Anemone – Les racines du mensonge
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Anemone – Les racines du mensonge" et de son tournage !

Une affaire de famille

Huit ans après sa magistrale prestation dans Phantom Thread, Daniel Day-Lewis revient sous la direction de son propre fils, Ronan. Ensemble, ils co-écrivent Anemone - Les racines du mensonge, alliant les talents de deux générations. Artiste visuel reconnu, les œuvres de Ronan sont exposées dans le monde entier.

Il commence à tourner ses propres courts métrages dès l’enfance. Son premier court tourné en 2018, The Sheep and the Wolf décroche le prix du Meilleur Court Métrage Indépendant à l’IFS Film Festival alors qu’il est encore étudiant. Fraîchement diplômé, Ronan signe la réalisation des trois clips de Les Enfants Terribles composée par Philip Glass.

"Je savais que Ronan allait faire d’autres films. Et j’éprouvais une certaine tristesse à l’idée que je ne travaillerais sans doute jamais avec lui. Puis vers 2020, nous avons commencé à échanger des idées dans l’espoir d’écrire un court métrage ensemble", confie Daniel Day-Lewis.

Ecriture, pas à pas

Ronan et Daniel Day-Lewis se sont découvert un intérêt commun pour le lien intime mais également conflictuel, qui se tisse au sein d’une fratrie. À partir de cette idée, ils imaginent l’histoire de Ray Stoker, un homme volontairement retiré du monde, et de son frère, Jem Stoker, avec lequel il a coupé les ponts et qui ressurgit mystérieusement après vingt ans de silence.

Investie d’une mission énigmatique née d’une crise familiale, Jem rejoint la cabane isolée en pleine forêt de son frère. Il y découvre un être en proie à la paranoïa, reclus et instable. Au début du film, Ray est plongé dans une solitude extrême, à l’écart du monde moderne. Jem, quant à lui, trouve le réconfort auprès de sa famille et dans une pratique religieuse austère.

Au fil des années, dès qu’ils en ont le temps, Ronan et Daniel travaillent sur le scénario, laissant les personnages et les séquences s’enchaîner sans plan formel : "Au début, nous avons abordé le processus de l’écriture sans trop de pression. Nous avons façonné le scénario pas à pas, nous laissions les personnages nous guider", se rappelle Ronan Day-Lewis.

Un conflit militaire

Ronan et Daniel décidèrent très tôt que les deux frères avaient pris part à un conflit militaire, qui les avait profondément marqués, chacun à sa façon. Leur choix s’est arrêté sur la longue période des "Troubles" en Irlande du Nord : "Ayant vécu en Irlande de 7 à 13 ans, j’ai été sensibilisé à la réalité du conflit nord-irlandais", explique Ronan.

Le réalisateur poursuit : "Bien que mon père ait grandi en Angleterre, il entretient un lien profond avec l’Irlande. Nos attaches communes avec ce lieu nous ont conduits à choisir les « Troubles » comme cadre historique du film, et la chronologie fonctionnait. En 1975, les deux frères pouvaient tout à fait servir dans l’armée britannique. ”

Qui pour le frère ?

Ronan Day-Lewis a grandi en regardant Sean Bean incarner Ned Stark dans Game of Thrones : "Je connais et j’admire son travail depuis mes 13 ans", déclare le réalisateur, en ajoutant : "Peu d’acteurs possèdent d’emblée sa présence, son physique et la puissance requise pour interpréter Jem. Une fois qu’on avait Sean à l’esprit, on n’arrivait pas à se le sortir de la tête. Aujourd’hui, je n’imagine personne d’autre dans ce rôle."

"Sean et moi avons démarré à peu près à la même époque", explique Daniel Day-Lewis. "Je pense avoir vu à peu près tout ce qu’il a fait. Il était déjà remarquable jeune, et il ne cesse de gagner en puissance. Ce que j’ ai vu de lui récemment est absolument fantastique."

"L’heure bleue"

L'une des décisions esthétiques marquantes pour ce film a été le choix de tourner fréquemment durant "l’heure bleue". Entre chien et loup, ce moment crépusculaire a permis de créer une atmosphère unique, prolongeant l'effet onirique des errances nocturnes des personnages. Cette approche a non seulement influencé la direction artistique mais également la photographie, conférant un aspect presque surnaturel aux scènes tournées au clair de lune. Cette décision a permis de renforcer le lien émotionnel des spectateurs avec l'univers sombre et isolé du film.

Repérage et découverte

La recherche du lieu parfait pour le personnage de Ray a été minutieuse. Mark Walledeg, responsable des repérages, a déniché un site idéal pour construire la cabane isolée de Ray, près de Sheffield. "Le scénario ne précisait pas l’emplacement exact", dit-il, mais un bâtiment abandonné en pierre, datant de 1840, a capturé l’imaginaire de l’équipe. Cette structure ancienne, avec ses murs à ciel ouvert et son sol en terre, a été transformée pour devenir un lieu symbolique, à la fois sûr et impersonnel, reflétant le purgatoire auto-imposé par Ray.

Influences variées

La bande-son du film marie des influences variées, allant de Beethoven à The Jesus and Mary Chain. Ronan Day-Lewis a demandé à Bobby Krlic, alias The Haxan Cloak, de s'inspirer du genre shoegaze des années 90 pour composer la musique du film. Caractérisé par des "voix comme ensevelies sous des couches sonores psychédéliques", ce style évoque la complexité des émotions du personnage de Ray, ajoutant une dimension sonore dense et éthérée à l'œuvre.

Les secrets de tournage des films les plus populaires lors des 30 derniers jours
  • La Vénus électrique (2026)
  • L’Abandon (2026)
  • Star Wars: The Mandalorian and Grogu (2026)
  • Michael (2026)
  • Obsession (2026)
  • Histoires parallèles (2026)
  • La Bataille de Gaulle - L’âge de fer (2025)
  • Juste une illusion (2026)
  • Le Diable s'habille en Prada 2 (2026)
  • Pour le plaisir (2026)
  • L’Être Aimé (2026)
  • L'Objet du délit (2026)
  • Karma (2026)
  • Autofiction (2026)
  • C’est quoi l’amour ? (2026)
  • Colony (2026)
  • Mata (2026)
  • Disclosure Day (2026)
  • Scary Movie (2026)
  • Vivaldi et moi (2025)