Sans doute faut-il être d'humeur ludique pour apprécier pleinement Invention, objet étrange signé par Courtney Stephens et Callie Hernandez, cette dernière en tenant le rôle principal. Qui plus est, il semble bien que le scénario ait à voir avec le propre père de celle-ci. Comment qualifier Invention ? Sur les rails familiers du cinéma indépendant, mais avec une touche expérimentale très marquée et une abondance de dialogues, plus ou moins lunaires, autour d'un scientifique, amateur des théories du complot et inventeur d'une machine capable de guérir tous les maux. Après sa mort, sa fille mène l'enquête auprès de personnages proches, certains d'entre eux ayant investi un peu d'argent et de crédulité auprès du défunt. L'humour pince-sans-rire du film et sa projection dans l'absurde auraient pu séduire, avec son partage entre fiction et documentaire, mais ce n'est pas si drôle que cela et l'on se demande bien où l'on veut en venir, en définitive, sans charpente scénaristique solide. Les vidéos des années 90, incrustées dans une histoire qui n'en est pas une, constituent des parenthèses distrayantes, à condition d'avoir eu d'emblée l'envie de suivre ce récit cacophonique, autour du deuil, apparemment. Dans le cas contraire, les 72 minutes d'Invention paraîtront bien longues, molles et inutiles.
Il s’agit là d’un film bizarre à mi chemin entre fiction et documentaire qui m’a semblé difficile à suivre. Ce film manque d’ampleur et de rythme dans sa narration. L’histoire de cette jeune fille qui vient de perdre son père et qui tente de découvrir son passé afin de faire son deuil n’est guère passionnante à suivre.
Bernard CORIC
Film visionné aux journées GNCR/ACRIF des 27 et 28/08/2025 au Mélies de MONTREUIL
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2,0
Publiée le 12 août 2025
« De toute façon, je ne m'attendais à rien. » Après le décès de son père, un adepte des théories du complot, Carrie reçoit en héritage le brevet d'un appareil médical expérimental. Une étrangeté à l'origine d'une série de rencontres avec les collaborateurs de ce dernier afin d'en savoir plus sur lui et sur ce qu'il lui a laissé. Coécrit par Callie Hernandez, qui incarne le premier rôle, "Invention" est, pour les deux femmes, un film personnel, composé notamment d'images d'archives, qui explore la complexité du deuil et son processus ainsi que l'héritage humain et donc matériel. Une quête de réponses, des petits instants de vie, des vignettes nostalgiques, des conversations pour un mumblecore singulier, mais vraiment pas passionnant. J'ai bien aimé l'ambiance et l'authenticité de certains moments, mais ce n'était pas un film pour moi.
Entre film documentaire et fiction, on est balancé sans cesse, sans vraiment faire la part des choses. La recherche du père, après sa mort, et surtout de ceux qui l'ont connu absorbe l'essentiel du parcours, vec des rencontres interessantes voire amusantes. Certains partis pris (faux raccrds, clap d'enregistrement) sont inutiles, le déroulement de l'histoire suffit à lui même. La comédienne est parfaite et la réalisation acceptable.
Co-écrit avec l’actrice Callie Hernandez qui y tient le rôle principal, INVENTION puise directement sa matière dans l’histoire personnelle de son actrice, plus précisément dans celle de son père. Le film se construit autour du processus de deuil traversée par Carrie, une jeune femme qui reçoit en héritage à la suite du décès de son père : une étrange machine médicale. En retraçant l’origine de cette invention et en rencontrant celles et ceux qui ont participé à sa création, elle débute alors une enquête personnelle et émotionnelle où elle va peu à peu cerner la personnalité de son père, une figure paternelle complexe, marquée par l’obsession et le besoin de croire en des vérités alternatives. Tourné dans un somptueux 16mm, le film est un magnifique collage de plusieurs supports : fiction, documentaire, animation 3D, making-off et archives VHS, le film frappe par la richesse de sa mise en scène, portée par une constante recherche formelle, tant visuelle et sonore. Par son récit, à la fois intime et étrange, le film transcende son sujet universel : le deuil, pour en faire une quête initiatique sur fond de conspiration, tout en dressant en filigrane le portrait de l’Amérique profonde marquée par la désillusion, entre mythes déchus, obsession et besoin de croire.
Invention mêle subtilement fiction et documentaire pour explorer le deuil, le scepticisme et la vérité familiale, offrant une performance poignante de Callie Hernandez face à l’héritage d’un père conspirationniste.
Wow... Parfois, on tombe sur une œuvre qui résonne en nous d'une manière totalement inattendue. C'est exactement ce qui m'est arrivé avec ce film. J'ai toujours eu un faible pour les films qui sortent des sentiers battus, et là, j'ai été servi.
Ce qui m'a le plus touché, c'est la façon dont les créatrices ont assemblé leur histoire. On sent que c'est profondément personnel. Elles puisent dans leurs propres deuils, intègrent de vraies archives, et le tout est exécuté avec une sensibilité incroyable. Le film danse en permanence sur un fil, entre la douceur qui console et la douleur qui étreint, sans jamais tomber dans le pathos.
Honnêtement, je ne sais pas quoi dire de plus. C'est le genre de beauté qui ne s'explique pas, elle se ressent. Une expérience qui m'a marqué.