait gagné à être un peu plus nerveux (le vrai sujet ne se dévoile qu'à 15 mn de la fin) et peut-être qu'une deuxième trame, policière ou dramatique, superposée à l'argument psychologique, aurait apporté une valeur ajoutée.
Vu en avant-première au Festival du Cinéma Espagnol de Nantes, Eva LIBERTAD livre un premier long-métrage très touchant. Deux acteurs principaux d'une remarquable interprétation, et une réalisation très juste et émouvante, à voir.
Ce premier long métrage de cette réalisatrice et scénariste espagnole est parfaitement réussi tant dans sa réalisation qu’au niveau du scénario. Elle raconte très bien la vie de ce couple dont la femme atteinte de surdité attend un enfant. Le film détaille bien la manière de vivre de ce couple qui vit avec cet handicap et décrit avec précision et émotion les effets de cette situation. La jeune femme sourde est extraordinaire dans son rôle qu’elle assure avec beaucoup de réalisme, de crédibilité et d’émotion. Ce film apporte aussi un autre regard sur la surdité et la maternité.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 12/03/2026 au Club 13 à PARIS)
Un très beau film, très espagnol mais surtout un exceptionnel film-document sur les sourds. L’actrice qui joue Angelã est la sœur de la réalisatrice, elle est sourde et c’est une merveilleuse comédienne. Le scénario, nous plonge subtilement dans la joie (ambiguë) de la naissance d’un enfant chez un couple sourd/entendant. L’histoire est compliquée et c’est - pour la réalisatrice - une opportunité pour explorer avec finesse la complexité générée par ce handicap.
Vu en avant-première au Jeu de Paume dans le cadre du prix LUX. Angela et Ivan forment un couple heureux et soudé. Elle est sourde, lui entend. L'attente puis l'arrivée de leur premier enfant vont introduire entre eux des tensions, liées aux peurs et aux difficultés d'Angela : difficultés de la communication avec les entendants et de la création du lien avec la petitespoiler: , qui elle entend , peur d'être exclue, de rester en marge... Ce film sensible nous fait ressentir profondément comment notre monde peut sembler hostile à ceux qui n'entendent passpoiler: - jusqu'à nous faire basculer à la fin, par le biais de la bande-son, dans le monde silencieux d'Angela . Toute la progression construite par le film, qui suit la grossesse puis les premiers mois de l'enfant, se fait par touches subtiles, nous rendant sensibles les problèmes de communication et les situations excluantes pour la mère dans sa relation avspoiler: ec sa petite fille. Les acteurs sont formidables et concourent à la réussite de cette chronique fine, intelligente et émouvante.
Le documentaire français "Elle entend pas la moto", "Fais-moi un signe" venu du Japon et maintenant l'Espagnol "Sorda", décidément le sujet de la surdité semble intéresser le cinéma en ce moment, avec à la clé trois propositions bien différentes. Ici c'est la voie très très intime que choisit Eva Libertad dans un premier long maitrisé qui nous embarque au plus près des sentiments, des sensations d'Ángela, au point parfois de nous faire entendre son univers sonore, fait certes de silence mais aussi d'horribles amplifications, distorsions lorsqu'elle cède à la pression de son entourage et s'appareille. Le film ne caresse personne dans le sens du poil, ni ses protagonistes ni ses spectateurs, hors de question donc de nous "rassurer" mais plutôt une volonté de montrer la réalité, la plupart du temps cruelle, celle de deux mondes qui ont du mal à avancer au même rythme, à réellement comprendre l'autre. La réalisatrice, en cela on sent la sociologue derrière l'artiste, ne s'apitoie pas sur son personnage principal, pour une raison simple : celle-ci ne le supporterait pas et lui réclamerait plus d'adaptation et moins de pitié.
Ce film présenté en avant première par le CSF, nous plonge dans le monde de la surdité à travers la vie d'une famille espagnole. Une immersion totale.... pleinement réussie !
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3,0
Publiée le 28 novembre 2025
Ángela s'est construit un havre de paix où sa surdité n'est jamais un problème. Que ce soit dans sa vie de couple, avec la famille ou au travail, la parole a été remplacée par le langage des signes. Lorsqu'elle tombe enceinte, elle doit sortir de sa bulle et affronter le monde extérieur. On voit tout de suite une différence quand son impressionnant calme laisse place à de l'anxiété et aux doutes. Eva Libertad adapte son propre court-métrage éponyme et donne la parole en quelque sorte à ces personnes malentendantes confrontées aux barrières d'une société pas toujours accueillante, compréhensive ou tout simplement pas préparée. Des obstacles et des difficultés qui ont une répercussion sur sa vie de femme, d'épouse et de mère. La scène qui caractérise le mieux "Sorda" est celle de l'accouchement. Un moment très fort et bouleversant, pas pour le bonheur ressenti par les parents, mais pour tous ces sentiments contraires qui envahissent Ángela. Des émotions qu'Eva Libertad arrive à transmettre avec bienveillance et délicatesse. J'ai un peu moins aimé que ça vire au simple drame domestique, car ça reste un couple comme un autre dans ce cas-là, mais "Sorda" est un film touchant et bien incarné.
Sorda est le prolongement du court métrage éponyme (2022) d'Eva Libertad, sélectionné dans plus de 70 festivals et récompensé d'une trentaine de prix dans le monde entier. Son histoire est inspirée par celle de la sœur de la réalisatrice, elle-même sourde et actrice, qui joue le rôle de cette femme angoissée alors qu'elle ne sait pas encore si son futur enfant entendra ou non. Le film joue la carte du naturalisme spoiler: puis se recentre sur le couple (le mari n'a pas de handicap), avec les difficultés pour bien s'entendre (sans jeu de mots) dans l'éducation de ce bébé. La cinéaste tourne ce qui est presque un documentaire, au moins pour les 2/3 du long métrage, et choisit alors de véritablement nous immerger dans l'univers de son héroïne, en jouant de manière intelligente, et parfois même angoissante avec les sons. Le film ne cherche pas à susciter un trop-plein d'émotion, mais entreprend plutôt de nous faire comprendre à quel point la surdité est un lourd poids dans une société qui ne prend en compte que les "valides." Cette volonté pédagogique, hautement estimable, rogne cependant en partie la qualité romanesque d'un film, par ailleurs sans éclat particulier dans sa mise en scène, et dont le personnage principal, qui souffre et n'est pas compris par les entendants, agit parfois d'une façon pouvant être considérée comme trop égoïste.
Bonjour, ce film est déjà sorti en Belgique où il a un certain succès. On découvre le monde des sourds via une jeune mère sourde désemparée devant son enfant entendant. Les acteurs sont formidables et le scénario est juste beau. À voir !
Perso, j'ai beaucoup aimé. Pour un entendant, c'est un magnifique voyage au pays des mal entendant. Pas de quoi en saisir toutes les arcanes. Mais entrevoir tout du moins ce à quoi il peut ressembler.
Sorda manque cruellement de réel parti pris entre les 2 personnages principaux. On tente d'abord de s'attacher à la mère qui au fur et à mesure fait preuve de mauvaise fois, et d'égoïsme, puis on tent de s'attacher au père vers la fin, mais le manque de temps empêche tout empathie. Il aurai fallu assumer un choix que l'on porterai jusqu'au bout.
La séquence d'accouchement de ce film est LA scène la plus intense et réussie des 7 films en compétition à Cabourg. Malheureusement elle fait la transition entre les 2 étapes du film et arrive déjà au bout de 45 minutes. Cette séquence aurai mérité d'être le climax du film.
Sorda propose vers la fin quelque chose d'assez inattendu et pourtant prévisible ; se mettre à la place de la protagonsite et de nous faire vivre ce qu'elle entend. Et pendant 20 minutes la salle est silencieuse, on entend des ventres gargouiller. Il fallait quelque chose comme ça. Mais il aurai fallu des interruption de temps en temps pendant le film plutôt qu'une seule grosse vers la fin.
Le sujet est important, le discours et fort, mais les choix de scénario plombent une partie du film.