Un bijou brut, intime et nécessaire
« De Abdul à Leïla » est bien plus qu’un documentaire : c’est une traversée intérieure, un cri d’amour et de rage, une fresque familiale à la fois intime et universelle.
Leïla Albayati nous plonge dans sa quête d'identité à travers un récit à la fois poétique et frontal, entre mémoire, exil et création. Le film mêle sans filtre les archives familiales, les images lo-fi tournées à la main, les peintures, la musique live... Une matière brute, parfois chaotique, mais profondément humaine.
Entre les nuits alcoolisées du Berlin underground, les paysages silencieux du Cantal, les rues du Caire, les souvenirs de Bagdad sous embargo et les blessures ouvertes des attentats parisiens, le film crée des ponts vertigineux entre les lieux, les générations, les langues et les douleurs.
Leïla, artiste entière et vulnérable, livre un portrait bouleversant d’une jeunesse tiraillée entre deux mondes. En interprétant les poèmes de son père réfugié irakien, à la guitare, elle tente de retisser les fils d’une arabité fracturée. Sa peinture à même le sol, ses chants brisés, son regard tendre et dur à la fois, font de ce film un geste artistique rare.
Un documentaire comme on en voit peu : radical, sensoriel, courageux. Une œuvre grunge dans l’âme, dans la forme comme dans le fond. À voir absolument.