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Grenouille
2 critiques
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0,5
Publiée le 6 août 2026
Je ne sais pas si j'ai déjà vu autant de scènes à la fois aussi inutiles et aussi longues dans un film. La pauvreté des dialogues et la musique jazz permanente rendent le tout insupportable bien avant la moitié du film : je suis allée au bout pour accompagner mon mari, mais avec la franche impression d'avoir gaspillé 1h45.
spoiler: C'est mou : le film est très lent. À l'image de son personnage principal : un raté dans une petite ville étatsunienne monte un vol d'œuvre d'art avec des équipiers qui ne sont pas fiables ; il s'agit de dérober une œuvre d'un musée local. Le scénario prend son temps. Le personnage de Josh O'Connor est mou, d'où la mollesse du fim. Mais qui déroule son histoire, l'idée du braquage, la préparation, la réalisation, la fuite, l'après-braquage pour vendre la toile, puis l'épilogue.
Le rythme n'est pas celui d'une comédie (le film dure 1h50), mais il contient son lot de comédie, car les équipiers sont des bras cassés. Josh O'Connor, son personnage, est un hébété permanent devant le fait que tout ce qu'il a imaginé comme déroulement ne se produit pas, n'étant pas aidé par une intelligence moins que moyenne et une anticipation nulle de ce qui pourrait se passer ou perturber ce qu'il veut faire.
Cette mollesse du film permet au spectateur d'avoir une certaine empathie pour ce pauvre bougre de Josh O'Connor, pas vraiment méchant, ambitieux avec mesure, qui essaie des choses, qui sont mal organisées et gérées. C'est elle qui donne sa signature au film.
L'acteur principal de ce film propose un personnage peu sympathique mais qui fascine. C'est une descente vers le vide esthétique. Le film sort des sentiers battus. L'ambiance années 1970 est magnifique.
Film extrêmement lent qui ne parvient pas à captiver l’attention du spectateur. Cela est dommage car, cela fait rapidement décrocher et perdre le film de l’histoire. L’esthétique du film est tout de même soigné.
Kelly Reichardt s'inspire très librement d'un vrai vol de tableaux, survenu dans le Massachussets en 1972. Vol qui fit beaucoup parler de lui à l'époque, au point de populariser les larcins dans les musées aux USA. Ici les lieux et les noms sont changés, le déroulement lui-aussi altéré. Josh O'Connor incarne JB (nom ironique quand on sait que l'acteur fait partie des candidats pour le nouveau 007 !). Un artisan au chômage en 1970, qui se met en tête de faire dérober quatre tableaux d'Arthur Dove par une bande de pied nickelés dans le musée local. JB lui-même n'étant pas rompu à l'univers du crime, les choses ne vont évidemment pas bien se passer... J'ai lu beaucoup d'avis qui parlaient de "The Mastermind" comme de l'anti-film de braquage, et c'en est un très bonne description. Ce n'est pas seulement que JB est largué, c'est toute la mise en scène qui est aux antipodes du genre. Kelly Reichardt filme avec une lumière naturelle des couleurs essentiellement automnales. Donnant un aspect très posé à son film... à l'image de sa grande lenteur (certains décrocheront). La reconstitution de 1970 est par ailleurs étonnement détaillée, entre costumes, voitures, petits objets, coiffures. Dans tout cela, l'intérêt ne sera pas l'intrigue policière, presque limitée à une toile de fond. Mais plutôt le statut du protagoniste, joué par un Josh O'Connor tout en subtilités. Qui semble déphasé avec tout le monde : sa famille, son statut social, l'univers criminel auquel il va toucher, ses amis... Ce vol et la cavale qui s'en suivra seront pour lui une lente remise en question et plongée dans l'Amérique de l'époque. J'aurais aimé davantage de rythme, néanmoins il faut se dire que "The Mastermind" n'est certainement pas un polar ni une comédie policière, mais le portrait dramatique (oserais-je dire presque tristounet !) d'un homme et de son époque.
Kelly Reichardt n’a pas la réputation de faire des films faciles, surtout pas ordinaires. « The mastermind » se range vaguement dans la lignée éditoriale de la cinéaste, en ajoutant cette fois de la bizarrerie autour de son héros qui se demande peut-être lui-même à quoi il joue. Josh O'Connor qui l’interprète est un braqueur de seconde zone, complètement en dehors de ses pompes dans lesquelles il ne remettra jamais les pieds. On se demande s’il va prendre un jour conscience du merdier dans lequel il s’est fourré ? Repéré comme le cerveau d’un vol de tableaux, il met sa petite famille à l’écart, et cavale solitaire du Massachussetts à Cincinnati , sans aucune intention. En faisant un tel portrait, celui d’un looser total, Kelly Reichardt nous ramène-t-elle à cette Amérique en roue libre des années soixante, confrontée à la guerre du Vietnam et à la jeunesse en révolution permanente. Son héros se faufile entre les deux événements, auxquels il est complètement indifférent. Je confirme donc la bizarrerie de ce film, encore plus bizarre puisqu’on ne le quitte pas des yeux. Restez éveillés ! AVIS BONUS La réalisatrice , un tout petit instant à Cannes
Un film de braquage à l'opposé des tendances actuelles. Ici pas de casse sophistiqué, ni de criminels expérimentés et intelligents. Kelly Reichardt nous invite à suivre les mésaventures d'un chômeur s'improvisant voleur de tableaux. Mais rien ne se passe comme prévu. Sauf pour le spectateur qui sent rapidement que tout va mal tourner. C'est une un film avec un rythme lent, les dialogues sont limités au minimum, on sent l'influence de Jean-Pierre Melville dans ces longs moments silencieux et ce découpage calme, à l'opposé des films de braquage actuel, beaucoup de spectateurs risquent d'être déstabiliser car ce n' est pas une histoire de braquage mais plutôt la lente chûte d'un homme pas méchant mais qui fait un mauvais choix qui lui fera tout perdre. Un beau film triste et touchant.
Quand je vois "Festival de Cannes", je me méfie, c'est souvent un film de type soporifique ou cérébral. Eh bien ici c'est le cas, le réalisateur nous présente un film avec une histoire minimaliste et un rythme lent. Comme souvent on a droit au "loser" de service, le chien battu qui cherche sa voie. Décidément il y a un style de films qui n'arrive tout simplement pas à égayer ma journée, et celui là en fait parti. Il n'est pas sans me rappeler le film "Agent secret" (aussi plébiscité à Cannes) qui m'a assez gonflé. A chacun son choix de film pour se divertir, en tout cas celui là ne me scotche pas dans mon fauteuil, loin de là.
Etrange film que celui de Kelly Reichardt. Elle suit les pas d'un Américain de la middle class qui se rêve braqueur. Le film souffre par moments d'une certaine lenteur avec de nombreux plans silencieux, mais les spectateurs éprouvent un plaisir méchamment cynique à observer la chute de ce personnage qui multiplie les erreurs avec une naïveté déconcertante. C'est un beau tableau des années 70. Un film amusant.
Présenté à Cannes en 2025, "The Mastermind" voit Kelly Reichardt s’attaquer au film de braquage sans glamour, sans tension excessive, mais avec une observation humaine. Le casse devient surtout le révélateur de personnages maladroits, dépassés par leurs propres fantasmes. Josh O'Connor est exceptionnel dans ce rôle d’homme ordinaire qui se rêve soudain criminel de génie alors qu’il reste profondément ridicule dans chacune de ses décisions. L’acteur apporte énormément de charme et d’humanité à ce personnage incapable d’être réellement dangereux. On s’attache immédiatement à lui malgré ses erreurs constantes. "The Mastermind" est un film de braquage atypique, drôle sans être une comédie, tendu sans chercher le spectaculaire.
Après avoir revisité le western de manière singulière avec First Cow, Kelly Reichardt s’attaque cette fois au film de braquage... revisité, évidemment, à sa manière.
Ceux qui s’attendent à retrouver les codes habituels du genre risquent d’être déçus. Les autres, qui connaissent un peu, voire beaucoup, le cinéma de la réalisatrice américaine, ne seront pas surpris car le film prend son temps pour installer ses décors, ses personnages, son histoire. Un peu dans l’esprit de ce qu’ont pu proposer les frères Coen dans certains de leurs films.
Ici, pas de héros, mais des antihéros, des gens sans importance, des losers à l’image du personnage principal, James Blaine Mooney, incarné par Josh O'Connor.
Ce dernier prévoit de dérober des tableaux dans le musée de sa ville afin de les revendre et d’en retirer quelques bénéfices substantiels. Mais dès les premiers minutes, on comprend que tout ne se passera pas comme prévu et que les problèmes vont s’accumuler pour ce garçon et ses complices. Les situations à risque s’enchaînent alors dans un film visuellement très beau, qui nous replonge dans une petite ville du Massachusetts au début des années 1970, à travers une reconstitution soignée. Un film dont l'atmosphère nous ramène au temps du Nouvel Hollywood, à une époque où l'Amérique n’avait pas le moral.
La première partie est vraiment réjouissante. On y suit ce gentil père de famille, entretenu par ses parents, sans travail et surtout sans le moindre talent pour cet exercice particulier qu’est le braquage, déclenchant des scènes burlesques plutôt réussies.
La deuxième partie, qui correspond à la cavale du personnage après son forfait, s’avère plus contemplative, un peu moins rythmée. Elle nous installe une forme d’ennui presque confortable, porté que nous sommes par les couleurs et les lumières chaudes et douces du film. Sans oublier la musique, du jazz bebop très nerveux signé du Chicago Underground Trio, totalement à l’opposé du rythme du film
Un film plaisant et doux, porté par une mise en scène délicate et tout en subtilité, qui n’est sans doute pas le meilleur de Kelly Reichardt à ce jour, mais dans lequel on se sent bien.
Dans cet hommage distancié au film de braquage, la réalisatrice délaisse les clichés narratifs du genre pour se concentrer sur les moments creux de l’action, on dirait l’infra-ordinaire, dans un style minutieux et non dénué d'humour. La progression de l'intrigue fait glisser petit à petit le film vers un road-movie d'époque à la tonalité désenchantée, déjouant les attentes du spectateur.
Très belle photographie qui recréée de façon parfaitement crédible l'époque - c'est bien joué mais le rythme est vraiment trop "Reichardtien" et l'intrigue trop mince pour suscité mon intérêt sur la durée...