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Ai vu « The Mastermind » de Kelly Reichardt qui a été présenté en Sélection Officielle au dernier Festival de Cannes 2025. On s’attend d’un film sur un vol de tableaux qu’il soit palpitant avec du suspens et des surprises scénaristiques où alors qu’il propose totalement le contre-pied avec de l’humour, de la folie, de l’ubuesque. Kelly Reichardt opte pour la lenteur, la contemplation, l’étirement, la mollesse. Des motivations de Mooney (Josh O’Connor), père de famille et fils d’un juge on ne saura jamais rien. Il ne travaille pas, emprunte de l’argent à sa mère pour faire vivre sa famille puis opte pour un vol de 4 toiles contemporaines au musée de sa ville, pour les revendre et subvenir aux besoins du ménage. Bien évidemment rien ne va se passer comme prévu. Une mise en scène classique, un montage assumé qui étire toutes les scènes jusqu’à n’en plus pouvoir. Le scénario qui se veut le moins psychologique possible est assez prévisible, les personnages sont de moins en moins intéressants et le spectateur se morfond de plus en plus. Josh O’Connor qui joue parfaitement les personnages blasés et impavides est excellent, mais ne parvient pas à nous faire oublier le flottement général du film. Un film totalement anecdotique dont on se demande bien ce qu’il faisait dans la Sélection Officielle du Festival de Cannes.
Pas le film le plus touchant de la réalisatrice, il se veut une petite radioscopie des années 70, 71, et raconte la fuite d’un jeune homme qui a réussi un cambriolage
spoiler:
( toiles de musée). IL
part de Framingham ( Massachusetts) et va se rendre jusqu’à Cincinnati, le film aurait pu s’appeler « La route »…..Peu de rencontres surprenantes hélas, mais les décors et l’atmosphère des seventies, sont bien reconstituées…..le scénario est sans surprises, sans états d’âme ( c’est le pire) et l’on suit avec une certaines distances, ce qui ne ressemble même pas à des aventures ( coups de fil à sa femme)….
Quelle était l’intention de la réalisatrice ? Dur à définir…...Se dégage un certain ennui de cette photographie sociale plutôt timide….à vous de voir…...
part de Framingham ( Massachusetts) et va se rendre jusqu’à Cincinnati, le film aurait pu s’appeler « La route »…..Peu de rencontres surprenantes hélas, mais les décors et l’atmosphère des seventies, sont bien reconstituées…..le scénario est sans surprises, sans états d’âme ( c’est le pire) et l’on suit avec une certaines distances, ce qui ne ressemble même pas à des aventures ( coups de fil à sa femme)….
Quelle était l’intention de la réalisatrice ? Dur à définir…...Se dégage un certain ennui de cette photographie sociale plutôt timide….à vous de voir…...
J’ai retrouvé dans ce film ce que j’aime chez Reichardt : cette façon de raconter une histoire en chuchotant, en laissant les gestes, les silences et les petits frottements du quotidien faire tout le travail émotionnel. Ici, elle s’attaque à un terrain qui, sur le papier, promet le contraire de son cinéma : un braquage. Sauf que « braquage » est presque un mot trop bruyant pour ce qui se joue. On est davantage devant une idée de casse, un fantasme de coup d’éclat né dans un esprit qui confond désir et plan, orgueil et compétence. Le point de départ est simple, limpide : un homme un peu paumé, père de famille, ex-étudiant en art, décide de voler des tableaux dans un musée de banlieue. Et dès cette prémisse, le film annonce sa couleur : pas l’ivresse du crime parfait, plutôt la curiosité pour ce qu’un tel geste révèle d’une époque et d’un tempérament.
Ce qui frappe d’abord, c’est la mise en scène : elle refuse l’emphase comme d’autres refusent la facilité. La caméra observe, se tient à hauteur d’humain, et privilégie les distances justes. On voit les couloirs, les parkings, les intérieurs, les visages dans une lumière qui semble toujours un peu en retrait, comme si le film lui-même se méfiait de l’idée de spectacle. Cette retenue a quelque chose de magnifique : elle donne du poids à une poignée de secondes (un regard qui glisse, une phrase avalée, un pas qui hésite) et fait exister tout un monde social sans discours. Le décor des années 70 n’est pas exhibé comme un costume, il est respiré : une Amérique ordinaire, légèrement lasse, traversée par une agitation politique en fond sonore, mais surtout par une sensation de dérive intime. Le film a un vrai talent pour rendre palpable ce malaise diffus : l’impression que tout le monde joue un rôle, que certains y croient encore, et que d’autres décrochent doucement.
Et puis il y a Josh O’Connor, dont la présence tient le film comme une vis qui ne demande qu’à lâcher. Il compose un personnage à la fois sûr de lui et déjà fissuré, charmeur sans être aimable, capable d’élans presque infantiles et, l’instant d’après, d’une froideur qui dérange. Ce qui est fort, c’est que le film ne cherche pas à le rendre “cool” ni à le condamner à gros traits : il le laisse se dévoiler par petites preuves, parfois minables, parfois touchantes, souvent égocentrées. Autour de lui, Alana Haim apporte un ancrage d’une sobriété précieuse : elle existe sans surligner, elle tient la maison, le réel, la fatigue, et donne au film une tension souterraine qui n’a pas besoin d’exploser pour faire mal. Les seconds rôles sont utilisés avec intelligence, notamment Bill Camp, dont chaque apparition a ce mélange d’autorité tranquille et de déception rentrée qui raconte, à lui seul, un certain rapport à la respectabilité et à l’échec. Hope Davis, John Magaro et Gaby Hoffmann participent tous à cette impression que le film sait peupler un cadre, donner une densité à des existences sans transformer tout le monde en “personnage” démonstratif.
Là où j’ai été plus partagé, c’est précisément dans ce choix assumé de la déconstruction. Ceux qui attendent une mécanique de genre, une montée d’adrénaline, des retournements, une tension qui s’accumule comme un compte à rebours… risquent de rester à la porte. Reichardt s’intéresse moins à l’exploit qu’à la maladresse, moins au suspense qu’à l’après-coup moral, moins au “comment” qu’au “pourquoi”. C’est courageux et souvent brillant, mais ça peut aussi créer une distance. À force de refuser les pics, le film finit parfois par étirer ses creux : on admire la précision, on goûte l’ironie discrète du titre, on savoure des scènes qui ressemblent à des instantanés de vie, mais on peut aussi sentir que la matière dramatique s’éparpille. Il y a des moments où je me suis surpris à être plus fasciné par l’atmosphère que réellement saisi par l’élan du récit, comme si le film préférait la dérive à la nécessité.
Cela dit, même quand il me frustre, il me reste en tête. Parce qu’il a une idée très nette de ce qu’il raconte : non pas un “casse”, mais une illusion de maîtrise. L’anti-héros veut se prouver quelque chose, s’inventer une grandeur, arracher un morceau de beauté au monde public pour l’avoir à soi — et cette logique, sans qu’on vous la serve en slogan, résonne avec énormément de choses contemporaines : l’individualisme en roue libre, la confusion entre désir et droit, l’envie de laisser une trace sans savoir quoi construire. Le film regarde tout ça sans morale tonitruante, mais sans complaisance non plus. Il y a même un humour très sec, presque triste, dans la manière dont les détails pratiques (les trajets, l’argent, les gens qu’on embarque sans vraiment les comprendre) rappellent que les grands rêves tiennent souvent à des petites choses mal anticipées.
Au final, je ne le rangerai pas parmi les œuvres qui m’ont emporté du début à la fin, ni parmi celles que je recommanderais à n’importe qui les yeux fermés. En revanche, c’est typiquement le genre de film qui mérite d’être vu quand on aime un cinéma qui observe plutôt qu’il n’explique, qui préfère l’ambiguïté à la performance, et qui ose faire d’un récit potentiellement “spectaculaire” un portrait de la médiocrité humaine — pas la médiocrité méchante, plutôt celle qui se croit exceptionnelle et se cogne au réel. Je suis sorti à la fois admiratif et un peu sur ma faim : c’est une proposition singulière, tenue, intelligente, parfois captivante, mais aussi volontairement froide, un peu désossée, et pas toujours aussi prenante qu’elle se croit. Et c’est justement ce mélange de réussite évidente et de frustration tenace qui, pour moi, en fait un film intéressant… sans être un grand coup de cœur.
Ce qui frappe d’abord, c’est la mise en scène : elle refuse l’emphase comme d’autres refusent la facilité. La caméra observe, se tient à hauteur d’humain, et privilégie les distances justes. On voit les couloirs, les parkings, les intérieurs, les visages dans une lumière qui semble toujours un peu en retrait, comme si le film lui-même se méfiait de l’idée de spectacle. Cette retenue a quelque chose de magnifique : elle donne du poids à une poignée de secondes (un regard qui glisse, une phrase avalée, un pas qui hésite) et fait exister tout un monde social sans discours. Le décor des années 70 n’est pas exhibé comme un costume, il est respiré : une Amérique ordinaire, légèrement lasse, traversée par une agitation politique en fond sonore, mais surtout par une sensation de dérive intime. Le film a un vrai talent pour rendre palpable ce malaise diffus : l’impression que tout le monde joue un rôle, que certains y croient encore, et que d’autres décrochent doucement.
Et puis il y a Josh O’Connor, dont la présence tient le film comme une vis qui ne demande qu’à lâcher. Il compose un personnage à la fois sûr de lui et déjà fissuré, charmeur sans être aimable, capable d’élans presque infantiles et, l’instant d’après, d’une froideur qui dérange. Ce qui est fort, c’est que le film ne cherche pas à le rendre “cool” ni à le condamner à gros traits : il le laisse se dévoiler par petites preuves, parfois minables, parfois touchantes, souvent égocentrées. Autour de lui, Alana Haim apporte un ancrage d’une sobriété précieuse : elle existe sans surligner, elle tient la maison, le réel, la fatigue, et donne au film une tension souterraine qui n’a pas besoin d’exploser pour faire mal. Les seconds rôles sont utilisés avec intelligence, notamment Bill Camp, dont chaque apparition a ce mélange d’autorité tranquille et de déception rentrée qui raconte, à lui seul, un certain rapport à la respectabilité et à l’échec. Hope Davis, John Magaro et Gaby Hoffmann participent tous à cette impression que le film sait peupler un cadre, donner une densité à des existences sans transformer tout le monde en “personnage” démonstratif.
Là où j’ai été plus partagé, c’est précisément dans ce choix assumé de la déconstruction. Ceux qui attendent une mécanique de genre, une montée d’adrénaline, des retournements, une tension qui s’accumule comme un compte à rebours… risquent de rester à la porte. Reichardt s’intéresse moins à l’exploit qu’à la maladresse, moins au suspense qu’à l’après-coup moral, moins au “comment” qu’au “pourquoi”. C’est courageux et souvent brillant, mais ça peut aussi créer une distance. À force de refuser les pics, le film finit parfois par étirer ses creux : on admire la précision, on goûte l’ironie discrète du titre, on savoure des scènes qui ressemblent à des instantanés de vie, mais on peut aussi sentir que la matière dramatique s’éparpille. Il y a des moments où je me suis surpris à être plus fasciné par l’atmosphère que réellement saisi par l’élan du récit, comme si le film préférait la dérive à la nécessité.
Cela dit, même quand il me frustre, il me reste en tête. Parce qu’il a une idée très nette de ce qu’il raconte : non pas un “casse”, mais une illusion de maîtrise. L’anti-héros veut se prouver quelque chose, s’inventer une grandeur, arracher un morceau de beauté au monde public pour l’avoir à soi — et cette logique, sans qu’on vous la serve en slogan, résonne avec énormément de choses contemporaines : l’individualisme en roue libre, la confusion entre désir et droit, l’envie de laisser une trace sans savoir quoi construire. Le film regarde tout ça sans morale tonitruante, mais sans complaisance non plus. Il y a même un humour très sec, presque triste, dans la manière dont les détails pratiques (les trajets, l’argent, les gens qu’on embarque sans vraiment les comprendre) rappellent que les grands rêves tiennent souvent à des petites choses mal anticipées.
Au final, je ne le rangerai pas parmi les œuvres qui m’ont emporté du début à la fin, ni parmi celles que je recommanderais à n’importe qui les yeux fermés. En revanche, c’est typiquement le genre de film qui mérite d’être vu quand on aime un cinéma qui observe plutôt qu’il n’explique, qui préfère l’ambiguïté à la performance, et qui ose faire d’un récit potentiellement “spectaculaire” un portrait de la médiocrité humaine — pas la médiocrité méchante, plutôt celle qui se croit exceptionnelle et se cogne au réel. Je suis sorti à la fois admiratif et un peu sur ma faim : c’est une proposition singulière, tenue, intelligente, parfois captivante, mais aussi volontairement froide, un peu désossée, et pas toujours aussi prenante qu’elle se croit. Et c’est justement ce mélange de réussite évidente et de frustration tenace qui, pour moi, en fait un film intéressant… sans être un grand coup de cœur.
Enfin un film de braquage — et surtout de post-braquage — qui ne ressemble à rien de ce qu’Hollywood recycle depuis des décennies.
Pas de morceaux de bravoure, pas de surenchère : tout est décalé, presque en apesanteur. Un type qui dérive, et c’est vertigineux.
L’Amérique des années 70 est reconstituée avec une précision hallucinante — au niveau d’un Licorice Pizza, mais en plus sec, plus inquiet.
Pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus : c’est un chef-d’œuvre.
Pas de morceaux de bravoure, pas de surenchère : tout est décalé, presque en apesanteur. Un type qui dérive, et c’est vertigineux.
L’Amérique des années 70 est reconstituée avec une précision hallucinante — au niveau d’un Licorice Pizza, mais en plus sec, plus inquiet.
Pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus : c’est un chef-d’œuvre.
Un film étrange, où tout est mou, et qui prend son temps,...
Belle interprétation, belles images (avec de nombreuses scènes qui font penser à des tableaux de Hopper tant par l'éclairage, les couleurs et l'ennui qu'elles dégagent) mais cinéma un peu trop expérimental à mon goût (les longues, très longues, séances en temps réel par exemple m'ont semblé bien soporifiques, d'autant qu'il ne s'y passe absolument rien ;-))
Belle interprétation, belles images (avec de nombreuses scènes qui font penser à des tableaux de Hopper tant par l'éclairage, les couleurs et l'ennui qu'elles dégagent) mais cinéma un peu trop expérimental à mon goût (les longues, très longues, séances en temps réel par exemple m'ont semblé bien soporifiques, d'autant qu'il ne s'y passe absolument rien ;-))
Kelly Reichardt est une cinéaste totalement à part et totalement précieuse. On ne sait pas pourquoi elle s’attaque à tel ou tel sujet mais on est toujours déçu en bien comme disent les Suisses. Là on est dans les années 70 avec son esthétique orange et marron. On a en arrière plan Nixon et la guerre du Vietnam sans que ça intervienne beaucoup sauf …
Et on a un gars fils à maman bien que lui même père de famille dont on ne sait pas pourquoi il décide de voler quatre tableaux dans un musée. Ses copains et lui forment une jolie équipe de bras cassés et JB n’a plus qu’à entamer une cavale. On le suit donc dans ses planques et sa vie sans horizon. Et on se demande comment tout ça peut finir. Et Kelly Reichardt réussit à nous offrir une fin imprévisible mi-fermée mi-ouverte. C’est un peu long mais c’est chouette y compris esthétiquement.
Et on a un gars fils à maman bien que lui même père de famille dont on ne sait pas pourquoi il décide de voler quatre tableaux dans un musée. Ses copains et lui forment une jolie équipe de bras cassés et JB n’a plus qu’à entamer une cavale. On le suit donc dans ses planques et sa vie sans horizon. Et on se demande comment tout ça peut finir. Et Kelly Reichardt réussit à nous offrir une fin imprévisible mi-fermée mi-ouverte. C’est un peu long mais c’est chouette y compris esthétiquement.
C'est le premier film que je vois de Kelly Reichardt, et j'ai été à la fois séduit et circonspect par son cinéma, son univers, le rythme du film qui est l'intention première, ralentir, laisser vivre le personnage principal, le tout à contre-courant du cinéma de la vitesse et du trop plein contemporain. Alors, oui, ça infuse et on est pris en profondeur, on sent et comprend ce que veut nous faire vivre la cinéaste, mais bon, parfois, on se lasse un peu et on somnole, ce qui fait partie de l'expérience.
Éloge funèbre de la loose dans tous ses états. Musique génialissime qui suit toujours au même rythme cette fuite qui se heurte à tout. Un chef d'œuvre !
Belle realisation qui nous replonge dans les USA des anness 1970. Mention special poir la lumiere et le chef decorateur
JB est un minable loser : mauvais mari, mauvais père, mauvais fils, mauvais escroc.
Il est pourtant brillamment interprété par le (décidément très bon) Josh O'Connor qui est de tous les plans et qui tient le film de bout en bout.
Il est pourtant brillamment interprété par le (décidément très bon) Josh O'Connor qui est de tous les plans et qui tient le film de bout en bout.
Tout serait parfait si ce n'est que ce film semble avoir été tourné au ralenti ce qui plonge trés vite le spectateur dans une longue torpeur, dommage !
Terrrrriiiiblement ennuyeux, on a l’impression d’assister uniquement aux moments situés entre les scènes, à savoir le vide. C’est lent, c’est inintéressant, dialogues creux, intrigue rachitique, esthétique moche, bref : prenez des forces avant d’y aller ou allez plutôt vous coucher directement.
Histoire sans intérêt truffée d’invraisemblances.
Si je n’étais le projectionniste de la séance, je serai parti au bout d’une demi-heure !
Si je n’étais le projectionniste de la séance, je serai parti au bout d’une demi-heure !
deux points pour l'atmosphère des années 70 parfaitement reconstituées avec des decors réalistes et le mouvement hippy omniprésent à l 'époque et pour une belle musique, une bande son jazzy...mais il faut assumer l'ennui....Le manque de rythme, trop de plan fixes, une lumière terne et surtout un scénario plus qu 'improbable font de ce film un véritable pensum.
Très bizarre. Il n'y a pas d'histoire. Le film traine en longueur. Des personnages apparaissent mais ne servent à rien.
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