Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !
Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Il commence doucement, presque banalement. Deux jeunes, un appartement neuf, le calme d’un matin ordinaire. Et puis… un bruit. Un souffle. On sursaute. Le silence s’étire. On comprend qu’on vient de passer de l’amour à la guerre sans bouger d’un mètre. Honeymoon ne raconte pas grand-chose, en fait. Il montre. C’est tout. Deux corps enfermés, une peur qui monte sans qu’on sache d’où elle vient. On devine, on imagine. Dehors, c’est le chaos, mais le film reste dedans, obstinément. Par moments, c’est fort. D’autres fois, c’est long. Zhanna Ozirna filme le rien, ou presque. Des regards, des bruits, des gestes qui ne mènent nulle part. Et curieusement, ça marche… un temps. On sent la tension, la fatigue, ce mélange d’amour et de panique qui s’installe quand le monde se met à trembler. Mais au bout d’un moment, tout tourne en rond. On finit par chercher un peu d’air. Les acteurs font ce qu’ils peuvent. Roman Lutskyi, fermé, tendu, comme s’il essayait de ne pas penser à ce qui se passe dehors. Ira Nirsha, plus nerveuse, plus vivante aussi. Leur duo tient le film, mais on aurait aimé plus de chaos, plus de désordre. Parfois, tout semble trop propre, trop cadré pour un film censé parler d’effondrement. L’image est sèche, presque sale. On entend des bruits d’avions, des chuchotements, des coups sourds. Ça crée une ambiance, oui, mais ça ne suffit pas toujours. On reste bloqué dans le même décor, à attendre quelque chose qui ne vient pas. Et c’est peut-être ça, au fond, le vrai sujet : l’attente. L’impuissance. La guerre vue depuis un salon. Un couple qui ne sait plus quoi dire, ni quoi faire. C’est fort sur le papier, moins sur l’écran. À force de vouloir être vrai, le film perd un peu de chair, de rythme, de folie. J’ai voulu aimer, j’ai admiré l’intention. Mais j’ai senti le dispositif, la main du cinéaste. Et quand on sent la main, on n’y croit plus totalement. Un film étrange, sec, fragile. Pas raté, non, mais pas abouti non plus. Ma note : 10 sur 20.
Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !