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Olivier Barlet
329 abonnés
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4,5
Publiée le 28 décembre 2024
Margarida Cardoso décrit l'engrenage colonial mais déterre aussi les ressentis. Elle le fait avec la même subtilité que dans ses autres fictions : non pas avec les mots mais en travaillant des personnages et des situations qui installent une ambiance. (...) Margarida Cardoso sait trop bien que le sort des Noirs n’émeut pas davantage aujourd’hui qu’en 1907. Ce serait presqu’une banalité de le rappeler. Son propos va au-delà : comment l’Histoire coloniale a perverti la civilisation qu’elle était supposée transmettre, et détruit, après avoir bousillé les autochtones, l’équilibre psychique des colons et de leurs descendants. (...) Restent quand même ses personnages qui, chacun à leur manière, sont un grain de sable dans les rouages, un doute posé face à la machine. (...) Tous évoluent dans ce système pourtant monolithique. Car si derrière cette aventure au bout du monde, où l’appât du gain pervertit au plus profond les cœurs et les mœurs, se cache le traumatisme des uns comme des autres, l’espoir reste tant bien que mal la raison d’être des humains. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : http://africultures.com/banzo-de-margarida-cardoso-16231/
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2,0
Publiée le 10 mars 2026
« On ne veut pas mourir, on veut repartir. » Dans "Banzo", les esclaves, qui sont appelés des serviteurs, sont victimes d'une mystérieuse maladie. La nostalgie des esclaves fait une hécatombe parmi eux comme le constate Afonso, un médecin venu faire sa vie sur l'île. Un mal perceptible auquel Margarida Cardoso ne donne aucune profondeur. Pire encore, elle s'attarde plus sur le mal-être des colons que sur le désespoir des esclaves qui périssent à tour de rôle. C'est normal de mettre rapidement des mots sur cette "maladie", car ce qui se passe est évident, mais il n'y a rien derrière après cela. On se retrouve dans une sorte de néant narratif, un purgatoire dans lequel personne ne trouve le bonheur. Proposition du Portugal pour la 98e cérémonie des Oscars, "Banzo" dispose d'une belle cinématographie et d'un sujet intéressant, mais le rendu est ennuyeux.
Film important, mais un peu bancal. Le quasi-esclavage à Sao Tomé au début du XXe siècle vu par un médecin salarié de l'exploitant d'une roça (exploitation coloniale santoméenne)... Le parti pris de cette vision "verticale" est d'autant plus surprenant que le récit s'insurge contre le fait que l'histoire personnelle des travailleurs-contractuels est ignorée.
NB. À l'époque du film, le Portugal et les roças essayaient de cacher aux yeux de l’extérieur la situation de quasi-esclavage des travailleurs, du fait d'une campagne de boycott lancée par les Quakers et soutenue par William Cadburry. Ceci explique le rôle du fonctionnaire affecté au contrôle de l'emploi de la main d’œuvre. Ceci se traduit aussi par, dans l'architecture de nombreuses roças proches de la mer, d'installation presque factice d’hôpitaux et d'écoles destinées à donner aux visiteurs une image positive des conditions sociales. Ceci pourrait être à l'origine de l'expression portugaise "Para ingles ver" (Pour que les anglais le voient) utilisée pour notre "poudre aux yeux". NB. L’esclavage a été aboli par le Portugal en 1761, mais, le film le montre très bien, à Sao Tome les conditions des travailleurs-contractuels souvent recrutés contre leur gré sur le continent, n'a vraiment changé qu'en 1975, à l'indépendance... NB. Sao Tomé évolué avait inauguré au XVe siècle les grandes plantations de canne à sucre basées sur l'esclavage, dont le modèle s'est ensuite développé davantage au Brésil après une mutinerie d'esclave marrons en 1595 et du fait des surfaces demandées par l'industrie sucrière. Sao Tomé a aussi été un lieu de transit important d’esclaves vers le Brésil (six millions d'esclaves entre le XVIe et le XVIIIe siècles).
Film terrible, par la violence qui en permanence est exprimée et retenue. La sauvagerie des colonisateurs.Bien que pas toujours très claire cette histoire tellecqu"elle est filmée nous glace le sang alors que nous ne sommes pas en mesure de souffrir face à la douleur de ces gens.
Très beau film qui éblouit par une superbe photographie, nous met en totale immersion dans cette communauté qui semble ne pas comprendre qu'elle vit les derniers temps d'un modèle d'exploitation des individus qu'on prétend volontaire au travail quand ils sont en fait arrachés à leurs terre. L'idée de cette maladie de la mélancolie est je trouve une très belle image du drame de l'esclavage et elle fonctionne parfaitement d'un point de vue narratif
c'est pas idiot, c'est peut être même intelligent... un brin rasoir et monocorde malheureusement. L'image est belle. Cette île est un enfer et on le sent bien!