Le film a plusieurs qualités : d’abord de refaire découvrir un vieux terme désignant une petite sacoche avec bandoulière, permettant de transporter l’essentiel lors d’une nuit passée hors domicile (et plus si affinités). D’autre part, de mettre en scène un personnage, Corentin Périer dit Sprite (comme le soda), 25 ans, vivant encore chez ses parents [rien à voir avec le personnage titre de « Tanguy » (2001) d’Etienne Chatiliez], personne lunaire, poétique, gentille sans être mièvre, sentimentale, souriante et pleine d’allant, et interprétée par le réalisateur. En l’occurrence, devant trouver un travail, certes temporaire, mais lui permettant de payer les cours de conduite afin de passer son permis avant l’expiration de la validité (2 mois restants) de l’obtention de son code. Sprite rappelle en cela les personnages joués par Pierre Richard à ses débuts de réalisateur [« Le distrait » (1970) et « Les malheurs d’Alfred » (1972)], voire Jacques Tati dans « Les vacances de Monsieur Hulot » (1953), inadapté à son environnement. Outre une description de la banlieue [Sprite habite Chelles [2e commune la plus peuplée de Seine-et-Marne après Meaux, et dotée d’une gare du .], ville d’origine de l’acteur cinéaste, pleine de couleurs (y compris celles des voitures et des vêtements), et une mise en scène rappelant celle des mini-séries télés diffusées sur M6, telles que « Soda » ou « En famille », le film fonctionne grâce au naturel de Martin Jauvat et à la complicité qu’il a avec ses acteurs tels que William Ledghil (35 ans, qui a débuté dans « Soda ») et Emmanuelle Bercot (58 ans) qui joue Marie-Charlotte, monitrice d’auto-école totalement déjantée et seconde figure maternelle. Dommage que la fin manque de punch ou de folie.