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inspecteur morvandieu
92 abonnés
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2,5
Publiée le 30 mai 2025
Le film est dédié à l'association religieuse "Le Nid" dont la raison d'être est de sortir les prostituées de la rue et de les rééduquer. Aussi, le personnage incognito de Giselle Pascal, logeant dans un hôtel de passe et s'attablant au plus près des prostituées dans un bar louche de Montmartre, n'est-il mystérieux que pour ces dernières. Raoul André réalise un film édifiant à partir d'un scénario aussi étriqué que pittoresque dans sa représentation courante et aseptisée de la prostitution au cinéma. Curieusement, le film entend dénoncer l'existence sordide des femmes du trottoir...sans la montrer, hormis une deux scènes avec un infect proxénète. Comme sous l'effet de l'auto-censure et de la pudibonderie, le cinéaste élude complètement l'activité sexuelle tarifée des "marchandes d'illusions" (métaphore un peu facile), c'est-à-dire la passe et le client. Ses prostituées attendent au bistrot et se prêtent à une intrigue sentimentale très simpliste. Elles n'ont pas l'air de se porter trop mal, et l'absence de réalisme limite évidemment la portée du message. C'est son ingénuité qui fait le charme et l'intérêt du film, bien plus que son témoignage. Il faut voir la militante Marie-Thérèse, missionnaire en civil, s'interposer entre gagneuses ou face à des souteneurs, et se balader comme chez elle au Quai des Orfèvres, conseillant les fonctionnaires de police et orientant l'enquête ! La même année, Raoul André tourne "Les clandestines", où il dénonce la prostitution plus "haut de gamme" des call-girls.