À 80 ans passés et doté d'une filmographie plus que respectable, Merzak Allouache n'a strictement plus rien à prouver. Il a aussi bien réalisé Chouchou que Les Repentis, soit deux versants diamétralement opposés de son cinéma. Avec Première ligne, il semble bien que c'est son amour pour la comédie italienne qu'il transmet, dans une chronique plus tendre que cruelle de deux familles algériennes qui se côtoient sur le sable chaud d'une plage très fréquentée, durant une belle journée. Petits drames, disputes véhémentes, mais aussi légers rapprochements épidermiques vont émailler (égayer ?) ce vendredi au soleil. Toutes les générations sont représentées, des enfants aux plus vieux, et chaque personnage est fort bien dessiné, avec une outrance de bon aloi quand la comédie s'emballe. À travers des comportements et des situations, le cinéaste s'amuse à railler gentiment la société algérienne d'aujourd'hui, sans pour autant trop approfondir son analyse, car le principe est d'abord, pour lui, pour ses comédiens et, partant, pour les spectateurs, de s'amuser en exagérant de façon méditerranéenne, un peu, à l'occasion. C'est une réaction habituelle que de considérer les films se déroulant en bord de plage comme par essence légers et inoffensifs. Première ligne n'a effectivement pas la prétention de s'élever au rang de grand film d'auteur, mais son rythme et sa facture en font un divertissement de très bonne tenue.