L'Accident de piano
Note moyenne
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427 critiques spectateurs

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Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 novembre 2025
Le point qui marque le plus est la transformation physique d'Adèle Exarchopoulos. Egérie du cinéma français, elle est ici enlaidie au possible, physiquement et moralement. Elle incarne une vedette des réseaux sociaux, un véritable déchet humain déconnecté des réalités et ne se souciant guère des autres. A la suite d'un accident impliquant un piano, elle se retire dans un chalet avec son assistant, avant qu'une journaliste ne vienne la faire chanter.
Finalement, ce personnage de vedette qui passe son temps à manger du yaourt est peut-être une forme d'absurdité, mais le film est dans son ensemble tout à fait rationnel. Quentin Dupieux livre là une charge féroce contre le web et les vidéos stupides qui attirent des millions de vues.
Fans abrutis, assistant-carpette humaine, journaliste opportuniste, vidéos aussi idiotes que violentes, star croulant sous un pognon de dingue... L'ensemble ne donne guère foi en l'humanité !
Ce n'est pas aussi drôle ni décalé que je l'espérais, mais il y a quelques trouvailles sympathiques (dont ce fan relou incarné par Karim Leklou). L’extrémité du jeu d'Adèle Exarchopoulos. Et un cadre montagneux enneigé incongru, qui finalement renforce la solitude des personnages.
Ludo !
Ludo !

3 abonnés 197 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 novembre 2025
Complètement absurde comme on pouvait s'y attendre, mais avec un vrai message moral pour décrier les YouTubeurs et les influenceurs ; ainsi que la société de consommation en général. Si ce film pouvait amener à une prise de conscience de certains qui oublient que la vraie vie ne se passe pas derrière un écran : Banco !
Climax
Climax

10 abonnés 295 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 novembre 2025
Avec son nouveau film, Quentin Dupieux continue à séduire et à surprendre avec la même combinaison : un format court, un superbe casting, une mise en scène sobre et une histoire originale.
Adele Exarchopoulos est parfaite en youtubeuse déjantée rendue célèbre par de courtes vidéos où elle se mutile. Jérôme Commandeur trouve ici son meilleur rôle au cinéma en assistant de la youtubeuse.
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 626 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 novembre 2025
Il y a toujours ce côté un peu absurde chez Dupieux mais il se teinte ici d'une noirceur inattendue.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 novembre 2025
Dans le registre de Quentin Dupieux on a devant nous un film aux aspects théâtraux de par ses dialogues naturels et sa réalisation propre à une pièce de théâtre.
Avec un casting XXL mais très homogène qui propose chacun une performance simple mais efficace et très intéressante.
Une réussite de simplicité avec un message fort. Quelques longueurs.
Artriste
Artriste

185 abonnés 2 372 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 novembre 2025
Comédie noire écrite et réalisée par Quentin Dupieux, L'Accident De Piano est un film correct. L'histoire nous fait suivre Magalie, une jeune femme avec un bras dans le plâtre et un appareil dentaire, qui se rend dans un chalet en montagne, accompagnée de Patrick, son assistant personnel, afin de fuir quelque chose et de se reposer. Car, Magalie est une créatrice de vidéos publiées sur le web qui l'ont rendue riche et célèbre, mais son dernier tournage cache un secret. Contactée par une journaliste souhaitant l'interviewer, on va petit à petit découvrir qui elle est et l’événement qui l'a menée dans ce lieu isolé. Ce scénario, volontairement nébuleux afin de ne pas gâcher la surprise, s'avère plutôt plaisant à visionner tout du long de sa durée d'un peu moins d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue simple mais énigmatique qui va, au fil des minutes, dévoiler les raisons de cette retraite à la montagne. L'action n'est pas très présente, tout le récit repose avant tout sur les échanges qui nous en font apprendre plus, notamment via les confessions de la jeune femme envers la journaliste. Et l'on est curieux de connaître le fin mot de l'histoire, ce qui nous tient en haleine jusqu'au bout. Pour autant, le rythme lent et sans véritable scènes durant lesquels il se passe quelque chose de croustillant, rendant le tout un peu monotone. Heureusement, l'humour loufoque et noire fonctionne bien en décrochant quelques rires et sourires. De plus, le sujet traité, à savoir celui des créateurs de contenus et de toutes les dérives que cela engendre, est abordé à la fois de façon absurde mais réaliste, ce qui fait qu'on peut y croire malgré la débilité du contenu proposé par Mag. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, à commencer par la principale intéressée qui semble limitée et odieuse, mais qui pourtant, en apprenant à la connaître et à découvrir son passé, devient peu à peu attachante. Un rôle très bien incarné par une Adèle Exarchopoulos enlaidie pour l'occasion, et dont la dégaine est franchement mémorable. Elle est entourée par Jérôme Commandeur, son serviteur, Sandrine Kiberlain, la journaliste, ainsi que par Karim Leklou et Gabin Visona, deux fans. Tous ces individus entretiennent des rapports saugrenus soutenus par des dialogues amusants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère bonne. Sa mise en scène, principalement composée de plans fixes, est soignée et évolue dans un environnement glacial et naturel créant une photographie lumineuse. Ce visuel agréable est accompagné par une bande originale particulièrement sommaire signée par Quentin Dupieux en personne, crédité sous son pseudonyme de Mr. Oizo pour ses créations musicales. Ses compositions à base de piano sont très basiques mais raccords avec le propos. Reste un dernier acte durant lequel tout s'accélère avant de s'achever sur une fin satisfaisante, étonnamment empreinte d'une certaine poésie, venant mettre un terme à L'Accident De Piano qui, en conclusion, est un long-métrage valant le coup d’œil, sans pour autant faire partie des œuvres les plus divertissantes de son prolifique auteur.
pfloyd1
pfloyd1

177 abonnés 2 296 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 novembre 2025
Attention OVNI !! Quel film étrange, perturbant et brillamment joué par la montante Adéle Exarchopoulos. Ce film noir à l'humour grinçant retrace la convalescence d'une célèbre youtubeuse mondialement connue au don particulier qui s'est retirée dans les montagnes avec son manager afin de récupérer un peu de santé. Exécrable et hautaine (telle les vedettes d'aujourd'hui), l'actrice transformée se surpasse dans ce rôle étrange avec un phrasé déconcertant. Jérôme Commandeur n'est pas en reste et assure sa prestance sans en faire trop, un régal. On découvrira donc qui est réellement cette célébrité d'internet. Une petite pépite française bien loufoque, parfaitement bien jouée, doté d'une bande son adéquate et d'une très bonne réalisation. Allez Magaloche !!
Shawn777

805 abonnés 3 935 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 novembre 2025
J'avais loupé celui-ci lors de sa sortie en salles mais c'est toujours avec une grande curiosité que je découvre un nouveau Dupieux car je suis très sensible à son style absurde et à son énergie (débordante depuis 2022 puisque le gars n'arrête pas d'enchainer les films). Rares sont ceux qui m'ont déçus et pourtant, celui-ci en fait partie. Nous retrouvons ici une créatrice de contenu qui fait son beurre en produisant des vidéos à la "Jackass" sauf qu'elle ne ressent pas la douleur et qu'elle peut donc mutiler son corps à loisir. Tout bascule lorsqu'une journaliste lui fait du chantage pour obtenir une interview. Comme d'habitude, le concept est au départ assez flou et se dévoile petit à petit mais ici, on ressent surtout la colère du réalisateur. Envers notre époque, notre société, le voyeurisme, le contenu abrutissant et les journalistes. Ça fait beaucoup de choses mais ce n'est pas nouveau. Quentin Dupieux a toujours porté un regard cynique sur ce qui l'entoure et l'exprime via l'absurde, ce qui nous donnait toujours des films assez pessimistes à l'humour noir bien dosé. Ici, c'est certainement le plus cruel de tous et surtout le moins subtil. Nous ne sommes finalement même plus tellement dans l’absurde, le film étant certes jusqu'au-boutiste dans son propos en ne mettant notamment en scène que des caricatures (les fans débiles et obsessionnels, la créatrice qui se déconnecte du réel en s’enfermant dans ce qu'elle fait pour éviter de penser aux traumas qu'elle porte, la journaliste véreuse qui tente de se donner bonne conscience et puis l'assistant assoiffé de pognon) mais finalement pas tellement éloigné de la réalité. Alors certes, dans le fond, ce n'est pas mal mais en étant aussi peu subtil, Dupieux n'arrive plus à doser, c'est toujours dans l'excès et l'absurde n'est plus là pour contre-balancer. Concernant les acteurs, ils sont tous excellents, et l’on retiendra en particulier Adèle Exarchopoulos, dont la voir ainsi grimée est un vrai régal. Bref, "L'Accident de piano" est donc loin d'être le plus réussi du réalisateur, que je vois plus comme étant un défouloir qu'autre chose.
Alasky

454 abonnés 4 547 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2025
Comédie macabre captivante et typique de l'univers de Dupieux c'est-à-dire décalée et originale. Le casting est sympa, et la mise en scène sobre et efficace. Pas le meilleur film de l'année mais j'ai passé un bon moment.
Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2025
Décidément, je crois que je ne comprendrai jamais mon ressenti vis-à-vis de Quentin Dupieux. Globalement, je n'ai jamais vraiment apprécié son cinéma, même si certains de ces films avaient réussi à me toucher pendant une période. Et dans la continuité de cela, ces dernières productions me laissaient un goût vraiment fade en bouche. Face à des films qui me parlaient peu, je dois dire que je ne m'attendais donc pas du tout à autant apprécier "L'Accident de piano". Très honnêtement, ce long-métrage est même mon film préféré de ce réalisateur. Là où ces 3/4 derniers films souffraient d'une forme extrêmement ennuyeuse, emprisonnée dans un fond intéressant, mais jamais mis en valeur par l'ensemble, ce projet a su se montrer prenant et intelligent. Dans son concept, on est encore face à une idée très absurde, où la particularité de notre héroïne sert à raconter quelque chose sur toute une génération. Mais dans l'exécution, tout sonne mieux maîtrisé et construit. Déjà, car je trouve qu'Adèle Exarchopoulos est parfaite pour le rôle. Elle rend absolument détestable le personnage de Magalie, dans un jeu vraiment abusé par instants, mais qui fonctionne. Au final, on finit par rire assez facilement face à la déconnexion de cette héroïne, mais aussi par ses interactions avec le reste du casting. Que ce soit Jérôme Commandeur, Sandrine Kiberlain ou Karim Leklou, ils sont tous excellents dans leurs interprétations. Quentin Dupieux continue de les filmer en leur laissant beaucoup de libertés, et c'est ce qui fait la différence. Son style est toujours aussi visible, notamment dans sa gestion du montage ou dans son approche de la bande-son. Encore une fois, cette dernière n'est pas franchement agréable à l'oreille, mais elle est très intéressante. L'histoire tournant autour d'un accident de piano, il est intelligent d'avoir choisi d'amener une musique de piano un peu dissonante, offrant un rendu semblant faux et imprévisible dans les notes. Et en vérité, c'est un peu là qu'est l'idée de toute façon, par cette approche de l'artificialité, le film amène son message global. Je dois avouer que, quand j'ai su que Quentin Dupieux allait parler d'Internet et des influenceurs, j'avais peur qu'il parte dans une approche trop clichée et très en-dehors de la réalité. Pourtant, je trouve que son point de vue amène finalement la plus grande qualité du long-métrage. Le film n'essaye jamais vraiment d'incriminer les influenceurs, il pose bien plus un constat sordide sur ce milieu et transmet une émotion assez triste sur leur vie. Même si Magalie est montrée comme odieuse, elle a réussi à me toucher, notamment par son développement. Complétement marginalisée, elle a fait de sa faiblesse une force, mais elle finit rapidement par pousser le bouchon trop loin. Cependant, elle est totalement consciente de cette déconnexion, et c'est ce qui la rend si spéciale à suivre. La conclusion, à mon sens, étant de loin la partie la plus forte en émotion au sein du film. spoiler: Totalement insensible à quoi que ce soit, cette dernière ne ressent même plus la force de continuer, et la réaction de ses fans à cela s'avère terrible. Bien plus que de critiquer le milieu, le film questionne l'enfermement des protagonistes au sein de celui-ci, et sur le rapport qu'a le public avec ces personnalités.
C'est donc une approche vraiment forte, et qui a, pour une fois, réussi à me toucher. Moi qui pensais en avoir fini avec Quentin Dupieux, il a pourtant quand même réussi à me surprendre. Comme quoi, une surprise est vite arrivée. Pour conclure, probablement mon film préféré de ce metteur en scène.
PascJC
PascJC

3 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 novembre 2025
Alors moi j'ai adoré, le jeu des acteurs bien sûr mais aussi la caricature (pas tant que ça) du pouvoir des images vs la morale ou l'humanité
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 241 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 novembre 2025
Le début du film est d'autant plus mystérieux, au moment où une star (dans quel domaine ?) et son agent larbin prennent possession d'un chalet luxueux à la montagne, que la généralement séduisante Adèle Exarchopoulos apparaît endommagée -l'accident de piano probablement- détestable et ...laide.
En trois actes, Quentin Dupieux tourne une comédie grinçante et sombre où se dévoilent progressivement le thème de la célébrité acquise sur et par internet et la réussite de la jeune Magaloche, pur produit de ce temps où le talent se mesure au nombre de vues sur la toile.
La deuxième partie du film, affaiblie par l'emploi de journaliste étonnamment terne tenu par Sandrine Kiberlain, préposée aux considérations sur le côté obscur du web, a tout du soufflet qui retombe. Trop prosaïque. Le film de Dupieux est moins fantasque et non-sensique qu'à l'habitude. Et d'une certaine façon, il est même moral, sinon moralisateur. On sent bien que le scénario manque de profondeur et la réalisation de conviction.
En réalité c'est le personnage singulier de Magalie, dans le ton et dans le look, et la composition burlesque très réussie d'Adèle Exarchopoulos qui retiennent l'attention et sont le meilleur du film.
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

90 abonnés 1 710 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2025
Magaloche, appareil dentaire proéminent et caractère de cochon, est le cliché parfait de l'adolescente en mal de reconnaissance et que rien ne touche. Quentin Dupieux vient pointer du doigt les dérives des réseaux sociaux et tout ce qui en découle a travers un portrait acerbe et choquant, comme a son habitude. L'exercice est habile et bien filmé, avec un casting impressionnant. C'est réussi, même si le rythme est encore une fois déroutant. L'épilogue est surprenant mais représentatif de ce que notre société devient petit a petit.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 781 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2025
Qui est le film ?
Avec L’Accident de piano, Quentin Dupieux poursuit son exploration des absurdités contemporaines, mais délaisse le burlesque surréaliste pour un terrain plus frontal : celui des réseaux sociaux et de la marchandisation de l’attention. Après Yannick et Daaaaaalí !, le cinéaste semble refermer un cycle : moins farceur, plus inquiet, il interroge désormais la façon dont le spectacle du vide s’est institutionnalisé. En surface, le film suit Magalie (Adèle Exarchopoulos), influenceuse star dont la notoriété repose sur des vidéos de plus en plus extrêmes, jusqu’à un accident tragique filmé en direct.

Que cherche-t-il à dire ?
Le film pose la question : que devient le sujet dans un système où la visibilité remplace la valeur ? Magalie n’est pas un monstre : en elle se concentre la logique d’un monde où la performance a supplanté la pensée, où l’on agit pour être vu et non pour être.

Par quels moyens ?
Mettre une femme au centre de cette satire est doublement significatif. D’un côté, Dupieux résout la critique qui lui était faite d’un cinéma parfois peu attentif aux personnages féminins : Magalie est construite, incarnée, travaillée. D’un autre côté, le personnage porte la charge symbolique des injonctions adressées aux femmes dans l’espace public : être désirable, performative, ludique, disponible. Adèle Exarchopoulos campe une Magalie à la fois grotesque et bouleversante. Sous le vernis d’idiotie, il y a un vide que l’actrice parvient à rendre tangible. Sa diction molle, sa gestuelle désarticulée, son regard vide construisent une présence fragile, où la bêtise devient pathétique.

Le film baigne dans un nihilisme calme. Dupieux ne cherche plus la provocation par le non-sens, mais l’étrangeté par l’épuisement. Chaque plan respire une forme d’inertie : les dialogues stagnent, les gestes tournent à vide, les rires s’étouffent. Cette morosité formelle dit mieux que tout la décomposition du sens, un monde où même l’absurde a cessé d’être libérateur.

Le film oscille entre satire mordante, comédie cruelle et mélancolie. Cette hétérogénéité crée la force mais aussi la faiblesse du film. Dupieux campe souvent son décor dans le vide, la froideur, l’espace fonctionnel comme pour matérialiser la mort sociale. Quand Sandrine Kiberlain entre en journaliste maître-chanteuse, le film se donne un point d’appui critique mais l’équilibre entre ces registres n’est pas toujours parfaitement tenu : le basculement final peine à synthétiser la réflexion lancée.

L’emploi d’images sur cassettes rejoint l’idée que le film ne regarde pas seulement le présent TikTok mais une continuité d’idioties visuelles. Dupieux n’appartient pas à la génération native du format court, mais il reconnaît la pérennité d’un geste : fabriquer son propre amusement et le jeter ensuite en pâture. Ce pallier entre VHS et viralité montre que la stupidité spectaculaire a des antécédents, et que la technologie n’est que la surface d’un mouvement plus profond.

Patrick, assisté par Jérôme Commandeur, fonctionne comme double de réalisateur : servile, polyvalent, dépositaire d’un quotidien de plateau. Karim Leklou incarne le fan stupide, l’autre pole de l’économie de l’attention, tandis que Sandrine Kiberlain représente la critique et la tentative de mise à distance. Cette triangulation force une mise en abîme : Dupieux nous place tour à tour dans la position du créateur, du spectateur et du commentateur.

Où me situer ?
Je regarde L’Accident de piano comme un film lucide mais inégal. J’admire la rigueur avec laquelle Dupieux refuse la drôlerie gratuite. Il a compris que la vraie violence du présent e dans la saturation. Pourtant, son dispositif tourne parfois sur lui-même : le film finit par ressembler à ce qu’il dénonce, prisonnier de sa propre logique d’épuisement. Mais peut-être est-ce voulu : une satire du vide ne peut se faire qu’au prix d’un certain vide.

Quelle lecture en tirer ?
Ce que L’Accident de piano nous dit, c’est que la stupidité n’est plus une marge mais une norme.
aldelannoy
aldelannoy

53 abonnés 374 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2025
L'héroïne anti-héroïne de ce fatal Accident de piano est une star d'internet inspirée par Jack-Ass, elle fait aussi penser, hasard de l'actualité, à la mort en ligne de Pormanove. On est au niveau intellectuel négatif de la société contemporaine, tant du côté de l'héroïne que celui de ses fans qui la rendent riche et célèbre. Quentin Dupieux développe à partir de son personnage de diva du zéro pathétique tout en ne manquant pas de prétentions indues, spoiler: se comparant à une artiste de la chose filmée tout en ignorant qui est Steven Spielberg,
un scénario grinçant jusqu'à une fin tragique... qui ne manque pas de faire sourire. C'est drôle et acide, le réalisateur rejoint, après Yannick, Daaali et le 2e Acte qui laissaient sur notre faim, le niveau des Mandibules et autres Au Poste.
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