Le diagnostic est posé : positif
Joséphine Japy, comédienne admirable, a tenté l'expérience de passer de l'autre côté de la caméra, une mise en danger que l'on aurait pu regretter. Sauf que le risque était contrôlé, dans la mesure où elle tenait en main un sujet jusque-là trop peu exploré. Et le résultat de Qui brille au combat est en effet brillant !
L'histoire étant inspirée de sa propre vie familiale, elle raconte le parcours d'une adolescente en situation de handicap, ne pouvant s'exprimer par la parole, et nécessitant pour les autres une attention de chaque instant, les faisant inexorablement aboutir à un oubli de soi. Un oubli d'eux-mêmes, pour elle. Car tout tourne autour d'elle, pas le choix. Surtout lorsqu'on passe son existence avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, qui peut s'abattre à tout moment, sans prévenir, et lui ôter la vie. Cette vie, elle est de fait bien ébranlée, pour tout son entourage, à commencer par sa grande sœur, sublimement incarnée par Angelina Woreth, qui a beau être dévouée à sa frangine, se retrouve avec quelques autres préoccupations à l'esprit l'année de son bac. Au passage, dans son cercle d'amis, quel plaisir de retrouver la fraîcheur de Juliette Gasquet, notamment remarquée dans On ira d'Enya Baroux.
Et évidemment, la talentueuse Mélanie Laurent, à qui la réalisatrice a rendu la pareille, après l'époque où elle avait été elle-même actrice dans le film de son amie, Respire, il y a plus de dix ans. Sa qualité de mère courage, qui cherche le bonheur de sa fille sans occulter qu'elle doit aussi colmater les brèches autour d'elle, considérer et soutenir l'aînée, entretenir voire rattraper son couple : ce qu'elle traverse est grave, douloureux ; mais beau.
On ne peut qu'espérer que Joséphine Japy ne mette pas entre parenthèses sa carrière de comédienne, mais on ne peut également qu'espérer qu'elle n'hésite pas à reprendre la caméra. Car si elle a d'autres rêves à réaliser, alors elle réalisera d'autres films qui font rêver.