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Jipéhel
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3,0
Publiée le 29 avril 2026
Trop cérébral
Stéphane Sorlat est un spécialiste des documentaires sur les grands peintres de l’Histoire, puisque ces 90 minutes referment un triptyque dans lequel il avait déjà parlé de Goya et Bosch. Celui-ci est consacré au « peintre des peintres », Diego Velázquez. Surnommé aussi le peintre des rois et des humbles, il est le maître du hors-champ et des mises en abyme, il se trouve, ici, au cœur d’un voyage cinématographique défiant pas mal de conventions du genre. De la profondeur hypnotique des Ménines aux niveaux de lecture vertigineux des Fileuses, ce documentaire s’attache à élucider une question troublante : comment cet artiste, admiré par des génies tels que Manet et Dalí, demeure-t-il si souvent en marge de la mémoire collective ? Guidé par le fil symbolique de l’eau, métaphore du mouvement et de la réflexion, le film traverse les siècles et les continents, mêlant avec audace récits d’historiens, interprétations contemporaines et méditations sur l’héritage universel d’un maître inégalé. Un sujet passionnant, qu’il s’agisse de la virtuosité technique d’un maitre pionnier dans l’art d’illuminer ses sujets ou du regard désabusé d’un artiste sur le pouvoir. Pourtant, si le sujet est fascinant, son traitement l’est nettement moins. Ce documentaire prend rapidement une forme et une structure classique, très télévisuelle et journalistique. Les intervenants – tous aussi compétents qu’ils soient – se multiplient, le film a de la peine à transcender son sujet. Gros plans sur les peintures, interview d’une personnalité ou d’un spécialiste, lecture de textes en voix off par Vincent Lindon. Certes, les textes sont bien choisis et élégants, mais la structure devient trop répétitive pour ressembler à autre chose qu’un long exposé d’Histoire de l’Art. Le plus décevant peut-être, est que là où l’œuvre du peintre respire la subversion, le film se contente d’un regard révérencieux, presque figé. Et la preuve est encore faite ici que le « trop » peut nuire au « bien ». Sorlat nous submerge de témoignages, de références, de détails – même si on apprend une foule choses -, mais le tout dans un tel désordre qu’on ale plus grand mal à s’y retrouver. Résultat, cette visite ne s’adresse qu’aux aficionados de la peinture classique et finit par laisser sur le bord du chemin la plupart des spectateurs. Un beau film plus cérébral que vibrant. Dommage, parce que quel peintre !
A mon humble avis, l`énigme Velasquez n`en parait pas un...et puis trop, trop de mots, voir des délires pseudo intellectuels tout simplement aussi incompréhensibles qu`agaçants, voir ridicules, pour décrire l`œuvre sans doute exceptionnelle de ce peintre. Le contexte historique, sa personnalité, son parcours de vie, sa relation avec les puissants du royaume, un des sujets préférés de sa peinture, sont quasiment absents. Et enfin, qu`est-ce-que ça peut vouloir dire pour un peintre qu`il est le meilleur ? Absolument rien, ce n`est qu`une banalité de trop. Personnellement je préfère, et de loin le Caravaggio ou Tiziano. Quoi qu`il en soit, malgré ces sérieuses limites, je dirais que je ne regrette pas d`avoir vu ce documentaire.
Suite d'images qui n'ont aucun lien. Un film trop long pour si peut d'information. De plus le film est en trois langue se qui est problématique pour une écoute optimale. Je ne recommande pas du tous ce film.
Un superbe documentaire, intelligent, bien fait, très classieux, où l’on découvre des facettes mystérieuses de la vie du grand peintre. Bon dosage, entre histoire du personnage, mais aussi histoire de son pays, de l’Espagne du siècle d’or, petit peintre talentueux de Sévilla, repéré par le roi Philippe IV, très jeune, peintre officiel de la cour, visites en Italie pour connaitre et apprendre des grands maîtres de la renaissance : Florence, Venise, Rome . Tout y est, magnifiquement filmé. Pour une conclusion exceptionnelle sur le fameux et cultissime « Les Ménines » peint à la fin de sa vie, probablement le tableau le plus célèbre de l’histoire de la peinture, en tout cas le plus complexe, le plus existentiel, avec ses effets de jeu de miroir mystérieux. Du même niveau peut être qu’un autre tableau culte « le Jardin des délices » de Bosch, peintre qui avait fait l’objet d’un reportage dans la même série, de très haute stature, tout aussi exceptionnel.
Bon je voulais voir des Velasquez et me concentrer sur lui. Certes il reste une énigme mais je reste sur ma faim. Bacon, Picasso oui mais Velasquez, sa vie , ses relations avec le roi …. ???
Plutôt pédante et intello cette façon d'aborder la peinture de Velasquez. L'ensemble est très inégal et décousu, sans avoir choisi son point de vue. Est-ce la rencontre avec Velasquez et son œuvre, est-ce la trace qu'il a laissée, est-ce le passage de la Renaissance au 18è siècle... Le sujet n'est pas clair et manque cruellement de sobriété dans la forme. De très bons moments cependant, tant dans les images de tableaux que dans des passages musicaux.
Le manque de structure ou de film conducteur à ce documentaire est justement ce qui m"a plu. La biographie du peintre n'est pas abordée, il faut juste se laisser cueillir par la beauté et l'expressivité des toiles sous le témoignage de divers guides, découvrir la technique de l'artiste. Reposant .
Voici un documentaire plutôt réussi sur le grand peintre espagnol. Les intervenants, artistes ou universitaires, montrent parfaitement l'influence que son oeuvre eut sur d'autres artistes majeurs. Les images sont belles, accompagnées d'une bande-son judicieusement choisie. On regrettera tout de même que l'influence du Gréco et de Titien sur la peinture de Velazquez n'aient pas davantage été abordés et la faiblesse de l'approche historique, pourtant essentielle dans l'histoire de ce peintre de la cour espagnole.
UN JEU DE MIROIRS Il faut avoir lu le philosophe Michel Foucault, auteur du volumineux « Les Mots et les Choses » (Gallimard, 1966), pour comprendre l’intention du réalisateur Stéphane Sorlat. Comme pour le livre, le tableau « Les Ménines » est le fil introductif de ce documentaire en forme de conte historique rythmé par des interviews de peintres et d’experts. « Les Ménines » représente en abîme le roi Philippe IV et la reine d’Espagne se regardant dans un miroir en arrière-plan, tandis que Velásquez se peint lui-même au centre du tableau. « Ce procédé, explique Stéphane Sorlat, renforce l’interrogation centrale du film : celle des regards croisés entre l’œuvre, son créateur et son spectateur. » La plupart des tableaux de celui surnommé « le peintre des peintres » renvoient à ce non-dit. D’où le titre du film : « L’Énigme Velásquez ». A sa mort, on a trouvé chez lui une vingtaine de miroirs…
Après avoir produit « Le mystère Jérôme Bosch » (2016) et « A l’ombre de Goya » (2022) de José Luis López-Linares, Stéphane Sorlat a réalisé et produit un 3e volet, consacré à Diego Velázquez (1599-1660), peintre du roi Philippe IV (1605-1665), piètre homme politique mais grand mécène, mais faisant figurer aussi dans ses peintures [125 œuvres environ dont une cinquantaine au musée du Prado à Madrid et un seul nu, « Vénus à son miroir » (1651)] les gens du peuple et les infirmes, et considéré comme le plus grand peintre espagnol. Quelle déception ! Le documentaire parait long (1h30) car ennuyeux et bavard : il se veut littéraire avec son commentaire (principalement dit par l’acteur Vincent Lindon), illustré d’images de torrents ou de mer (« l’eau métaphore du mouvement et de la réflexion » indique la notice de présentation), et artistique (un musicien joue de la musique sur des verres de cristal !) mais il manque totalement de pédagogie. En quoi le peintre baroque est-il une énigme ? Dans l’affirmative, le film n’apporte aucune résolution à cela [la vie du Sévillan Velázquez (venue à Madrid à 24 ans et 2 séjours en Italie (à 30 ans et 50 ans) est beaucoup plus rangée que celle de l’Italien Caravage (1571-1610)], et se contente d’accumuler les interviews de différents intervenants [spoiler: dont la participation du philosophe Michel Foucault (1926-1984) dans l’émission radiophonique « Radioscopie » de Jacques Chancel], pas toujours pertinents [extrait de « Pierrot le fou » (1965) de Jean-Luc Godard où Jean-Paul Belmondo déclame dans sa baignoire, extrait de l’opéra « Rigoletto » (1851) de Giuseppe Verdi, et même le grand scénariste Jean-Claude Carrière (1931-2021) ]. Les légendes des tableaux filmés, ainsi que leurs localisations, ne sont mentionnées que dans le générique de fin. Certes, il est montré la large influence (et modernité selon le réalisateur) qu’a eue le peintre espagnol baroque sur les peintres ultérieurs spoiler: tels que Francisco de Goya (1746-1828), Gustave Courbet (1819-1877), Edouard Manet (1832-1883) qui le qualifie de « peintre des peintres », Claude Monet (1840-1926), Pablo Picasso (1881-1973) qui déconstruit (en 1957) le fameux tableau « Les Ménines » (1656), Salvador Dali (1904-1989), interviewé par Philippe Bouvard et Francis Bacon (1909-1992) qui revisita 45 fois son « Portrait du pape Innocent X » (1650) . On regrette l’excellente émission télévisée « Palettes » d’Alain Jaubert, diffusée sur La Sept puis Arte, entre 1988 et 2003, qui analysait avec finesse et pédagogie, en 26 mn, une œuvre.
Ce film documentaire est un moment de beauté, de civilisation ! L'énigme Velazquez est un regard passionnant sur l'ensemble de cette oeuvre qui a inspirée tant de grands artistes à la suite.
A mon avis à réserver aux personnes qui aiment et connaissent un peu Velasquez, pour le plaisir des yeux et quelques expressions intéressantes de spécialistes de l’art (ou d’artistes, comme Francis Bacon, un moment assez fascinant). Car le film n’est pas à la hauteur du sujet, il manque de structure et de fil conducteur ; le montage des divers points de vue ou parallèles artistiques semble relever du hasard, et le commentaire en voix off prend trop souvent un caractère pompeux, presque risible…
Velázquez occupe dans l’histoire de la peinture une place originale. Il est universellement reconnu comme l’un des plus grands peintres qui soient ; mais il est relativement oublié. C’est à cette énigme que s’attaque Stéphane Sorlat avec le dernier volet d’un triptyque dont il avait produit les deux premiers : "Le Mystère Jérôme Bosch" en 2016 et "L’Ombre de Goya" en 2022.
Son documentaire est d’une facture très classique. On y entend en voix off Vincent Lindon, au timbre reconnaissable entre mille. On y voit des conservateurs, des critiques d’art ou des artistes (parmi lesquels mes amis Isabel Coixet et Guillaume Kientz #Namedropping) analyser l’oeuvre de Velázquez. On y voit surtout les peintures du maître, dont la caméra scrute les moindres détails. Les Ménines – analysé par Foucaut comme une subversion et revisité par Picasso – a droit à la place qu’il mérite : cette oeuvre étonnante renverse, on le sait, la perspective, nous mettant à la place du couple royal dont le peintre est en train de faire le portrait devant leurs enfants amusés.
"L’Énigme Velázquez" ne révolutionnera pas le cinéma. Pas sûr qu’il vaille la peine d’aller le voir en salles. L’offrir à ses beaux-parents ou à ses petits-enfants, s’ils manifestent une velléité de s’orienter vers les Beaux-Arts, en coffret DVD avec Bosch et Goya à Noël, devrait faire l’affaire. Il n’en reste pas moins l’occasion d’une découverte intelligente et sensible d’un des peintres les plus marquants de l’histoire de l’art.
Très intéressant Ça donne envie d'aller au Prado Une foultitude d'interventions, artistes, restauratrice, critiques d'arts, directeurs de musées... Avis unanime : Velasquez est le meilleur peintre de tous les temps qui a inspiré tous les suivants Film intello hyper enrichissant Yeeees