Amir a un terrible secret, sa jambe gauche commence à pourrir…
Après le moment de pure malaise et d’incongruité qu’était Good Boy (2022), Viljar Bøe est de retour avec un drame psychologique glaçant où en l’espace de 70 petites minutes, il nous immisce au coeur de la psyché d’un homme spoiler: atteint d’un trouble psychologique appelé "BID" ("Body integrity dysphoria") que l’on pourrait traduire par "dysphorie de l’intégrité corporelle" (ou encore "Trouble identitaire de l'intégrité corporelle") qui se caractérise par un désir d'avoir un handicap sensoriel ou un handicap physique (dans le cas présent, Amir désir à tout prix se faire amputer de la jambe gauche) .
Dès le début du film, le réalisateur norvégien instaure un climat anxiogène, avec Amir qui voit son pied, puis sa jambe se nécroser. Cette sensation de gangrène se fera constamment ressentir tout au long du film (le sound design est particulièrement bien travaillé). On se retrouve confronté à une spirale inextricable où Amir ne cessera de faire les mauvais choix et de s’enfoncer inexorablement vers le point de non retour.
Co-écrit avec Freddy Singh (l’acteur principal), ce dernier porte littéralement le film sur ses épaules (il est de tous les plans). Si la mise en scène vous tient en haleine avec une grande facilité, on regrettera que la caractérisation du protagoniste principal n’ait pas été plus travaillée, voire plus explicite (on ne sait absolument rien de l’origine du mal-être d’Amir), mais cela n’empêche nullement d’apprécier ce film à sa juste valeur.