Pillion
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Pillion" et de son tournage !

Naissance du projet

Après le succès de son court-métrage Wren Boys, sorti en 2018, l’histoire d’un prêtre catholique qui conduit son neveu dans une prison irlandaise pour des retrouvailles inattendues, Harry Lighton a commencé à développer son premier long métrage. Son choix s’est porté sur l’adaptation de Box Hill d’Adam Mars-Jones, une histoire mettant en scène un jeune banlieusard introverti qui devient le compagnon soumis d’un séduisant motard.

"Adam a compris que cinéma et littérature sont deux arts différents et m’a laissé carte blanche. Cela a été un cheminement tortueux, en ne perdant jamais de vue la relation et la dynamique de pouvoir entre Colin et Ray. Après plusieurs ébauches de scénario qui situaient l’action à des époques et dans des lieux différents, j'ai finalement recentré l'histoire autour de la communauté des motards gays de la banlieue de Londres", confie le réalisateur, en poursuivant :

"La plupart des modifications résultent d'une volonté de trouver un équivalent cinématographique à certains aspects du roman, qui me semblaient intéressants sur le plan psychologique. L’humour du livre repose en grande partie sur la voix intérieure de Colin, mais je ne voulais pas avoir recours à une voix-off. J’ai donc longuement réfléchi à la manière de transposer ces passages à l’écran."

Que signifie "pillion" ?

"En anglais, le mot pillion désigne la place du passager sur une moto. Chez les motards, c’est le terme utilisé pour désigner la personne qui s’assoit à l’arrière. Chez les motards gays, cette place arrière est teintée d’une connotation de soumission. Pillion est un film sur la remise en question des valeurs dont on hérite."

"Nous sommes tous aux prises avec des modèles et des dynamiques de relations, qu’elles soient sexuelles ou platoniques. Je voulais montrer que des contradictions existent dans les relations atypiques, où la brutalité et la tendresse coexistent."

Changement de temporalité

Harry Lighton a choisi de situer l'histoire du film dans la banlieue londonienne actuelle (l'intrigue du roman se déroule en 1975) pour amplifier le mystère entourant le personnage de Ray : "J’ai trouvé que le mystère de Ray, son absence de racines étaient plus captivants si l’histoire se déroulait au présent. Dans les années 70, beaucoup d’homosexuels en Grande-Bretagne cachaient leur identité par nécessité, ce qui est beaucoup moins le cas de nos jours, si bien que les raisons de son anonymat sont plus difficiles à saisir pour le public."

"Et puis, aujourd’hui, une intrigue portant sur des parents qui font l’autruche concernant l’homosexualité de leur fils, c’est désuet. J'étais plus intéressé par l'idée de parents qui se montrent encourageants et disent également : « C'est mal. » Les parents de Colin le poussent activement à avoir une relation homosexuelle, mais lorsque celle qu’il entame ne correspond pas à leur conception d’une relation saine, ils ne l’acceptent plus."

Préparation pour Alexander Skarsgård

Pour se préparer au rôle, Alexander Skarsgård a visionné le film expérimental culte de Kenneth Anger, Scorpio Rising, qui met en scène des motards au début des années 1960 se préparant pour une soirée. "Ce film de 1963 diffère du nôtre visuellement et esthétiquement, mais il était révolutionnaire au moment de sa sortie", explique-t-il.

"Le film de Kenneth Anger montrait des motards au look classique inspiré par Marlon Brando, en jean et cuir noir, mais le fond et le ton, le sous-texte homoérotique de ces mecs qui astiquent leur bécane, m’ont beaucoup inspiré. Je ne voulais pas que le personnage soit un mâle dominant monolithique."

Intégration des acteurs non-professionnels

Pour jouer les membres du club de moto gay de Ray, Harry Lighton et les producteurs ont cherché des acteurs non professionnels proches de l’image classique du motard, pas des caricatures. "Le cinéma queer est en pleine expansion. La caractérisation des relations entre personnes de même sexe à l’écran est en train de changer, et Harry voulait montrer de vraies personnes à l’écran dans ces relations", explique la productrice Emma Norton.

Harry Lighton a sollicité l’expertise du GCCBM, le plus grand club de moto LGBT+ du Royaume-Uni, pour assister à son rassemblement annuel, auquel 80 motards ont assisté. "J’ai passé le week-end à rouler à l’arrière de motos, et à leur poser des questions. J’ai découvert que le club n’était pas du tout axé sur le sexe, c’est plutôt un collectif de motards gays qui, à l’occasion, s’adonne à des pratiques sexuelles alternatives. Ça a été une mine d’informations pour moi, et j’ai engagé plusieurs d’entre eux."

Lieu et costumes

Pillion se déroule dans et autour de la banlieue de Bromley, située à 15 kilomètres au sud-est de Londres. La ville de 88 000 habitants, à l’électorat invariablement conservateur, est devenue célèbre dans les années 1970 avec la naissance du mouvement punk à Londres, notamment via les figures emblématiques de Siouxsie Sioux et Billy Idol, originaires de Bromley.

La costumière Grace Snell a eu beaucoup à faire sur les costumes du film, allant du style décontracté et impersonnel de classe moyenne de banlieue, aux tenues modernes en cuir portées par Ray et ses amis du club.

Référence picturale

La photographie de Pillion est signée par le chef opérateur Nick Morris, qui a déjà collaboré avec Harry Lighton sur plusieurs projets, notamment Wren Boys. Tout comme l’équipe déco, Morris s’est documenté pour caractériser son style visuel et sa colorimétrie pour le film. Lighton et lui ont étudié les travaux de Nick Waplington sur l’univers domestique. "Ses tableaux photographiques sont toujours entourés de chaos et saisissent des fragments de la vie quotidienne de banlieue pavillonnaire."

"Ils m’ont servi d’inspiration pour notre colorimétrie, et l’approche de Nick [Waplington] en ,matière d’éclairage et de composition est assez originale. C’est ce que nous avions en tête lorsque nous avons tourné les scènes de vie domestique."

Les secrets de tournage des films les plus populaires lors des 30 derniers jours
  • Marty Supreme (2025)
  • Le Crime du 3e étage (2026)
  • Le Rêve américain (2026)
  • Jumpers (2026)
  • Marsupilami (2026)
  • La Maison des femmes (2026)
  • Chers parents (2026)
  • LES K D'OR (2026)
  • Scream 7 (2026)
  • Alter Ego (2026)
  • Gourou (2025)
  • Les Enfants de la Résistance (2026)
  • Les Rayons et les Ombres (2026)
  • Projet dernière chance (2026)
  • "Hurlevent" (2026)
  • Rue Málaga (2025)
  • LOL 2.0 (2026)
  • The Bride! (2026)
  • Is This Thing On? (2025)
  • Nuremberg (2025)