Les Braises
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Les Braises" et de son tournage !

Naissance du projet

Thomas Kruithof et son co-scénariste Jean-Baptiste Delafon voulaient explorer l’engagement politique "ordinaire", celui de citoyens non-professionnels. Après Les Promesses, centré sur des élus, ils ont choisi de raconter comment l’engagement militant des Gilets Jaunes vient bouleverser une vie amoureuse et familiale. Le cinéaste explique :

"Quand on est un simple citoyen qui s’engage sans y avoir été préparé tout en menant une vie déjà bien remplie, les enjeux ne sont pas les mêmes que pour celui ou celle dont c’est le métier. L’irruption soudaine de la politique dans la vie personnelle et familiale est d’une grande violence. C’était aussi le moyen de mêler la grande et la petite histoire, l’intime et le collectif."

Un mouvement rarement filmé

Le choix des Gilets Jaunes s’est imposé car c’est le plus grand mouvement social récent en France et pourtant très peu traité en fiction. Les auteurs ont rencontré des militants en Bretagne, Haute-Loire, Limoges et Angoulême, ce qui a nourri le scénario. Thomas Kruithof se rappelle : "Le traitement des Gilets Jaunes par les médias s’était beaucoup focalisé sur les affrontements dans les manifs, avec une tendance à réduire le mouvement à certains débordements de violence physique et verbale."

"Nous, on avait envie de raconter les choses de l’intérieur d’un groupe, d’un personnage, et on a commencé le processus d’écriture par des rencontres avec des Gilets Jaunes."

Tournage en conditions réelles

Les scènes de Virginie Efira dans l’usine ont été tournées pendant de véritables journées de production dans une entreprise agroalimentaire. De son côté, Arieh Worthalter a appris à conduire un poids lourd pour incarner son personnage.

Un travail immersif avec les vrais militants

Une trentaine de Gilets Jaunes et de sympathisants locaux ont participé régulièrement au tournage. Le réalisateur parle d’une "vibration collective" entre acteurs, militants et techniciens, donnant une authenticité particulière aux scènes de groupe : "Le dernier soir du tournage, ils devaient poursuivre la voiture de Macron, une séquence inspirée de la visite du Président au Puy en Velay en décembre 2018."

"Je me disais qu’il ne fallait pas faire beaucoup de prises, qu’ils se fatigueraient vite à courir et crier dans le froid. Mais ils étaient tous portés par une énergie impressionnante, prêts à tourner encore et encore", se souvient Thomas Kruithof.

Une mise en scène pensée pour le collectif et l’intime

Les Braises a été tourné en scope, à la fois pour capter la foule et filmer les espaces intimes (notamment la cuisine du couple). Le format permet de montrer les distances et tensions entre les corps, avec une palette de couleurs vibrantes pour déplacer le regard loin des codes médiatiques habituels (TV en 16/9, smartphones en vertical). Le cinéaste confie : "Il fallait donner le sentiment d’immersion dans la vie, dans le tumulte."

"Les braseros, la fumée, les uniformes, les cris, les chants, les sirènes se sont imposés naturellement comme des motifs visuels et sonores. Le film devait faire ressentir ce souffle collectif, dans les moments de communion comme dans les moments de désaccord, et aussi capter le chaos quand les actions ou les manifestations tournent mal."

Un casting pensé comme un couple

Le rôle de Karine n’a pas été écrit pour Virginie Efira, mais lorsqu’elle a été envisagée, la question était : "avec qui ?". L’alchimie avec Arieh Worthalter est devenue essentielle : Kruithof cherchait une crédibilité immédiate pour un couple uni depuis 20 ans, et la complicité entre les deux comédiens a enrichi l’évolution de leur relation.

Une écriture vivante sur le plateau

Si la structure du scénario des Braises a été respectée, beaucoup de scènes, notamment collectives, ont été réinventées au tournage. Thomas Kruithof encourageait les acteurs à improviser, se couper la parole, créer du chaos pour que les séquences vibrent au-delà de leur enjeu dramatique : "Les décors aussi sont susceptibles de modifier ce que j’avais prévu. Nous avons notamment dû réécrire en partie la séquence où les « bisons » découvrent leur rond-point brûlé."

"On venait d’y tourner des scènes joyeuses durant plusieurs jours, mais quand Jean Rabasse, le chef déco, a mis le feu à la cabane, et qu’on s’est retrouvés devant ce spectacle lugubre, on a tous ressenti une émotion."

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