114 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
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Fabien D
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4,0
Publiée le 28 juin 2026
La réussite de Eruption tient beaucoup à son dispositif narratif, le film empruntant ses codes au cinéma de la Nouvelle Vague, de la voix off narratrice à la manière de filmer la ville. Ce qui ne pourrait être qu'une succesions de scènes dialoguées sous forme de marivaudages devient, comme chez Rohmer, une véritable quête de l'intime, entre désillusions amoureuses et douleurs existentielles. Le film est beau dans son apparente simplicité et doit beaucoup au talent de ses acteurs, principalement Charli XCX, très loin de son image glamour de star de l'hyperpop. Film sensible, dénué de pathos mais touchant, eruption est aussi inscrit dans son époque. C'est une variation mélancolique sur le couple et la solitude.
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3,0
Publiée le 7 juin 2026
Coïncidences ou signes du destin ? C'est ce que se demande Bethany alors qu'elle recroise Nel au moment d'une nouvelle éruption volcanique. Cet événement la plonge dans une bulle d'insouciance, loin de l'attention de son petit ami qui ne comprend pas ce qu'il se passe. Une étincelle retrouvée, même si ce n'est qu'éphémère, à l'image de ce phénomène géologique. Pete Ohs ne fait pas dans la subtilité pour évoquer cette métaphore d'une passion ravivée le temps de quelques jours, puisqu'il s'agit d'un instant de vie simple, mais tout de même décisif dans la vie de Bethany. L'histoire ne se laisse cependant jamais écraser par le choix que doit faire la jeune femme, qui est, de toute façon, déjà bien loin dans sa tête. "Erupcja" est plutôt léger et authentique, à l'image de la performance détachée et naturelle de Charli XCX. En somme, un petit film agréable à suivre.
Une tranche de Varsovie. Une ville plus romantique que Cracovie ou même Paris ? Cela se discute. Eruption divertit par sa fraîcheur, sa spontanéité et son portrait sentimental de la capitale polonaise. Par sa colorimétrie, aussi. Sinon, sa légèreté frise l'inconsistance dans des relations sentimentales évanescentes qui vont et qui viennent, sans que le film donne une dimension véritablement éruptive à son récit, dans un air du temps volatil, si ce n'est par ses références bigarrées aux colères de l'Etna, mais Varsovie est bien loin du volcan. Rien de charnel ni même d'émotionnel ne semble perturber la petite musique du long métrage de Pete Ohs, vaguement réminiscent du cinéma de Jonás Trueba ou, bien entendu, de la Nouvelle Vague française, avec cette voix off sans affect qui énumère faits anodins et informatifs, censés amener un peu d'humour à l'ensemble, ou pas. Eruption reste agréable et un peu inoffensif, avec des comédiens qui en font peu, mais bien, avant de clore les débats au bout de 70 minutes d'un voyage somme toute apaisant. Que la vie et les sentiments soient compliqués, que l'imprévisibilité soit un meilleur piment que la stabilité et que l'existence se nourrisse d'expériences et de coïncidences, il n'y a pas de raison d'aller contre et le film permet de se lover dans son élégance ouatée et formaliste, sans nous déranger outre mesure, mais sans nous toucher plus que ça, non plus.
Bethany (Charli XCX) est en vacances à Varsovie pour quelques jours avec Rob (Will Maden) son fiancé qui veut profiter de ce voyage pour lui faire officiellement sa demande en mariage. Si Rob n'a jamais mis les pieds à Varsovie, Bethany connaît bien la ville ; elle y est venue plusieurs fois ; elle y entretient une relation au long cours, depuis son adolescence, avec Neil (Lena Góra), une Polonaise lesbienne.
"Eruption" est un film cosmopolite tourné à Varsovie sous la direction d'un réalisateur américain avec une star britannique de l'hyperpop qui a décidé de mener carrière au cinéma. Son tournage, nous dit le dossier de presse, a laissé une grande place à l'improvisation.
Le résultat est sympathique. On y voit une Varsovie estivale, une ville moderne et européenne, loin de l'image lugubre et soviétique qu'en renvoyaient les films de Kieslowski. Son personnage principal est à la croisée des chemins : elle est sur le point de s'engager dans une relation maritale confortable mais sans passion et a gardé la nostalgie des émois du cœur et du corps que son amie polonaise provoque à chacune de leurs rencontres.
L'histoire de ce trio est joliment posée. Mais, au milieu du film, qui dure une heure onze à peine, le scénario, faute d'avoir été suffisamment travaillé, souffre d'un gros coup de mou. Comme si le réalisateur n'avait pas su que faire de ses personnages. Dommage...
Dans ce film, on suit un jeune couple qui se retrouve à Varsovie pour sceller leur relation. Mais tout ce se passe pas comme prévu. L’influence de l’éruption d’un volcan vient perturber cette belle idylle. La réalisation est correcte avec un bon décor de la ville de Varsovie mais le sujet traité m’a semblé un peu léger pour susciter un intérêt suffisant.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 29/05/2026 au Cinéma Elysée Lincoln à PARIS)
Pete Ohs propose un portrait de deux femmes dont les rencontres électrisent et perturbent le cours du temps. Simple coïncidence ou bien causalité. Le film est une suite d'évènements où l'on apprend un peu plus sur ces deux femmes, sans jamais aller plus loin. Un instant de film simple et fragmenté où progressivement les choses trouvent un sens tel un puzzle. Un petit côté Nouvelle Vagues (française) assez délicieux, qui étonnera les cinéphiles.
Avec Eruption, le spectateur est invité à pénétrer dans un espace où les événements les plus ordinaires semblent porteurs d'une signification cachée. Le récit s'ouvre sur des retrouvailles qui pourraient n'être qu'un simple hasard. Pourtant, à mesure que les scènes s'enchaînent, une étrange sensation s'installe. Chaque regard, chaque détour dans les rues de Varsovie, chaque conversation inachevée paraît participer à un ensemble plus vaste dont les contours demeurent volontairement flous.
Le film s'intéresse avant tout aux mécanismes de la mémoire affective. Les personnages évoluent dans un présent constamment traversé par les traces du passé. Lorsqu'une personne réapparaît après plusieurs années, elle ne revient jamais seule. Elle transporte avec elle des souvenirs, des projections et parfois même des versions anciennes de nous-mêmes que l'on croyait oubliées. Eruption explore précisément cette zone incertaine où le souvenir se mélange à l'imaginaire, où les émotions anciennes continuent d'agir bien après les événements qui les ont fait naître.
Cette approche produit une expérience singulière. Le film refuse les explications définitives et privilégie les sensations. Les spectateurs sont invités à observer plutôt qu'à juger, à ressentir plutôt qu'à chercher immédiatement des réponses. Cette liberté laissée à l'interprétation nourrit une relation active avec le récit. Chacun peut y projeter ses propres souvenirs, ses propres rencontres marquantes et ses propres interrogations sur le hasard.
La ville de Varsovie joue également un rôle central dans cette expérience. Les rues, les cafés, les parcs et les transports deviennent les témoins silencieux d'un cheminement intérieur. Le film montre comment un lieu étranger peut modifier notre perception du temps. Loin des habitudes quotidiennes, les personnages semblent davantage disponibles aux rencontres, aux souvenirs et aux coïncidences. La ville devient alors un territoire mental autant qu'un décor.
L'autre grande réussite du film réside dans son rythme. Là où de nombreuses œuvres contemporaines privilégient l'accumulation d'événements, Eruption préfère les instants suspendus. Les conversations prennent leur temps, les silences conservent leur place et les séquences paraissent parfois avancer au gré des rencontres. Cette structure fragmentée évoque certains films européens des années 60 et 70, où l'errance et l'observation occupaient une place aussi importante que l'intrigue elle-même.
Cette forme particulière génère une douce mélancolie. Les personnages donnent souvent l'impression d'être à la recherche de quelque chose qu'ils ne parviennent pas à nommer. Le film ne transforme jamais cette quête en démonstration psychologique. Il préfère suggérer plutôt qu'affirmer. Cette retenue donne naissance à une émotion discrète mais persistante. Lorsque le générique approche, ce ne sont pas les réponses qui demeurent en mémoire, mais les sensations, les regards échangés et cette impression troublante que certaines rencontres continuent longtemps à résonner bien après leur disparition.
Alors que Bethany est en vacances avec son fiancé à Varsovie un volcan qui obscurcit le ciel aéronautique les contraint à rester plus longtemps. Neil était parti pour faire sa demande en mariage mais rien ne vas se passer comme prévu. Ce n’est pas le pitch d’une comédie, ni d’un drame, mais un petit film arty sans grande importance, ni grande ambition. Et qui n’aurait jamais trouvé les chemins d’une distribution française s’il n’accueillait pas les premiers pas au cinéma d’une icône de la pop contemporaine : Charlie Xcx.
Film à l'intérêt très limité. Pas mal joué spoiler: mais le recit en voix off casse la narration et le rend sans grand intérêt Bref, deja vu, un peu plat, on pourra se passer de ce film sans aucun remords
J'ai adoré ce film, qui nous plonge non seulement dans des paysages magnifiques (la beauté de Varvosie) et une histoire d'amour prenante, singulière et surtout touchante. J'ai trouvé le propos du film intriguant, passionnant, et ai été surprise et touchée par le portrait si juste et cru d'une histoire d'amour comme on n'en voit plus depuis longtemps au cinéma.
C’est un film profondément melancholique. Deux jeunes femmes rêveuses, curieuses et vivantes qui ne trouvent pas leur compte dans le monde qui les entoure, dans la triste Varsovie, dans l’artifice du mariage romantique, dans le monde moderne désenchanté. Quand elles se reconnaissent, c’est un espoir autant qu’une précipitation de l’apocalypse. Une passion platonique, désintéressée qui les rappelle à leur vérité et à leur dénuement.