On lit ça et là que le film est simple, qu’il s’adapte peut-être à un cahier des charges Netflix.
Quoiqu'il en soit, loin de toute cette petite polémique sur l'uniformisation des œuvres de la plateforme, personnellement, j’ai passé un bon moment.
Car très vite, la tension est là, palpable, immédiate. Le pitch n’est pas révolutionnaire - une équipe de flics better than life qui tombe sur un gros magot imprévu, des interactions qui font surgir des faux semblants - mais sur le rythme et la mise en scène, c’est plutôt bien foutu. On est plongé dans l’histoire, on avance scène par scène sans esbroufe, sans prétention, mais avec une vraie efficacité.
Le film nous présente des personnages évidemment taillés pour semer de faux indices. C’est classique, oui, mais on peut être classique et bon. De ce fait, certaines choses mettent aussitôt la puce à l’oreille sans pour autant dévoiler le dénouement. Après, je suis de ceux qui se laissent porter, dans l'instant présent, sans chercher à anticiper à tout prix, et c'est peut être ça qui me sauve. Je me suis laissé embarquer et ça, c’est déjà une petite victoire.
Le tandem Affleck/Damon tient bien la baraque. Leur relation a ce côté buddy soudés par la vie et les galères, pas hystérique, mais suffisamment charpenté pour qu’on s’y attache. Ils ne surjouent pas, ils construisent une dynamique crédible - même si, côté écriture, certains dialogues sonnent parfois un peu trop écrits. Cela dit, ça reste acceptable dans le contexte d’un film qui mise avant tout sur la mécanique de la tension et sur la lente désagrégation de la confiance au sein de cette équipe.
Les seconds couteaux - Teyana Taylor, Steven Yeun - ne volent pas leur place non plus. Ils ne brillent pas par des performances extraordinaires, mais ils font le taf : ils enrichissent cet ensemble sans jamais voler la lumière, tout en renforçant l’idée que rien n’est jamais aussi simple qu’il n’y paraît.
Côté réalisation, Carnahan ne renouvelle pas l’exploit de Narc. On sent qu’il est un artisan solide plus qu’un révolutionnaire. Il nous sert quelque chose de standard, oui, mais terriblement efficace dans ce jeu de dupes. On est loin d’un thriller policier qui redéfinit le genre, mais on est très proche du contrat rempli.
Seule ombre au tableau : le final qui retombe sur ses pattes un peu comme par magie et une scène de poursuite, qui pour le coup, semble vraiment là pour cocher des cases et n’apporte finalement rien au propos - pire, elle dessert un peu l’ensemble en coupant l’élan de tension et en finissant de faire passer les méchants démasqués pour des neuneux surconfiants qui auraient mieux fait de se rendre.
Quoiqu'il en soit, un bon moment. Ni tape à l’œil, ni prétentieux. Une histoire bien racontée qui m'a gardé attentif jusqu’au bout.