"Les Fleurs du silence" sortie en salle en toute discrétion, est un drame romantique britannique avec des qualités. Le réalisateur Will Seefried a puisé son inspiration dans des événements historiques réels afin de créer un puissant plaidoyer contre l'homophobie et les techniques cruelles utilisées lors des thérapies de conversion dans les années 1920-1930. Les jeunes acteurs, notamment Louis Hofmann, livrent des performances touchantes, bien que j’aie ressenti une certaine confusion due aux nombreux sauts temporels, ce qui est dommage.
Vu lors d'Univerciné WISE (Nantes). Le film est un peu long (1h39), avec des flash-backs inutiles, mais il a le mérite de dénoncer les expérimentations médicales spoiler: (mutilantes : castration puis greffe de testicules) pour « guérir » l’homosexualité dans les années 1920’ [spoiler: et qui seront aussi pratiquées par le médecin danois Carl Vaernet (1893-1965) dans le camp de concentration nazi de Buchenwald] , à travers 2 amis, camarades d’école, l’un, Owen, écrivain (Fionn O’Shea, 27 ans), et l’autre, Philip, médecin (Robert Aramayo, 32 ans). Leur interprétation est excellente. Sans oublier une façon de filmer très sensuelle, en particulier les corps. Le titre original (littéralement, pas de lys pour moi) fait référence à un poème lu par Owen.
Mélanger la poésie au sordide, dans le respect de faits réels, datant d'un siècle, telle est l'ambition de Les fleurs du silence, qui documente avec une certaine âpreté mais aussi une part d'esthétisme la condition des homosexuels dans l'Angleterre des années 20. Bien que délicat dans le portrait de son héros, qui ne se considère pas comme malade, comme voudrait lui faire admettre son compagnon, le film souffre de ses constants va-et-vient entre deux temps différents, celui de la liberté d'aimer et celui du traitement. Le synopsis met beaucoup l'accent sur le dialogue amical engagé entre le patient et son infirmière mais, en vérité, cette partie n'est guère développée, ce qui est assez regrettable, d'ailleurs, car l'on y ressent une vérité et une alchimie qui se retrouvent moins ailleurs (impression toute personnelle, évidemment). Les récits linéaires ne sont plus guère à la mode, au cinéma, mais la touche de modernité de Les fleurs de silence, avec sa construction en sauts antéchronologiques, évite certes certains pièges du film d'époque classique, mais brise la continuité d'une histoire, aux aspects monstrueux, cependant parfaitement développés.spoiler: L'opération destinée à éradiquer l'homosexualité d'un corps "malade" est en particulier insoutenable.
Pas toujours fin, mais très impactant, SEEFRIED offre une oeuvre terriblement touchante, qui parcourt avec effroi mais justesse, une époque sombre de l'humanité, avec une sensibilité surprenante mais parfois un peu lourde
Dans la veine des films de James Ivory mais en plus sombre. Et sûrement plus proche de la vérité historique. À l’époque, il n’y avait pas d’issue à la tare que représentait le fait d’être homosexuel . Dans la veine victorienne le film donne à voir une campagne riante où tout est possible et la ville et l’hôpital dangereux avec leurs personnages à la Dickens.. La partie campagnarde du film est très romantique.
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2,5
Publiée le 27 mai 2025
« Je ne peux pas être guéri, car je ne suis pas malade. » "Lilies Not for Me" raconte le destin croisé de plusieurs jeunes hommes à travers les années. Tout commence lorsqu'Owen reçoit la visite de son ami Philip qui lui fait une proposition. On suit également Owen à travers des discussions avec une infirmière dans un établissement. Will Seefried évoque la répression, le rejet de soi et le mal-être, mais aussi ce qui était en quelque sorte l'ancêtre des thérapies de conversion. Certaines scènes sont glaçantes avec une souffrance physique et émotionnelle parfois à la limite du supportable. Cependant, tout le film n'a pas cette puissance. Je n'ai pas été très fan du choix narratif avec ces va-et-vient lassants qui donnent l'impression que beaucoup de choses sont sous-développées, voire quasiment pas exploitées comme la relation avec Dorothy. J'aurais préféré un récit plus détaillé et encore plus ancré dans l'époque. Bref, une histoire importante qui méritait un film à la hauteur du drame humain qui se joue.
Dans l’Angleterre du début du vingtième siècle, Owen, un écrivain homosexuel enfermé dans un hôpital, raconte à une infirmière compatissante son histoire déchirante. Il a vécu une romance avec Philip, un étudiant en médecine qui était convaincu d’avoir découvert le moyen de combattre médicalement l’homosexualité et s’était mis en tête d’expérimenter sur lui un nouveau protocole.
"Les Fleurs du silence" – dont le titre original, "Lilies Not for Me", référence au poème de Digby Mackworth Dolben, est autrement plus inspiré – évoque une page de l’histoire de la médecine qui fait froid dans le dos. Au début du vingtième siècle, un médecin autrichien avait cru pouvoir soigner les homosexuels de leur vice en leur ôtant leurs testicules et en les remplaçant par celles d’un porteur « sain ». Cette pratique monstrueuse fut testée sur plusieurs « malades » dans les années 10 et 20, provoquant la mort de plusieurs et n’en « soignant » bien évidemment aucun.
L’évocation de cette thérapeutique est l’un des deux volets du film. Le second, loin des salles d’opération et du cachot où Owen est retenu, est autrement plus aimable. Comme le montre l’affiche des "Fleurs du silence", on y voit, dans un cadre édénique les amours d’Owen et de Philip, puis celles d’Owen avec un autre garçon tout aussi agréable à regarder.
« Burnes Out » titre la critique de "Libération" avec l’ironie qui caractérise la rubrique cinéma de ce quotidien. Le trait d’esprit est plaisant ; mais le film ne prête pas à rire. La critique a eu la dent dure avec lui, lui reprochant à la fois la noirceur de son sujet et l’afféterie de ses nus david-hamiltoniens. Je serais moins sévère. Sans doute Will Seefried n’a-t-il pas l’élégance de James Ivory, son modèle, et "Les Fleurs du silence" souffre-t-il de la comparaison avec "Maurice". Mais il n’en réussit pas moins à toucher dans son évocation de l’homosexualité il y a un siècle à peine, de sa pathologisation et de la difficulté à la vivre, à l’accepter pour soi et à la faire accepter des autres.
Ce drame concentre à la fois une ambiance romantique des années 1920 et les dérives médicales comme traitement supposé à l'homosexualité. Des pratiques bien réelles et rudes amenées sur un rythme doux. La construction du récit par le vécu, l'écriture et en parallèle de la psychanalise apportent une vérité et soutient l'intérêt.
Vu en avant première lors du festival Univers Ciné au Katorza de Nantes. Le scénario ne m'a pas tellement embalé bien qu'inspiré d'une histoire vrai. Le film reste cependant magnifique a regardé avec des scènes très inventives.