Le point de départ de Au revoir, réalisé par Ronni Castillo, ne brille pas par une originalité folle, mais pourquoi pas luidonner sa chance, puisque sur un sujet très proche, le film britannique After Love avait réussi à captiver et à beaucoup émouvoir. La personne de laquelle on a partagé le quotidien, une fois disparue, peut parfois nous apparaître toute autre, une fois ses secrets dévoilés. C'est ce qu'il advient dans Au revoir, pour un écrivain dominicain qui ne prend conscience de l'infidélité de son épouse que post-mortem. Résumer le film à la rencontre entre l'endeuillé et l'amant français n'est pas exagéré, avec l'ombre de la défunte qui plane, et une opposition de paysages entre la mer des Caraïbes et le golfe du Morbihan. Le long-métrage manque un peu de sel et de péripéties et souffre surtout d'une interprétation plutôt hésitante, notamment chez les seconds rôles, tandis que Jalsen Santana et Jimmy Jean-Louis récitent leur rôle de rivaux potentiels sans démériter mais le texte qui leur est mis en bouche n'a rien de particulièrement marquant. Et puis, il est difficile de s'enthousiasmer pour une histoire dont on devine assez vite quels vont être les tenants et les aboutissants, avec en sus quelques raccourcis narratifs maladroits.
Un film brillant, porté par un jeu d’acteur empreint d’humilité et d’une grande justesse. Il met également en lumière la ville de Vannes et ses habitants, grâce à la belle idée du réalisateur. Une œuvre que je recommande vivement.