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Goulven R.
4 critiques
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5,0
Publiée le 8 janvier 2025
C’est un film essentiel pour comprendre. Impression d’avoir des intelligences avides de vérité et sans haine contre des forces obscures et maléfiques. Intrigues, suspense et dénouement, c’est jouissif.
Un film salvateur, qui nous fait une piqûre de rappel de pourquoi on déteste autant le comédien principal du film. C'est un film très drôle, les gesticulations incessantes pourraient irriter mais on ne peut qu'en rire. Le contrat est rempli, vous en sortirez en ayant tout compris. Vivement le verdict du tribunal.
On connaissait le sérieux du travail journalistique des protagonistes et le film est clairement à la hauteur, que ce soit en terme de réal, de montage et d'habillage graphique ! C'est dense mais limpide, bien rythmé, instructif, jamais assommant, glaçant par moment mais drôle aussi quand les faits (ah les faits !) contredisent autant les archives de défenses indignées sur les plateaux TV. J'ai eu la chance de voir ce film dans la très belle salle de l'Espace 1789 à St Ouen en présence de Fabrice Arfi, ce qui ne gâche rien au plaisir. En espérant que ce film soit vu par le plus grand nombre !
Le lundi 6 janvier s’ouvrait devant le tribunal judiciaire de Paris le procès du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le surlendemain sortait en salles ce documentaire. Son titre lance un pari : rendre intelligibles des faits matériellement établis dont la stratégie de défense du principal accusé consiste à affirmer qu’on n’y comprend rien.
Le pari est réussi. Grâce à une narration très pédagogique, on comprend le pacte faustien qui se met en place à partir de 2005 entre le ministre de l’intérieur de Jacques Chirac, bientôt candidat à sa succession, et le Guide libyen. Nicolas Sarkozy et son entourage chercheront à profiter de sa proverbiale prodigalité. En échange ils lui font miroiter l’amnistie d’Abdallah Senoussi, le beau-frère de Kadhafi, principal accusé de l’attentat contre le DC-10 d’UTA abattu par un missile libyen en 1989. Et une fois installé à l’Elysée, Nicolas Sarkozy réhabilitera le dictateur en l’invitant en grande pompe à Paris. Cela n’empêchera pas la France de Sarkozy de lâcher son encombrant créditeur, de prendre parti après les Printemps arabes pour l’opposition libyenne, d’accélérer la chute du dictateur et de provoquer sa mort en octobre 2011.
Le documentaire dresse un réquisitoire implacable. L’enquête menée par Fabrice Arfi et Karl Laske ne laisse guère la place au doute. La défense déployée par Nicolas Sarkozy convainc moins qu’elle ne prête à rire, souvent tournée en ridicule par un montage qui ne la ménage pas.
Le documentaire, comme le débat passionnant qui l’a suivi hier soir à l’Espace Saint-Michel, laisse toutefois un malaise. Sans doute démontre-t-il le rôle vital des médias dans nos démocraties. Il démontre aussi, si besoin en était, par son existence même, que la France est loin d’avoir glissé dans la dictature.
SI malaise il y a, c’est sur le rôle de la Justice. Mediapart est un média pas un juge. Il mène une enquête et a le mérite de révéler au public des faits graves qui sans lui seraient restés méconnus.. Mais Mediapart préjuge pour nous une affaire qu’il appartient à la Justice, et à elle seule, de trancher. La Justice le fera en respectant les droits de la défense et la présomption d’innocence. Rien de tel chez Médiapart. Certes, un carton au début du film, un autre à la fin rappellent ce principe cardinal de notre État de droit. Mais on sent un peu trop la pression des avocats soucieux de se prémunir contre toute poursuite judiciaire derrière cette mention prudente. Un juge d’instruction instruit à charge et à décharge. On ne sent guère chez Mediapart le souci d’une telle impartialité.
On y comprend enfin un peu quelque chose a cette affaire, et a quelques autres, grâce à ce documentaire. Un petit côté "zapping" dans ses meilleurs moments où l'enchaînement des pans de l'enquête journaliste qui s'enchaînent avec des images d'archives amènent régulièrement a quelques bons momenrt de rigolade collectives Une chose est sûre : les acteurs jouent mal, les argumentaires sont grossiers, le scénario digne d'un mauvais policier, on se demande juste quand est-ce que cette mascarade va enfin se terminer... Au procès peut-être ? Le principal reproche que l'on peut lui faire c'est d'être un documentaire... On aurait préféré une mauvaise comédie Dans tous les cas, tout cela reste présumé vrai jusqu'à preuve du contraire
- Réjouissant par le caractère fascinant des dénégations de l'acteur principal, avec une mention spéciale aux talents des deux intermédiaires (agents de corruption) principaux.
- Passionnant grâce au rythme et au choix formel d'éclaircir les différents aspects de l'affaire en suivant le fil historique des progrès de l'enquête.
- D'utilité publique par le sujet traité, rappelant l'importance de la vigilance envers le comportement de nos élites pour maintenir l'exigence démocratique de notre pays. Soutenez une presse indépendante !
- Vivement la suite pour aborder la critique des deux autres piliers de notre démocratie : le pouvoir politique (silence assourdissante des oppositions) et la justice (lenteur due au manque de moyens accordés / faiblesse des peines jusqu'ici accordées)
"Personne n'y comprend rien" bien noté par les spectateurs, est un documentaire politique passionnant. Yannick Kergoat propose aux spectateurs un documentaire à la fois instructif et fascinant, qui explore les aspects troubles du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, livrant ainsi une analyse rigoureuse de cette affaire.
Édifiant ! Nicolas Sarkozy joue excellemment bien. Le film suit et montre bien les rouages de l'investigation journalistique. La tension narrative est bien sûr liée au contexte. Quand le procès sera clos, ce film gardera cependant un intérêt historique certain. Le passage en salle d'un film comme Personne n'y comprend rien fera date dans l'histoire du cinéma français. Le film s'apparente un peu à l'émission Cash investigation, en bien plus construit, mais son seul passage en salle approfondit la portée de son discours. Les américains (ceux d'entre eux qui vont au cinéma) sont plus familiers de ce type de film (on pense notamment à Vice, 2018 d'Adam Mc Kay). Est-ce seulement parce qu'ils ont plus souvent que nous des "tranches d'histoire" comme celle qu'ils sembleraient appeler "la guerre de Sarkozy" ?
Vu à Grenoble en présence d'Edwy Plenel le 8 janvier.
Un documentaire d'utilité publique, parfaitement mené par un Yannick Kergoat déjà rompu à ce type d'exercice (voir notamment l'excellent et non moins indispensable Les nouveaux Chiens de garde) et les journalistes de Mediapart Fabrice Arfi et Karl Laske, auteurs d'un travail exemplaire et de longue haleine pour sortir de l'ombre des faits que d'aucuns auraient souhaité garder occultes.
Cette affaire d'Etat actuellement jugée est marquée par sa gravité et sa complexité qui constituait un sacré défis pour le réalisateur. Pari réussi, les faits sont clairement relatés, les preuves montrées au spectateur, les protagonistes identifiés...
Il ne reste plus qu'à espérer que sa diffusion s'étendra et durera.
Un documentaire qui devrait être déclaré d’utilité publique non pas pour les protagonistes mais pour rappeler l’urgence d’avoir une presse indépendante. Même si on suit l’actualité, on reste abasourdi par le contenu de l’enquête journalistique.
Allez le voir!! C'est d'intérêt public...J'ai eu la chance d'assister à une projection suivie de la rencontre avec Edwy Plenel...on apprend plein de choses plus folles que folles, avec les questions des spectateurs et ça rend le cinéma vivant.. franchement bravo pour le travail des enquêteurs de Mediapart, et le montage incisif du réalisateur Kergoat.