Que peut on attendre de la rencontre et de l’amitié qui en est née, entre un rappeur et chanteur espagnol et un représentant éminent du flamenco contemporain ? C’est simple : un très beau film, récompensé à 2 reprises lors de la dernière cérémonie des Goyas, en janvier dernier : meilleur film documentaire et meilleure chanson originale. A dire vrai, cette rencontre devait presque forcément aboutir à un film : d’un côté, Antón Álvarez, connu comme chanteur sous le nom de C. Tangana, qui venait, en lançant Little Spain, de s’investir dans la production audiovisuelle et qui rêvait de réaliser un film ; de l’autre, Yerai Cortés, qui lui raconte des histoires personnelles qui inspirent sa musique et dont Antón sent qu’il brûle d’envie de faire connaître ces histoires au plus grand nombre. Au final, "La guitarra flamenca de Yerai Cortés" est un film susceptible de plaire tout autant à celles et ceux qui connaissent et qui aiment le flamenco qu’à celles et ceux qui n’y connaissent rien, voire même qui n’apprécient pas ce genre musical. Frustrés de ne pas avoir la totalité de la critique ? Allez donc sur le site dont la dénomination comprend critique et film avec le tiret du 6 entre les 2 mots.
Voilà un film fondé sur le paradoxe. La culture gitane et l'entre-deux culturel, l'intime et le rôle social, la tradition et l'ouverture, le réalisme et la sensiblerie, l'engagement et l'opportunisme... La réalisation elle-même est paradoxale, tournant autour d'une forme de générosité et de narcissisme dans le même temps. De très beaux passages de flamenco.