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Michel Arcens
5 critiques
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3,5
Publiée le 26 janvier 2026
Un "casse" dans un musée. Réussi, mais pas tout fait. (On peut le dire car le suspense n'est pas ce qui pourrait constituer le sujet du film.) C'est la vie des personnages, leur façon de subir ce qui arrive, de vouloir toujours s'en sortir, le fait que, malgré les circonstances, les imprévus, malgré ceux qui les entourent, ils poursuivent leurs chemins. Josh O'Connor est, comme toujours, impeccable. Tout le casting est magnifique comme toute la réalisation de Kelly Reichardt
Dans le Massachusetts des années 70, The Mastermind s’inscrit dans une tradition du polar américain que Kelly Reichardt choisit de détourner avec une rigueur presque clinique. Le film ne cherche ni l’efficacité du suspense, ni la fascination du casse parfait. Il observe la trajectoire d’un homme ordinaire attiré par l’illusion d’un argent facile, persuadé qu’un simple changement de cap suffira à reprendre le contrôle de sa vie.
James Blaine Mooney est menuisier au chômage, père de famille, issu d’une bourgeoisie locale dont il ne parvient plus à suivre les codes implicites. Il évolue dans un environnement social pesant, sous le regard d’un père juge respecté, d’une mère envahissante et d’une épouse qui tente de préserver l’équilibre du foyer. Le vol d’œuvres d’art apparaît alors moins comme un projet criminel que comme une échappatoire, une tentative maladroite de réinventer sa place dans le monde.
Kelly Reichardt ne filme jamais le crime comme un acte glorieux. Le cambriolage intervient rapidement, presque comme un faux point de départ. Le véritable sujet du film réside dans ce qui suit. Chaque décision prise par James resserre l’étau autour de lui et révèle une méconnaissance fondamentale du monde qu’il tente d’intégrer. Le marché de l’art, fermé et verrouillé, ne permet aucune circulation simple. Les œuvres volées deviennent des objets impossibles à écouler, écrasés par leur valeur symbolique plus que marchande.
Le titre The Mastermind agit comme une ironie discrète. James n’est ni un stratège hors norme, ni un génie du crime. Il est un homme convaincu d’avoir une bonne idée, sans jamais en mesurer les implications. Cette re-normalisation du cambrioleur est au cœur du film. La cinéaste ramène le geste criminel à une suite d’actes imparfaits, portés par une conviction fragile et voués à l’échec.
La mise en scène refuse toute emphase. L’action ne repose pas sur la vitesse ou la démonstration, mais sur une lente dérive intérieure. Le scoring jazz composé par Rob Mazurek devient alors un élément central du récit. La musique structure le film comme une respiration, installe une tension diffuse et accompagne l’errance mentale du personnage. Les silences, les ruptures et les variations remplacent l’agitation, faisant de la bande sonore un véritable moteur narratif.
The Mastermind est ainsi moins un film sur un cambriolage qu’un film sur l’homme et ses angles morts. Une œuvre qui interroge le désir de s’extraire de sa condition, et le prix à payer lorsque l’on croit pouvoir contourner un monde qui, lui, ne s’ouvre jamais.
Amusant mais un peu bizarre dans son deuxième acte, l'épopée de REICHARDT se pose comme une divertissante manière d'aborder le film d'arnaque, le temps d'un voyage loufoque mais assez déstabilisant, sur un homme à côté de la société, mais cherchant à en profiter tout de même
Vers 1970, dans un recoin paisible du Massachusetts. Un homme prépare un braquage dans le monde de l'art, dans le contexte de la guerre du Vietnam et du mouvement de libération des femmes.
Inspiré par de vraies affaires et par des films du genre des années 70, cette histoire de braquage est certes stylée sur la forme. Mais le récit manque parfois de clarté, de conviction, à l'image des motivations profondes qui ont guidées l'opération. La cavale qui suit n'est vraiment pas palpitante et le final inconsistant. Dommage pour J. O'Connor, acteur montant, dont le potentiel n'est pas ici exploité.
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2,5
Publiée le 17 décembre 2025
Dans une époque marquée par la guerre du Vietnam, JB semble loin de tout ça. Il est même déconnecté de sa propre famille qui a l'air d'une couverture pour ses activités criminelles. Lorsque cet amateur d'art réalise que son musée d'Art local est peu sécurisé, il décide d'y voler des peintures. "The Mastermind" n'est pas pour autant un film de casse, mais le portrait d'un homme taciturne et peu intéressant qui est pris à son propre piège. Tout ce qui se passe manque d'urgence et semble sans importance. Ça commence pourtant bien au niveau du ton et de l'ambiance, mais on tombe assez vite dans une errance ennuyeuse au cours de laquelle il passe son temps à ressasser son échec. C'est difficile dans ces conditions de s'intéresser à ce qui arrive à cet homme peu charismatique. Bref, un type ordinaire dans un film quelconque qui se perd en cours de route.
C’est un bon thriller au scénario intéressant et bien huilé soutenu par une bonne bande-son jazz. La réalisatrice a su donner un bon tempo dans le déroulé du film où Joss O’CONNOR fait une composition encore très réussie avec une bonne présence à l’écran.
Bernard CORIC
(Film visionné à la journée de prévisionnement du GNCR le 09/12/2025 à la FEMIS à PARIS)
J'ai de plus en plus le sentiment que Kelly Reichardt se contente de bien peu et que son minimalisme tient plus de la posture que du geste artistique sincère. Ok c'est bien beau de déconstruire les genres, d'en retrancher les artifices "sexy" (dans le sens "séduisants") pour n'en garder que le substrat et le retravailler, mais que trouve-t-on au-delà de ce théorique d'ailleurs au départ assez stimulant ? Selon moi, pas grand chose, du moins sorti de la mise en place, donc d'un premier tiers plutôt amusant, celui qui justement colle aux basque des films de braquage "traditionnels". Ensuite je vois, exactement comme dans "Showing Up", une artiste qui a la carte faire de l'indolence un argument de vente, un cinéma d'auteur totalement caricatural à l'image de cette récurrence musicale jazzy qui a fini par me faire le même effet qu'un slogan « Je suis un film indépendant ».
Vu aux Etats-Unis. Une merveille de mise en scène ! Porté par une musique jazz et des acteurs formidables, The Mastermind enchante sur fond de vol d’art. Une réussite.
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. Bonne première partie avec yne super BO jazzy. Après, perte de rythme qui fait qu'on s'ennuie un peu. ca manque de relief pour nous donner envie de suivre ce personnage jusqu'au bout