En 2022, quelques semaines après le début de l'invasion russe, le cinéaste Antonin Peretjatko (La Loi de la jungle - 2016), d’origine ukrainienne par son grand-père, se rend en Ukraine à la rencontre du peuple et filme la guerre de l’intérieur.
Armé de sa caméra Bolex (au format 16mm), il filme l'absurdité de la guerre de façon… décalé et ironique. C’est d’ailleurs ce ton humoristique et poétique qui m’a le plus perturbé, avec une voix off très (trop) omniprésente, qui nous renvoie tout droit aux actualités du siècle dernier.
Dans la forme, si l’exercice peut s’avérer intéressant, dans le fond, ce n’est pas nécessairement ce que j’en attendais et suis donc resté sur ma faim. On peut traiter de l’absurdité de la guerre, mais peut-être pas sous cette forme et avec un minimum de décence.
Alors que la Russie vient d’attaquer l’Ukraine, Antonin Peretjatko entreprend en mai 2022 un voyage au pays de son grand-père. Il traverse l’Europe avec Anton, un ami ukrainien réfugié en France, à bord d’une voiture chargée d’effets et de vivres. Il filme son odyssée avec une antique caméra Bolex 16mm.
Antonin Peretjatko a fait partie il y a une dizaine d’années, avec Justine Triet, Guillaume Brac ou Yann Gonzalez, de la nouvelle Nouvelle vague française, signant de petites comédies loufoques filmées avec deux bouts de ficelle avec Vincent Macaigne ou Vimala Pons comme acteurs fétiches. Chacun a creusé son sillon : Justine Triet est devenue la star que l’on sait avec sa Palme d’or pour "Anatomie d’une chute", Guillaume Brac a enchaîné des films rohmériens minuscules et délicats, Yann Gonzalez a assumé le cinéma queer d’une réalité fantasmée.
Antonin Peretjatko semble, à cinquante ans passés n’avoir pas encore trouvé sa voie ou, pour le dire positivement, refuse de s’enfermer dans un genre. "La Loi de la jungle" avec Vincent Macaigne et Vimala Pons louchait vers le burlesque ; "La Pièce rapportée" avec Anaïs Demoustier et Philippe Katerine était un vaudeville assumé. Ce Voyage est un pas de côté qui n’avait pas nécessairement vocation à trouver un chemin en salles. Il a d’ailleurs mis plusieurs années à y arriver.
Il ne nous apprendra rien sur la guerre en Ukraine qu’on ne sache déjà ou qu’on ait déjà vu sur la brutalité de l’invasion russe, sur l’ampleur des destructions infligées et sur la résilience du peuple ukrainien. Le point de vue de Peretjatko est éminemment personnel et subjectif. Le parti pris n’est pas celui de la dramatisation ou de l’émotion mais au contraire de la légèreté teintée d’humour. Etait-ce le plus approprié pour traiter de cette guerre ?
Le film est précédé d’un court métrage intitulé "Cinq minutes en Russie". Peretjatko y montre quelques images de sa traversée de la Russie en Transsibérien. Paradoxalement, on aurait aimé que ces cinq minutes-là durent plus longtemps et que le film mette en miroir ces deux voyages des deux côtés de la ligne de front qui sépare désormais ces peuples frères.
Drôle de film réalisé par Antonin Peretjatko : une sorte de parodie sérieuse de film de vacances, tourné dans l'Ukraine en guerre, après l'invasion russe de 2022. Le ton oscille entre gravité et légèreté. Il y a un certain nombre de belles images et de beaux témoignages, malgré l'horreur des traces laissées par la guerre, qui honorent un peuple martyr et héroïque. Mais le ton parfois un peu badin désamorce le propos et le projet du film... J'estime tout de même que les qualités de ce film l'emportent sur ses défauts, et je ne peux qu'inciter à aller le découvrir en salle.
Sans prétention et plutôt efficace par son parti pris de filmer sans fioritures, ni volonté d'esthétiser. Il n'y a pas de dramatisation forcée, mais la force d'une réalité telle qu'elle se présente simplement. Ce documentaire donne la parole à ceux que le destin à fait basculer dans l'horreur de la guerre et c'est son grand mérite.
Ce film est le récit par le réalisateur d’un voyage en Ukraine, quelques années après le début de la guerre, afin de faire témoigner les habitants qui ont vécu ces évènements J’adore le réalisateur et j’ai aimé sa tentative de faire un reportage sensible sur les effets de la guerre en Ukraine. Le réalisateur filme des rencontres, untel montre par exemple spoiler: les traces de balles sur un mur et explique que des exécutions sommaires ont eu lieu à cet endroit
Globalement je n’ai rien appris de nouveau suite à ce reportage et les témoignages filmés m’ont semblé un peu banal Enfin, le film dure 1h. C’est bien faible pour un passage au cinéma
Un film documentaire profondément pacifiste et qui ne fait aucune concession au modèle politique de Vladimir Poutine. Ici la guerre nous est présentée du point de vue de différents ukrainien. C'est triste, mais nécessaire.
Ce film est une sorte de journal de bord et de road-movie que le réalisateur effectue à travers l’Ukraine en compagnie d’un réfugié ukrainien. Le réalisateur fait le choix de filmer en 16mm pour accentuer ainsi le côté réel de sa démarche qu’il décrit avec une voix off qui nous guide dans cette sorte de pélérinage sur des lieux de guerre. Au fil de ce voyage, le réalisateur nous fait partager son regard d’artiste différent de celui d’un journaliste et c’est cela qui est intéressant à découvrir.
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée GNCR le 04/03/2025 à l'Agence du CM à PARIS°
ce film est vraiment surprenant, totalement intemporel et pourtant tellement actuel. Le 16mm offre une réelle proximité avec les protagonistes et le conflit, tout en lui donnant un côté poétique, malgré les horreurs de la réalisateur passe habilement de l'individu à l'universel, avec souvent une pointe d'humour. Un film à voir absolument.
Un film plus que nécessaire, d'autant plus puissant et violent qu'il porte un regard objectif et sans filtre sur la réalité ukrainienne. Outre le message véhiculé, sa mise en scène maîtrisée en fait un véritable objet de curiosité et de cinéma.